CHAPITRE TREIZIÈME
A travers le Pontificat.
On n'oubliera pas de longtemps l'émotion universelle que répandit partout, dans l'Église, l'approche des noces d'or sacerdotales du Pape.
Les fêtes jubilaires furent splendides.
Elles dictèrent au grand cœur du bien-aimé Pontife une de ses plus belles Encycliques, à la date du 25 décembre 1888. Il y disait :
« Au moment où s'achève cette année où Nous avons pu, par une insigne faveur de la bonté divine, célébrer heureusement le cinquantième anniversaire de Notre sacerdoce, Notre âme se reporte d'elle-même vers la série de mois qui vient de s'écouler, et elle trouve, à repasser le souvenir de toute cette période, le charme le plus doux. Et, certes, ce n"est pas sans raison : Nous avons vu un événement qui ne Nous touchait que comme personne privée, et qui, ni par son importance, ni par sa nouveauté, n'était de nature à saisir l'attention, exciter néanmoins dans les âmes une émotion extraordinaire et donner lieu, par sa célébration, à des manifestations de joie si éclatantes, à des congratulations si multipliées, qu'il eût été impossible de souhaiter rien au delà. Assurément, toutes ces démonstrations Nous ont été très chères et très agréables ; mais ce que Nous y avons le plus apprécié, c'est l'expression des sentiments du cœur et le témoignage tout spontané d'une
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religion qui oe e démenl ps l I là, en effet, la ignifl cation de ce concerl onivei iel d'hommage : il [»n>ri;ini«« ii.iut. ini'iii que de lou le i point da monde le I 1 1 l< i oeui
sont tourné vers le \ icaire de h a Cbi i l ; qu'en dépil d tous les maux qui I i Chaire Apostoliqa
comme vers l'intarissable el incorruptible de le ri
que se Qxe le regard confiant kdea homme [ue ni ton les rivages où règne i«i nom de catholique, il y a, pour rendi à l'Église Romaine, Mère et Maîtresse de toute i.
l'honneur el le respect qui lui sont dus, i,( même ardeur de lèle <'t le même unanime accord.
» (Test pour tous ces motifs que bien des fois, durant mois qui viennent de finir, Nos yeux se sont levés an ciel pour rendre grâces au Dieu bon et immortel, qui, avec le bienfait de la prolongation de Nos jours, a bien voulu Non- accorder, au milieu de Nos peines, l<i> sujets de consolation que Nous venons de rappeler; et, pendant tout ce temps, Nous n'avons pas manqué, chaque fois que l'occasion s'en est présentée, de témoigner à qui de droit la reconnaissance qui remplit Notre cœur. Mais voici que la lin de cette année solennelle, Nous invite encore à renouveler la mémoire du bienfait reçu, avec cette heureuse circonstance que l'Église entière, avec Nous et en Notre nom, s'unit pour offrir à Dieu un dernier concert d'actions de grâces. Et, en même temps, il plaît à Notre cœur d'attester publiquement, comme Nous le faisons par ces Lettres, qu'avec la consolation si efficace que Nous ont apportée, pour adoucir Nos soucis et Nos peines, tous ces témoignages de respect, d'affection et d'amour, ils laisseront aussi en Nous un souvenir et une gratitude qui ne périront jamais. Mais il est un devoir, et plus haut et plus saint, qu'il Nous reste à remplir. En effet, dans cette disposition des âmes s'empressant avec une ardeur inaccoutumée pour entourer d'honneur et de respect le Pontife Romain, il Nous semble reconnaître un signe de la volonté de Celui qui sait souvent,
et qui le peut seul, faire naître des plus petites -, Il principe des plus grands biens. Il est certain qne la Providence de Dieu semble avoir voulu, an milieu de tant d'erreurs «le la pensée, réveiller la foi et donner occasion an peuple chrétien de ivjirenilre les préoccupations de la vie surnaturelle. Aussi, une chose Nous reste à faire : travailler à ce que ces bons commencements amènent dans la Buite de bons résultats, et faire elTnrt pour qu'à l'intelligence des desseins divins s'ajoute l'activité qui les réalise. Alors seulement ce dévouement envei -
Siège Apostolique aura sa pleine et complète perfection, quand, s'unissant honorablement aux vertus chrétiennes, il sert au salut des âmes; c'est là le seul résultat qu'il faut rechercher, le seul qui doit demeurer toujours.
» Du haut de ce degré suprême de la charge apostolique où la bonté de Dieu Nous a placé, il Nous est fréquemment arrivé de prendre, selon Notre devoir, la défense de la vérité, et Nous Nous sommes particulièrement appliqué à exposer les points de doctrine qui Nous paraissaient d'un intérêt plus actuel pour la chose publique. Nous voulions que ce tableau de la vérité inspirât à chacun vigilance et précaution pour éviter la funeste contagion de l'erreur. Aujourd'hui, Nous voulons adresser la parole à tous les chrétiens comme un bon père qui parle à ses enfants, et, par une exhortation familière, exciter chacun d'eux à régler saintement sa vie. Car il est de toute nécessité, pour mériter le nom de chrétien, qu'à la profession de la foi l'on ajoute la pratique et l'exercice des vertus chrétiennes; et ce n'est pas seulement le salut éternel des âmes qui y est intéressé, mais aussi la prospérité vraie et la tranquillité stable des relations humaines et de la société. Or, si l'on examine ce qu'est communément la vie des hommes, il n"est personne qui ne voie combien les mœurs publiques et privées sont en désaccord avec les préceptes évangéliques ; et ce n'est qu'à trop juste litre que parait s'appliquer à notre âge cette parole de l'apôtre saint Jean : Tout ce qui est dans le