‹ Léon XIII devant ses contemporains (volume 2)Chapitre 12 sur 17 · MONSEIGNEUR MEK · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR MEK

Léon XIII, quand tout sembla!

ner à l'impuissance et à l'inaction, la mission traditionnelle des Sou tifes. Les actes principaux de sor raient prendre place dans deux c les titres seraient : ■ Le maintien rétablissement de la paix, dans l'I les Etats. « Nel'a-t-on pas vu, au la prise de possession de son Sièg son trône diminué, reprendre l'un tous les fils emmêlés des relatioi ques; comme un pêcheur reprenc l'autre, les mailles rompues de si rés?

Dans le domaine de la doctrini les esprits divergents du côté de h saint Thomas, en les invitant à se de ce grand foyer lumineux où si

ÎÇO LÉON Xin DEVANT SES CONTEMPORAINS

semble les enseignements de tous les Pères de l'Eglise d'Orient et d'Occident.

Dans le domaine de la discipline, il a multiplié les avertissements pour réunir dans le respect et l'obéissance à la sainte hiérarchie ceui qui semblaient s'en écarter.

Aujourd'hui, dans un monument immortel appelé à de grandes destinées, plein de majesté, d'autorité, démesure, de sens profond et d'éîoquence chrétienne, le grand Pontife entre avec une résolution calme, l'olivier de la paix â la main, dans le champ de bataille où la politique livre ses combats. Cette fois, ce n'est plus un arbitre désigné par les partis, qui vient poser les bases de la paix ; c'est, pour les catholiques, !JP plénipotentiaire dont les titres sont indiscutables et qui impose ses conclusions ; c'est, pour ceux qui ont le malheur de ne pas reconnaître sa juridiction, un philosophe profond, un homnte d'état consommé, un esprit sincère, un cœur loyal, qui expose avec franchise et netteté cequi importe au salut public, à l'ordre, à la paix, à l'honneur, à la prospérité des Etats. Il vient dire à tous de déposer les armes de la violence dont -les victoires sont éphémères, et de s'unir dans les principes immortels de la vérité, du droit et de la justice.

LéON Xlll DEVANT SES CONTEMPORAINS 2ql

Pourquoi user les forces vives

sérablement les uns les autres, (

sans profit comme sans issue ? C

elles les peuples, qui s'y engage:

jours le moment où de suprême

nécessités indéniables en inspire

Nous en avons eu sous les yeux u

dans des sphères moins hautes.

Tonkin a fini dans l'impopulafit

vait les sacrifices qu'elle coûtait ; i

les grands avantages qu'elle rapp

voulu en finir, et sans doute on a La République est engagée d

guerre, la guerre au clergé. Celle trop longtemps. Pourquoi ne d pas si cette lutte se solde en perte fices ? Plus d'un esprit sincère s'e; ment posé cette question. Nous sa coûte, cette funeste campagne:

sein du pays, des coups portés sar tation, l'inquiétude et le malaise leurs et les plus sages. L'Eglise, demande que la liberté et les con saires pour exercer utilement pou cifique ministère.

La guerre, dit-on, a sa raisoi l'hostilité du clergé à la Répub

m de la doctrine de l'Eglise aux léglrationsd'un siècle qui poursuit leprooutes ses formes.

is esprits ont déjà fait justice de ces is. Si le clergé combat les mesures de d^exception et d'amoindrissement exgées contre lui, peut-on lui en faire un roche > Est-il si coupable de se monlatisfait, et de ne pas aimer beaucoup li le frappe incessamment ? Le clergé, e et par devoir, ne fait la guerre à aule de gouvernement. Le clergé n'est peut être l'ennemi des progrès que les cherchent justement. La guerre qu'on st sans cause sérieuse, comme sans

on Encyclique, Léon XIII, l'apôtre fîcation au dix-neuvième siècle, vient lir un solennel et irrécusable témmla simple exposition de l'enseignement Cette pièce magistrale et doctrinale des grands événements de la an de :ourmenté.

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LÉON Xlll L'ABBÉ MÉRIC

Léon XIII po«sèdeau suprême d gence des temps nouveaux et des l'Église dans la crise aiguë que i sons. On saisit les vives lumières d les tendresses paternelles d'un gr^ fermeté sereine, inébranlable d'ui pleine possession de la vérité, dans limpides et magistrales qui former puissant de ses enseignements.

Il veut convaincre, persuader et i victoire, en laissant à la soumissio tout le mérite de sa liberté et ses Avec quelle tristesse affectueuse il i noble nation française ses prévar:

infidélités, ses révoltes même cent

elle qui lui fait voir à l'horizon le but de et le terme prochain de notre destinée.

uel art habile et quelle douce insiscaoœ ;lle à cette fille capricieuse les pages glode son histoire, les jours heureux de son ; avec l'Église, les triomphes qu'elle pouriporter encore dans la grande mêlée des modernes, si, docile à la parole divine, liait mettre au service des grandes causes is passionnent, les facultés de sa riche ordonnées, contenues, dirigées par té surnaturelle et toujours féconde de ion.

.ez les belles pages de la dernière Encj'avec Tatteniion que commande Timporipitale de ce document, vous n'y trouveun mot qui rappelle l'orgueil et la dureté :re qui commande impérieusement à des irs rebelles; vous n'y rencontrerez pas Lsée qui rappelle l'athlète jaloux 3e teron adversaire, et de lui arracher un en', rs inutile, de pitié.

XIII connaît l'homme des temps nouses faiblesses quelquefois orgueilleuses, ion d'indépendance et les immenses resde son cœur, que l'on peut atteindre et même quand l'esprit résiste encore et

teote un suprême effort pour déto lonté de son but.

Notre siècle est ainsi fait : à tou de l'échelle sociale, dans toutes les hélas] nous sommes impatients du seQtons en nous de sourdes révoltes torité familiale, civile, religieuse; perdu les délicatesses d'une foi toujoi ardemment convaincue de la vérit* et tout homme qui veut aujourd'hu suader, nous convaincre, nous ranr doit ménager, pour mieux la guérir, table faiblesse des esprits de notre ti

Un autre caractère de l'esprit mo le besoin de raisonner, de reconnaît mité du commandement qui nous ■ Celui qui parle et qui veut être écoui sager à ia fois notre cœur et notre n

Nous sommes devenus raisonneur Le souffle de grande critique, de qui passe sur le monde, incertain de:

et la liberté de la presse portée aux licence, souveraine jusque dans les et les hameaux, ont diminué dans respect de l'autorité, le sentimèii mission déférente qui défend toute c et toute révolte.

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ire, à tous les degrés de réchelle sotoutesles conditions, dans rÉgliseet t, nous rencontrons des esprits qui :s actes et les paroles de l'autoriié, imettent à un contrôle où la passion op souvent un élément d'erreur, et ;oiis que l'autorité ait raison pour

I noire raison.

II n'ignore pas ce besoin des esprits, plus impérieux que jamais. Théoloas grand théologien de ce siècle, il vérité religieuse avec les infinies res- : la science sacrée lui suggère ; philoand vol et d'une incomparable fer- )U à toutes les difficultés de la dialecîose la vérité avec une clarté souve- I justiSe la certitude et les concluions ;uments dont la trame serrée rend la ssible à son adversaire. Il donne à soulagement bienheureux du repos sible possession de la vérité.

a dernière Encyclique et méditez-la.

parle des droits de Dieu et de l'Eglise, diverses de gouvernement, du Conjours Léon XIII parle à la raison; il : d'un réseau de propositions; il ta e, il veut s'en emparer, mais il est

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moins préoccupe de triompher de soi que de le forcer à reconnaître qu'il a

L'incrédule peut lire ces belles effort, sans ennui, parce qu'il se tro sence d'un caractère qui pense, rai cute avec lui, examine et réfute ses j lui ouvre les grandes et larges aveni rite chrétienne.

Tous les esprits de notre temps enfin une parole d'actualité, qui s'api une forme nouvelle, aux pressante dont nous sommes entourés.

Aujourd'hui, nous voyons sans ce ser devant nous des questions phil< politiques, sociales; les esprits deviei férents aux questions de l'ordre rigo théologique et spéculatif. Nous av Du sanctuaire où se pressaient autrel rétiques, la main sur le livre des E les yeux arrêtés sur le tabernacle, saires ont rétrogradé jusqu'au p temple. Il s'agit, en réalité, dedéfenc mêmes de l'ordre social menacées f vages et des barbares qui consentira écrasés sous les ruines amoncelées pa qui n'a plus de nom dans aucune lan,

Avec quelle sagesse et quelle

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'. a reconnu cette évolution de l'esprit et l'impérieuse nécessité d'en tenir [lacune de ses Encycliques saisit l'une estions et la résoud avec la scienca et l'incomparable autorité du maître conserver le dépôt de l'infaillibiié.

, savante, paternelle, telle est bien du Pape ; telle aussi nous la retroula dernière Encyclique, qui apporte monde.

de saint Thomas, il a fait un grand r réaliser le rêve de sa jeunesse et les esprits au cnaître de nos anliversités : c'est de lui, c'est de la ncise et pénétrante de saint Thomas spire dans les enseignements qu'il Eglise ; c'est dans ce moule qu'il enr sa propre pensée, et quand il nous origine du pouvoir, du caractère oblis lois humaines, des formes diverses nement, c'est toujours la parole de nas que nous entendons, rajeunie par ition vivante et personnelle.

: d'Etat et politique sagace, il a jes itaines des prophètes et les décisioni ais tenaces des esprits supérieurs. Il mier les vieilles monarchies de l'Eu-

rope et grandir la démocratie déjà cr l'avenir. Placé entre une tombe et i il dégage l'Eglise, par un effort coui formes vieillies des gouvernements ei veut pas qu'elle descende avec ell tombe ni qu'elle partage leur disgr; rable ; il reconnaît dans Tavènemen toire de la démocratie autre chose < dent, qu'un fait éphémère condamn raître avec les circonstances passager fait naître, il y reconnaît le terme d' tien lente, irrésistible des sociétés hur jours en marche, et, comme autrefois Pérouse, fidèle à ses desseins, il veut q puissances, l'Eglise et ia démocrat d'hui rivales, unies demain, comm miers purs du christianisme, mai semble à la conquête pacifique du brave la résistance désespérée de haine et les anathèmes de ceux-là; r les obstacles, il avance et travaille à la d'une pensée inflexible.

Et dans cet efîort qui découvre Vét nesse de l'Eglise et sa fécondité, Léi sacrifie pas une syllabe de la traditii parole révélée. Il a, seulement, ui originale, personnelle et puissante.

fkNT SES CONTEMPORAINS

lable, CCS principes inaltérades sociétés humaines, aux s peuples nouveaux, ien relise les pages del Prirti ; qu'il se souvienne de ses > gloires ; qu'il comprenne comparable que la papauté js ne sommes pas jaloux de time que ce peuple a conses ennemis au delà de ses sang de nos soldats ; mais lis que l'unité italienne soii le le Pape libre, sur une arler au monde dans la pléice qu'il tient de Dieu.

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LÉON XIll EMILE OLLIViER

Saint-Tropez, le i« mai

On raconte que François d'Assis gravés sur son corps, les stigmates de 1.

de Jésus-Christ. Sur toute la per:

Léon XIII sont visibles les angoisses i sion de la Papauté. Son corpsmaigre,i presque pathétique, est comme exi l'ardeur des sollicitudes qui le presser tes parts. Son regard, malgré la vivacii qu'il ne perd jamais, semble las de C( tant de douloureux spectacles ; et la d sa bouche, dont les coins se relèvent av est voilée d'un sourire attristé.

Si le corps semble fléchissant, la ] ferme ; elle ignore l'emphase redondai déclamations obscures des scribes offi daigneuse des vains ornements autan

S, elle va droit à la pensée, tirant de la noblesse des sentiments qu'elle a lumière de la lucidité des idées mé.

de fois n'ai-)e pas entendu souhaiter, de Pjerre, un pontife qui comprit les nodernes et ne décourageât point es de progrès t Toutes les difScultés e et l'Etat s'aplaniraient alors et un lel se renouvellerait entre la raison arées depuis le commencement du ipe est venu, et il occupe te Siège de

e Perugia, le cardinal Pecci, dans 3 mandements, a retracé les biene civilisation. Le pape n'a pas oublia nents de Tévèque : Léon XIII s'est econfondre la religion avecl'ancien l'unir la fortune terrestre de la Pa- : d'un parti politique quelconque. 11 ! aucune forme de gouvernement, et ré prètàs'accommoder de toutes. Si Je continue à écouter les conseils fut sécution, elle n'aura pas pour excuse : l'a condamnée ou maudite. Il i'a me toutautre gouvernement monap' respect de l'Eglise. Néanmoins, a

LÉON XIII DeVANT SES CONTBM

Pape é«:lairé, ami de la civilisatio grès, écrivain de premier ordre aui tife irréproehable, sera un de ceu] tence duquel de prétendus amis i de la civilisation et du progrès, i plus deiîell

Avec lui on pouvait conclure nouveau, qui aurait assuré pendai années la paix religieuse et concilit démocratiques avec les dogmes imr éloignés de saisir cette bonne fon réservait la Providence, des homn servis à des préjugés surannés s' oc susciter les maximes Jansénistes Gallicans, à jouer aux lois Orgai témoignent pas au Pape modéré avances, plus de déférence qu'ils i raient à un Pape réactionnaire ou

I DEVANT SB8 CONTEHI

les œuvres. Je ne sais, de lui, que monde sait.

II y a deux points principaux, qu laborateurs feront ressortir ; l'un, tante bienveillance pour la Fran suis, pour ma part, très reconnai; c'est sa dernière Encyclique, préc probation qu'il a donnée à la cond nal Lavigerie. Je lis la liste des n< m'envoyez, et je crois que tous inscrits sur cette liste donneront I tien à la politique de Léon Xllï.

L'Eglise accepte le Concordat; cepte l'Etat, sous la forme où il consentement des citoyens. Elle i réclame les bénéfices du Concorc accepte de son côté les charges qu

Mais, supposez qu'il n'y ait p; dat; l'Eglise, à mon avis, devr soumettre au pouvoir établi, se c lois générales qui régissent le paj dre de Jésus-Christ, et c'est le rôle tion qui ne touche au monde que tifier et le consoler.

On dit que les monarchistes se cette acceptation ; c'est ce que j comprendre. Si la France était ei

ixiii dBvant ses contemporains

^verais pas l'Eglise, moi républicain, ^licaine.

1,1 m^.ij^jigr '^î^''5pS' ni Ifi cardinal, en acceptant la iflp-^ *PQt f{fc ~-^"Tgi ne s^engagent à approuver la poli- .^.■*-*l*. 'îV* .^^«Ivers partis qui ont dominé ou domi* p'^venir.- Je ne puis pas leur reprocher p contre certains articles de la loi mi- ^ue j'en fais autant.

Jets pas que le cierge, comme corpois de ia politique : i" parce qu'il ne fe sans un grand préjudice pour la " parce qu'il ne peut employer cons forces qu'il tient de l'Etat. Les ^JSindividueilement les mêmes droits E^yens. Ils ont, de plus que nous, le ,1 de prêcher la concorde et la paiï.

; d'agréer, Monsieur, etc.

Mon s

Vous m'avez étudier, à mon politique de Lé et vous avez l'ii talions » que v la suite devotn Léon XIII dei

Je regrette à collaboration à convier.

U n'y a pas ^ tant et plus intt exige une inten;

Il DEVANT SES CONTEMPORAINS

nce de jugement, que j'hésiterais l'attribuer. Dans ma croyance de : m'incline avec admiration etcont l'œuvre apostolique, qui éclaire le la foichrétienne et féconde par larité la plus pure les germes que :onomique dépose dans le sol des Tnes,

béral, disciple convaincu de l'école : ne saurais admettre aucune dis> ntégfiié territoriale et sur la souonale de mon pays. Mais je n'esm'appartiennedediscuterlapensée :eux qui, — peut-être plus encore Jte position où la Providence les a jar leurs sentiments personnels, — is un ordre d'idées très différent, lire opposé .

lorieux pontificat de Léon XlIIne signalé dans l'histoire du catholi- ■ la proclamation récente de l'o- : par les catholiques aux justes lois — quelle que soit la forme des ts, — il aurait déjà acquis un titre lies à l'admiration de la postérité liction des peuples.

I inventent. L'Italie n'a qu'à at-

LÉON XIII DBYAN

tendre. Me réservant sur l'autre sujet de vt attendant, d'agréer 1 ments les plus distin^

«JSEIGNEUR THOMAS

itsurletrône pontifical, Léon Xlll is ardente que jamais la lutte enn de la science, contre la doctrioe utte insensée puisque Dieu^ source ière, vérité éternelle et infinie, ne tredire lui-même; lutte stérile et

où tant de nobles esprit succomrés. Plus même il y a d'élévation :e, plus il y a d'angoisses au fond là, ces plaintes déchirantes des vicie: « Comment vivre en paix, dit md on ne sait, ni d'où l'on vient, , ni ce que l'on a à faire, ici-bas; st énigme, mystère, sujet de doutes

Vivre en paix dans cette ignorance ntradictoire et impossible ». —

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