‹ Léon XIIIChapitre 5 sur 45 · L6 L É O N X I II · texte numérisé non relu

L6 L É O N X I II

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D'autres tristesses devaient frapper les premiers regards de l'enfant.

Une église collégiale, celle-là nu'me devant laquelle coule aujourd'hui la fontaine déjà décrite, y présentait de lamentables délabrements. Elle n'était pas vieille cependant, puisque la fondation en remonte à Clément XIV. Mais, les armées de la Révolution avaient passé par là, et leur passage s'y reconnaissait à de sacrilèges dégradations. Il en était de même pour les églises ogivales de Saint-Jean et de Saint-Jacques, elles aussi pillées, dégradées et souillées par de tristes stigmates.

Devenu Pape, chargé de la sollicitude de toutes les églises, Léon XI II n'oubliera point les pauvres dévastées du pays natal. Il les a reprises du pied, réédifiées, ornées, et, sous

(1) «( C'est après avoir parcouru une difficile carrière et passé par de longs détours que j'arrive ici, onde salutaire amenée des monts Carpiciens. Léon, le prêtre ajsis sur le siège de Pierre, le père de l'immensité du monde chrétien, au moment où les cœurs, troublés par des bruits de guerre, hésitaient craintifs, et tandis qu'après dix lustres il remontait plein de vie aui autels de son sacerdoce pour demander les dons de la paix en une ardente prière, sous l'impulsion de son vif amour pour le sol où il a respiré en naissant et vu les doux rayons de la lumière, m'a ordonné de me mettre en route vers tous, ô ses concitoyens, après m'avoir tirée des profondeurs de la montagne, des abîmes où j'étais renfermée. Conduite ici par des canaux obscurs, me voici recueillie dans une vasque éclatante. Belle, plus transparente que le cristal, tombant avec un charmant murmure des hauteurs du rocher, je coule doucement. Longtemps attendue et accueillie comme un hôte fort agréable, j'arrive, me voici, riche de dons pour votre commodité. Apte aux soins de la propreté, de la grâce, de la vie, de la santé, je porte des présents tout pleins d'heureux présages. Accourez donc. Moi aussi, sur les bords de ma rive harmonieuse, je redis volontiers les bienfaits de Léon. »

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leur parure nouvelle, «•''• chantent, en rhonoeai « irpineto, r llUluia de la n un tioi I D'autre bienfa ileronl le w/i i

garde au cœur, dan a noble captivité du \ ati< eut,

lemeuré si jeum vivant ou ollii itude

i iblemenl - de la vie et de la ch i i evient,

la pensée, au boui où il a puisé . avec l'e des choses les plus èle de l'âme, ii revoil le i sent aimés, que son pied d'enfanl déjà vi oureui parcourait allègrement, il respire de loin cet air salubre de la monta qui, avec la pureté «lu sang qu'il tient d mcétres, a Fortifié sa poitrine «m l'a rendu apte aux labeurs incroyables de i rerte vieillesse.

Il naquit le ï mars 1810,

Le voyageur, qui visite Carpineto, demande bien vite le palais des Pecci, pour saluer I»1 berceau du Pape.

Le palais Pecci occupe un large et vaste carré long, in gulier mais de grand air, traversé par un pas public . avec une loggia qui domine la maison et un beau jardin attenant. De là, l'œil plonge et se repose sur le bourg, la vallée et la montagne. On s'y sent saisi par une impression de calme. Serait-ce trop préjuger de l'iniluence des milieux, que d'attribuer à cette impression, une des premières qu'il a dû ressentir dans sa jeune imagination et dans son âme, cette sérénité que les observateurs ont retenue, comme la cara ristique du Pontife, au sortir des longues et solennelles audiences du Vatican!

{\) Une belle statue eu marbre blanc Je Léon XIII se voit tans l'église collégiale, don d'au Américain, le comte de Loubat, Français d'origine.

[i\ Entre autres, l'établissement d'instruction pour les jeunes filles confié aux religieuses françaises du Saint-Sacrement, l'bospice tenu par les Frères belges de la Miséricorde, le couvent des Franciscains, l'observatoire du palais Pecci, le musée, la bibliothèque, etc.

I s ON XIII

Il vint an monde, l'avant-dernier des sept enfants qu'il plut à la Providence, toujours favorable aux familles nombreuses, d'accorder à l'union du comte Dominique-Louis Pecci, avec Anna-Prosperi Buzi.

La famille est de grande et vieille Les Pecci &ont

originaires de Cintone, puis de Sienne, où le palais Pecci fait encore l'admiration des voyageurs. Ils j ont occupa !••> premières charges el l'un d'eux, l«i bienheureux Paul, est monté sur les autels. Sous Clément VII, qui accueillait volontiers les bannis de sienne, les ancêtres du comte Louis-Charles de la ;ini' pendant les discordes civiles, s'établirent à Carpineto, «m ils liront glorieuse souche.

Le père du héros de cette histoire appartenait à la dizième génération de la branche des Pecci de Carpineto, branche illustrée par des jurisconsultes, des prélats et des magistrats renommés.

Il s'appelait Dominique-Louis, ce dernier nom, par lequel on le désignait, lui ayant été donné au baptême en l'honneur de notre saint Louis, de Toulouse, à l'intercession de qui la famille attribuait sa naissance.

Le comte Louis épousa une descendante du fameux Nicolas Rienzi, le tribun républicain du Moyen Age, tour à tour adulé, honni, exalté, puis massacré par le peuple, dont il fut l'idole, le courtisan et l'oppresseur. Cette goutte de sang de tribun dans les veines du courageux Pontife, qui devait se trouver en face d'un si puissant mouvement démocratique à la fin du xixe siècle, ne saurait déplaire à ceux qui cherchent les influences d'ataxisme dans la vie des personnages historiques.

Colonel des milices baronnales, puis de la garde civique du département des Volsques, maire de Carpineto, Louis Pecci vécut beaucoup plus en magistrat estimé et en gentilhomme patriarcal qu'en soldat. Les ecclésiastiques comme les civils recouraient à sa sagesse et à ses lumières, et sa parole fit toujours autorité. Quand il mourut, les siens demeurèrent inconsolables.

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i mois d'avril 1836 s m lil Jo i< Inm •■ n pour loi - ' Rome, d'où il écrivait h on Frère Jean B i|

., \ ,.ii ne,' m." me, El poartantj û non i>i d I je ci que lence ne wil que trop li [niflcalif. i moi ce|

dan! vous dire que me lais er ainsi daoi l'incertitude, en pro aux i" les plus noires el aux plus affren

i pour moi un tourment pire encore que la cei Litude. Mon «lier Jean Baptiste, quel que soi! l'étal où le trouve pa| je n'ai qu'une recommandation à fous a< doit être votre première préoccupation. N'épargnez rien poui lui. pour Bon âme..., idieu, je pleure <èii vous écrivant.,

Lorsqu'il a acquis la triste certitude, c'est encore i J< an- Baptiste queJoachim écrivait, le 7 mai 1836 :

i Tout ce qui arrive ici-bas, si triste et si douloureux que ce soit, est voulu par la divine Providence. Il faut donc, même (huis les plus Fatales vicissitudi soumettre aux d

et se conformer à la volonté de Dieu. Notre grand malheur Famille a été ressenti par tous. Mais, c'est nous qu'il a dû le plus profondément atteindre, nous qui avons perdu le meilleur dos pères iiui aient jamais existé, nous surtout qui, av< Joseph, avons dû apprendre sa mort au loin!... Im;i en quel état nous ont mis les larmes et la douleur, no

mmes longtemps restés inconsolables. Puis, après avoir donné un libre cours aux sentiments de la nature, nous nous sommes rappelé que tel est le destin de quiconque vît en ce bas monde, où le pèlerinage de la vie humaine est toujours de bien courte durée. Enfin, la religion, oui, la religion nous a parlé plus éloquemment encore que la raison. Elle a » nos yeux daus une si douloureuse épreuve, en nous présentant des motifs de consolation et nous donnant l'espérance que son àme est déjà dans un séjour de paix, de sécurité et de joie sans terme. »

Douze ans auparavant, la digne et vertueuse compagne de cet homme de bien était morte à Rome, le 5 août 18:2'*.

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