NT SI
in m^ enva 1res d
plus ser »
scte ir i offi< 'Intel
ress.
le ver ad ell listoii lits et coup, île de
irtant jrs et : Dél ourba on s\ iPUpe; e pas ■ir ou tt qui , vivai
Et, après ces luttes héroïques pour la vie, vous connaissez ces luttes stériles pour le trône venant piteusement échouer à ces historiques journées des 24 et 16 Mai.
Enfin la guerre cessant et les partis étant désarmés, la trompette n'eut plus que faire de son souffle.
Un coup de pistolet la creva tout à coup d'une balle, dont un soir, s*amusait une femme.
Ainsi s*en vont parfois, dans une fin stérile, ces grandes forces que la lutte n'avait pas épuisées: Démosthène, qui n'est pas mort à Chéronée ; Gambetta, qui n'a pas succombé sous la fusillade allemande. Et ces puissances d'hommes, de finir par tomber un soir, dans Tombre, aux pieds d'un vulgaire dieu grec, d'une Gauloise quelconque, — réalisant, jusqu'à l'inanité de sa finale, cette parole du poète :
Sunt verha et poces ; prxtereaque nihil.
Ainsi, pour la deuxième fois en France, et en moins de vingt ans, un astre s'était levé, qui avait annoncé une époque nouvelle; un homme s'était levé au milieu de l'Europe efflanquée, qui lui avait promis de redonner les forces mortes à son vieux corps, grâce à une autre politique. Et cette politique, c'était la politique de la guerre, de la guerre à outrance, de la guerre sans trêve, de la guerre sans fin.
154 ^^O" ^"' DETANT SES CONTE
La guerre, i ces millioiis de bouci la finance internationale, -profitant dt fiantes d de vos nationalités en j< volent du dernier sou qui leur n ceau de pain — le dernier, celui-IA mangeront pas? La guerre, pour n( banqueroute hurlant aux portes ? E chasser enfin cette louve, nous n'all mieux que d'appeler l'horrible Social de honte, avant d'en èire réellement leur? Que fera maintenant le Dieu, mais de la paix et de ce blé qu'il n'i nourrir ses créatures, non pour le laii les sillons gorgés de sang ?
La guerre ?...
Vous qui ne craignez pas Dieu, vi l'implacable écrivain des Lettres à Ju croyez encore à la guerre, craignez I sont avec nous, avec les Latins qui r guerre. Elles ont décrété que la gu qu'elle ne doit plus être. Elles nevei drer pour la mort. Elles vont s'enter elles, par-dessus les ambitions et 1 rois et de leurs ministres, et elles voi cœur ce que les plus grands homi faire avec leur esprit. Elles vont écrs serpent. Prenez garde : ce sont elles
bras d*un frère pour frapper les monarques trop am* bitieux et les diplomates trop rusés, avant qu'ils puissent accomplir leurs projets homicides ; ce sont elles qui vont conspirer maintenant contre les trônes, et qui vont ouvrir les portes aux idées que nous allons semer dans le monde. Car, une fois cette hécatombe terminée, nous allons commencer contre vous une invasion bien autrement terrible que la vôtre ; nous allons entrer chez vous, sans espions, sans canons Krupp, sous la forme insaisissable de Tidée. Nous serons assis à tous les foyers, nous serons mêlés à tous les entretiens, nous pénétrerons avec les rayons du soleil et nous serons jusque dans les grains de poussière, au nom de la vérité, au nom de la liberté, au nom de l'amour; et, puisque vous avez appris notre langue à vos enfants pour quMls puissent nous espionner et nous surprendre, nous en profiterons pour leur faire lire ce qu'ils doivent savoir, et pour leur apprendre comment les peuples se passent des rois. C'est alors que toutes les nations du globe partagées pacifiquement entre les peuples libres, dans une immense alliance des races faites pour se fondre et non pour s'exterminer, c'est alors que toutes les nations du globe glorifieront la France dont Dieu aura fait la dernière victime de la guerre, pour qu'elle ait le droit d'être le premier apôtre de la paix. » Et je vois distinctement ces choses, non plus
mam
LÉON Xm DEVANT SBS COKTEMPORl^INS IJ
puis cet autre; il n'y aura plus qu'une famille, q sera le genre humain ; il n'y aura plus qu'un but, qi sera la vérité ; il n'y aura plus qu'un maître, qui sei l'amour ; il n'y aura plus qu'un besoin, qui sei l'harmonie ; il n'y aura plus qu'un moyen, qui sera travail; il n'y aura plus qu'une loi, qui sera la justici
1 Et ces choses s'accompliront, pour les tro quarts, avant la fin du siècle ; et, pour le dernii quart, dans la première moitié de l'autre. »
Quand le ciel tout à fait obscurci de l'Europe pol tique ne laissa plus entrevoir aucun astre, et quan sous ces ténèbres enveloppant les esprits et les chosi on commença à entendre le bruit grondant di peuples ruinés qu'aucun Napoléon, aucun BismarcI aucun Gambetta, n'avait conduits au seul pain et la seule paix dont ils avaient besoin ; quand on U entendit se lever et, ayant pris la main sinistre c l'Anarchie qui se chargeait de les guider vers i( richesses du sol etde l'argent que dix Juifs financie) avaient sufiS en trois quarts d'un siècle à leur prendr» quand on les entendit marcher et ébranler déjà ] terre de leurs souliers ferrés, ainsi qu'une avalanch de nouveaux et de plus formidables Barbares ; l'éïêque de Pérouse, dont trente années d'exil et d luédiiation sur les hauteurs des montagnes avaient déj blanchi la chevelure, referma la fenêtre de sa cellul et de son Ame et pria Dieu avec des larmes pour qu(
kHT SES CONTEMPORAINS
se ne surgissant providentiellernements de ce monde, ïl susautrefois sa courageuse Église i pour l'anéantissement de ces
:emps oii, au service d'un Pape ipêtes qu'il avait soulevées et q ans supporté en naufragé coue, iin cardinal-ministre renferlalheureux dans la prison qu'ils ble; le temps où le tranquille chaque matin, chez Pie IX qiie ucou retardataire qui s'arrêtait eure. — a Vojez-vous ce con-
i m prévu d'exceptionnelle conile ministre à M. Visconti- :htque jour je m'installe sur le
l'arranger, et chaque jour il se ; temps, le Pape sommeille heusans défiance. Ce coucou-]*,
me ce coucou usé, eut son heure ;nfin pour ne plus avancer. Ce a la mort du plus remarquaUe ; malheureux des Pontifes rolussi où, dans les solitudes de prendre par la main l'élu qu'il 3
LtOrt XIII DEVANT SES CONTEMPORAINS
aTsilfait vieillir pour le conduire plus vénérable i Rome, et pour l'y faire présider avec plus de ma aux noces grandioses que l'Église des anciens allait contracter saintement avec la Démocratii sociétés modernes. — Fiançailles sacrées, allaient enfanter une paix souveraine dont avaii besoin un siècle si bouleversé dans ses trois g rations qu'avaient fauchées les guerres inutile dans ses terres mêmes dont soixante-dix-huit t SODS n'avaient servi qu'à enrichir les maîtres éhi de tant de monde misérable.
-^ejsr
LÉON XUI DEVANT SBS CONTEMPORAIMS
majeur de quarante- quatre voix; et un seul n dressé, comme la tente unique du pasteur qu'avait [rouvé son troupeau. Au milieu imposant des aui toiles qui se repliaient avec respect et en siler celle du pape élu resta donc droite, agitant au so de victoire qui sortait des urnes et des cœurs les ( pineltes dorées de sa frise et, par-dessus, élevant leconclave et sur le monde, bien hautes — avec iloile prophétique, un arc-en-ciel fatidique et un — les armes éloquentes du nouveau Souverain-F tife. Et aussi droit que ce pin symbolique, qu ?eni des montagnes ombriennes venait si improvi; ment transplanter là, sur ce trône de Rome, lieilJard cassé retrouvait tout à coup sa prem Terdeur dans une renaissance nouvelle. L'ex-card (Usgracié Gioacchino Pecci, — qui s'appellerait di Mivant le fortuné Pape Léon XIII, — leva sur 1' vers étonné, aussi fièrement que l'arbre de sonar rial, son buste grand et sa tête sereine que l'e dominant et sa lumineuse devise sauraient prot' de l'orage.
L'orage ne grondait pas moins fort aux porte: Vatican qui retrouvait son pape, et le pin herald de celui-ci était bien l'arbre des tombeaux représer avec la plus funèbre vérité les dernières espéra de l'Eglise catholique et des Etats européens. Su Soixante tentes de pasteurs, venus ici des quatre <
in DEVANT SES CONTEMPORAINS
ir élire leur chef, l'œil, maintenant it repliées, pouvait par-dessus enviet interroger la tempête. — Du côté :'était comme une fumée impénétrable, imposition des vieux partis qui se rerevivre, et de la fermentation des dermal enterrées dans les sillons de Sedan t de- se ressusciter pour unË.incerjlable revanche : fumée, des guerres des politiques mal assoupies, où ce □e discernait déjà plus les sillons luhistoire ancienne et l'esprit éclairé de . — Du côté de l'Allemagne, c'était , s'étaient appelés, devant la France irs armées victorieuses, les «Fléaux de providentiels Barbares », s'appelaient tant V Europe menacée tout entière par 3ns secrètes de Sociale et d'Internamisateurs non plus des nations abolies es refaites, avec le communisme pour gent ta dynamite, — En Russie, en alie, en Espagne, c'étaient les mêmes mêmes révoltes, annonçant la même es théories nihilistes, carbonariques, su rrec lion ne Iles, qui, lasses des monars, proclamaient les républiques rajeutiguées déjà des républiques débon-
^^Hèl^^
Lfam Xm DBTANT SES COTrrEMVORAIWS l'6j
naires, denMtndaîent même le rétablissement des îittîaiiMgeBnles rëvolations. Pour argument, on i plus qu'un mot : la négation. Pour projet, plus but : la destruction. Et pour soleil éclairant ce r noir sortant en transfuge de ses institutions a nés, qu'une lumière : la fulminate. Quelle civil! et quelle Europe sortiront- elles demain de ce I immense et effrayant que n'avaient fait encor ïaste, ni si épouvantable, les Barbares de la pn Rome et de la dernière des invasions ? Devant coalition sourde où toutes les nations complot guerre de peuple à peuple est oubliée dans iei Baux où des ingénieurs sont pourtant chargés ei par une dernière surprise de la sagesse humaii miner les Etats en y entretenant les vieilles an en y forgeant des armes nouvelles dont saura p rémente. Mais le flot d'abord sourd se fait di tendre, monte la digue, déborde les pays, enva frontières, s'unit du nord au sud et de l'est à W etsur cette tempête mûre pour la dévastation devant laquelle les hommes d'Etat les plus pui croyaient opposer leur génie souverain et comm« à perdre la tète, comme celle de tout petits e nus en présence d'un colosse ; par-dessus tou pas un homme mandé du ciel pour refouler cet pas un pilote génial pour dominer ces flots, p. raain de maître pour ramener ces barques f
Beaucoup se sont arrêtés à ce masque ang d'octogénaire où pas une trace de sang n'appan que quelques-uns se sont plu à comparer au m de Voltaire, — pour la ressemblance seule physionomie. — Ceux qui ont vu, dans l'iqiagf verainement haute de Léon XIll, une compai plus frappante avec quelque antique statue de primitif, sculptée en pierre sur un caveau, ou < et bénissant les foules de la hauteur d'un jul cathédrale, et dans une telle maigreur ascétique q ferait croire que les morts peuvent encore son leurs tombeaux et apparaître comme des oi blanches dans la société des hommes, — ceuxront trouvé un terme de similitude moins irrév deux et plus exact.
C'est à Pie IX, son prédécesseur, qu'il faudi comparer et l'opposer surtout. Le premier, lai fort des épaules, comme un major des Gardes- N qui furent sa plus chère compagnie et dont il eùi quis avantageusement les grades si le sort, a d'en faire un pape, l'avait laissé soldat. Le sei au contraire, ëtique et s'annulant du corps e qu'une goutte de lait nourrit, et que ferait loml mouche qui se pose sur le casque d'acier de ses darmes. Mais c'est aussi la différence de ces <orps qui marque celle de ces deux âmes : cel l'un, massive comme il convient à un fort offici
l66 LÉON XIU DEVANT SES CONTEMPORAINS
l'arnée où Pie IXeût mené peut-être autrement qu'à Gaète et qu'à Mentaoa la victoire d*ua libéralisme trop mal compris alors, pour être défendu sans quelques fautes ; — celle de l'autre^ ailée comme labeille de THymette en laquelle la Grèce de Platon a symbolisé la sagesse, cette abeille savante, qui vole aussi brillamment autour des livres et des encriers qu'autour des épées et des casques. Ces livres nous ont valu, en ce Pecci politicien, autant de monuments de sagesse diplomatique et religieuse qu'il aura écrit de ces lettres que l'histoire de demain appellera <( les Encycliques de Léon XIII, » et la a Lettre aux Évêques de France », pour exhorter ceux-ci a adhérer au gouvernement constitué de là République. Â qui ce pape peut-être incomparable ressemble-t-il surtout, par ^es idées plus que par sa personne, et particulièrement par cet amour supérieur de la rénovation des sociétés modernes dans un socialisme évangé* lique, — encore qu'orthodoxe? C'est à lui-même.
Un simple trait peindrait cette haute figure, mieux que ne sauraient faire tant d*infîdèLes tableaux ou d'incomplètes ébauches. Mais je risquerais^ ep, le ci-* tant ici, de paraître osé, et j'aime mieux le réserver au lecteur qui aura la patience d'aller le chercher dans le livre qui le contient déjà (i)»
(i) Voir Dts HommeSt Léon XJII, par fioyev d*AgfiUé Paris, Sayine, édit, 1890.
LÉON XIII DEVANT SBS COHTBUPOKAIHS I
Ainsi se présenta, en 1879, dès la première a de son pontificat, et tel s'est confirmé depuis pa actes d'une politique très personnelle et d'une ciliation très résolue, ce pape indépendant et li â la fois, sous le pontificat duquel les Idées réi Irices de demain se seront, — Dieu le permetti substituées sagement et sans violence aux idées m d'hier : celui qui aura eu le haut courc^e et le sup honneur d'éviter aux Etats de TEurope mod l'orage sodal qui menaçait de les briser, en disa monde des ouvriers laborieux et calmes : « Le m du travail vous appartient; acquérez-le par de Ëques et légitimes conquêtes I » en disant à la t geoisie de l'Industrie et de la Finance; » N'o pas que le travailleur est ton frère et que tu lui UQ partage équitable des biens qu'il t'aide è. amass Et, pour faciliter la réconciliation des deux cl sur un terrain qui les réunira plus fraternel lemer pape aux grandes vues de proclamer sans cralt République partout où un peuple nouveau, h vieux temps, la réclame ; tandis que ce même po avec la majesté et le respect qui conviennent grandes tombes, dit à la monarchie morte, partoi Dieu a arrêté son règne ici-bas : « Endors-toi, fegret du passé et sans souci de l'avenir. Cetu fait mourir et ressuscite, est aussi le seul qui i combien de temps doit durer ton sommeil I « /
coucher de Léon XIII pour recevoir ses ordres. Cette chambre assez exiguë, dont les murs sont tendus d'étoffe jaune, est partagée par un rideau derrière lequel se trouvent un lit blanc et un prie-dieu. Le' Pape se lève, pendant qu'on prépare Tau tel dans la chapelle privée de Tappartement ; puis, sans autre assistance que celle de son camérier, il dit sa messe.
De temps en temps, le pape délaisse sa chapelle privée pour l'oratoire qui ouvre ses portes sur la salle des Gardes-Nobles ; c'est une petite chapelle très modeste, presque obscure, très recueillie. L'admirable Nativité peinte sur l'autel par Romanelli s^éclaire alors aux flammes de six grands cierges et quelques fidèles, membres de l'aristocratie romaine ou étrangers d'importance, reçoivent l'autorisation d'assister à la cérémonie. Elle est fort courte, ne dure qu'une demi-heure ; point de présentations, point de discours; mais c'est à peu près la seule occasion qu'on ait d'approcher le Pape. Aussi cette faveur est-elle des plus enviées.
Le Pape, en disant la messe, prononce très distinctement les paroles sacrées^ mais il le fait avec ces accentuations périodiques qui marquent parfois le mouvement des respirations fatiguées. Il monte et descend difficilement les marches de l'autel, soutenu par deux camériers secrets; mais, à mesure que s'accomplit le Sacrifice, le corps se redresse, lés yeux
.^■■LÀ foJti^Li-x'-y y
physionomie s'anime. Sa foi semble le
■aits de Léon XIII sont trop répandus ;oit nécessaire de décrire ce corps très maigre, ce visage étroit où le nez puisi k ligne aquiline tou.t près des yeux , très brillants, très observateurs, plus rs que bienveillants. La bouche large, correct, à lèvres minces, s'appuie sur un é, d une ossature violente et est annoncée mmettes par deux rides profondes, en re, qui s'accusent extrêmement lorsque, $an& lèvres exactement close, le Pape air de sourire. Le front poli, dénudé, est ïte est d'un pr&tre diplomate, réservé; ■aduit des impressions qui, parfois, se lées en paroles, en sons plutAt, mais epuis douze ans. U arrive que, parlant £s, le ton seul dont le Pape prononce un 1 « poverina «, qui voudrait être banal « :tueux, met brusquement tout le caractère éveille l'attention, fait qu'on regardeau ;es yeux, qui essaient en vain de se ternir, pasteur suprême, doux et tendre aux emmes, aux humbles. Ce vis^e impu- 3lanc, uniformément pareil à de la cire 'accompagnent deux touffes de cheveux
LéON XUI DEVANT SES CONTEMPORAINS I7I
id'un blanc pur, que soutient le col haut mettant son blanc de linge sur le blanc de la soie de la soutane, sur le blanc laineux de la pèlerine, ce visage que son maître a voulu clore, qu'il a clos par trente-deux années d'observation^ de réserve, de concentration, ce visage n'attire pas, ne séduit pas, ne retient pas ; il oblige, il commande, il domine. Le mot distingué, si Ton pouvait s'en servir ici, rendrait la première impression. En regardant de plus près, on voit le triomphe, on sent comme il a été acquis, et Ton songe aux patients cheminements, durant des jours, des années, des vies : les cheminements à la Sixte-Quint.
Trente-deux ans à Pérouse, une petite ville de quinze mille âmes, où il y a des souvenirs, des monuments, des tableaux, mais qui, pour le mouvement intellectuel et artistique, est une bourgade de province ! Trente-deux ans où, de ce bourg juché sur une montagne en plein milieu de TApennin, il a dû tout entendre de ce qui se disait dans T Eglise et dans le monde, tout voir de ce qui se faisait, tout méditer de ce qui se pensait l Et le but, incertain, presque inavouable; car, si fort qu'un cardinal ait désiré la tiare, jusqu'au dernier bulletin dépouillé, il parle de "son indignité, se plaint du fardeau dont on veut le charger et déclare qu'il n'accepte que par contrainte.
Ne rien laisser deviner de son rêve et le poursuivre tant qu'on existe, jusqu'à l'extrême vieillesse qui.
point sur le jour, llfautdu temps, beaucoup de t car le jour dépend de la disposition — on ne mais de la santé du Saint- Père. Souvent i au jour dit, les pèlerins arrivant à l'heure tré; nale trouvent que le Pape a chaîné quelque cj de dire la messe à sa place. Alors que reste-t pauvres pèlerins, qui n'ont point entendu la n De voir et de baiser le faldiitono, cette sorte d' dieu de forme traditionnelle, monté sur quatre en bois doré, accompagné de deux bras rich sculptés, couvert d'une étoffe de la couleur du sert de siège aux cardinaux et aux évëques et les fonctions, servait de prie-dieu au Pape.
Pour les fonctions dans la chapelle Sixtine s'en tient plus que pour l'anniversaire du cou ment, la messe funèbre de Pie IX, les ser l'occasion du décès de quelque souverain calhi et les consistoires publics. Encore les pompe! elles fort amoindries, et ne voit-on plus dans tège quantité de costumes qui n'étaient pointpa moins admirés. Plus de sénateurs de Rome, d< de quartiers, de dignitaires civils, plus më suisses en grande tenue, casqués, cuirassés, [ sur l'épaule la lourde épée à deux mains.
Le Pape fait, à la vérité, quelque exception pour les pèlerinages ou les associations catho K ces pèlerinages, il se mêle parfois des perso
ES COHTEWPORATWS
eur place au Vatican ; — Indiens de la troupe de tre fois, une fournée de ces ateurs de masées, inscripôupes photographiés salisnents célèbres et à qui un nt passer le train de piaion, est parvenu à obtenir lais ce sont là, si regretque inévitables erreurs, et r le bon grain de l'ivraie, epassent sans cérémonie ; lathilde ou la selle ducafle, einte. Six gardes-nobles Le directeor du pèlertisociation lit une adresse; le une ■bénédiction g£n6* Mnps de le voir, de grande ftte, le Pspe ithilde, est occlusivemest le ». Nul étranger n'y est
npter sur le retour de cé- 1 par lesquelles fut célébré k)n Xin. Les néceptioDS diencesfurent plus faciles.
iaint-Pierre, emprie de la
LÉOK Xni DEVANT SB5 COfrTEMTORAntS I7
fonle des pèlerins, revît les splendeurs ponirficales et, apparaissant sur )a Sedia, le Pape entendit u peuple acclamer sa royauté temporelle, dans un éla ■d'enthousiasme qui, s'il n'était point très profond paraissait pour le moment fort sincère.
C'eôt été un artiste, le peintre qui eût tenté aloi de fixer la physionomie et le regard du Pape à ce me ment. Quel regard! Le geste n'était point souplt manquait d'ampleur, et, peut-on dire avec les Italien! de désinvolture; il était étriqué et bref. Mais latêtt mais lesyeuxl... Il y a un tableau qui représent Léon XIII dans la Sixiine, lors de ces journées : 'HDt mieux n'en pas parler.
De fart, le portrait de Gaillard, très intéressai four les premières années du pontificat, ne donnai phis, après douze ans, l'aspect réel du Pape, il Tai s'en tenir aux photographies dont quelques-unes soi étonnantes de vérité. Léon XIII étant toujours e Tcprésentation, la pose devant l'objectif n'a rie changé de la ligure habituelle, mais n'a point rendi par contre, l'affaissement du corps, si étrangemei maigre que, lorsqu'il remue, les vêtements flottei SUT lui, si las qu'il semble comme s'effondrer, se dilue le diwoudre (ij.
(1) Il faut croire que Léon XIII remontai! à peine de basilique de Saint-Pierre où le mémorable pèlerinage d< ouvriers français l'avail acclamé encore sur sa Sedia pont
SOUS Pie IX, aux valets du Vatican et qui, s'ils ( tenlûent la dévotion de certains fidèles, servaier plus souvent les manies de collectionneurs ex triques.
Lorsque le Pape juge que le moment est ven rédiger, il fait appeler un des secrétaires en qu confiance, soit Monsignor AngeJi qui a letitr cliapelain secret, soit Monsignor Volpini qui est cieUement secrétaire des lettres latines, et il dicte le canevas qu'il a préparé. Les secrétaires, i cettepremière version italienne, doivent, en arroi sant seulement les phrases et en ménageant les tre lions, conserveries expressions quele Papea choit couvrir la toile. Puis, nouvelle correction par le Si Père,nouveauremaniement parles secrétaires, et! i l'infini jusqu'à ce que la rédaction italienne soi point. On recommence le même travail pour le i et, comme Léon XI II se pique de l'écrire purem ce n'est point d'une simple traduction qu'il s'agi faut peser tous les mots et n'admettre que des l nures qui, sans être cicéronlennes à la Muret, i au moins quelque harmonie. Quand, ainsi m ment médité, patiemment écrit, longuement cori le document est prêt, le Pape l'enferme soigne naentdansson tiroir et il attend ipaliens quia œter
Tout ce travail se passe dans la bibliothèque, vaste salle de forme régulière, dont la moitié esl
m9ffmm
LÉOH XUI DEVANT SES CONTEMPORAINS t?
plumet blioc, leur tonique bleue — en ^ande tenue rouge et toute soutadkée d'or, — et le& larg«s épau tettes d'or. Tout ce monde guetie, pour se inetti sous les anoes et rendre les honneurs, les signai: que transmet à U muette le Suisse, de faction au. ht du grand escalier.
Pour un cardinal ou un ambassadeur, lecérémoni est presque identique. Le cardinal, — en son habit s cerdotal en drap noir fileté de rouge^ avec le maoteai la calotte et la ceinture rouges, tenant son chapei à la roain. suivi de son valet-de-pied qui porte les p piers enveloppés dans une étoffe rouge^ — entre dai la salle Constantin) en ne, oCi les Suisses portent !< armes; à la porte de cette salle, un Pala/reniere fa la première révérence, prend les papiers des maii du valet-de-pied et précède le cardinal jusqu'à troisième antichambre, celle des Gendarmes, où il e remplacé par un Bussolante, un laïque en soutane vi< lette, qui accompagne l'Eminence jusqu'à la salle c Trône. Là, c'est le tour de révérence des Camerie Segreli, qai, en temps ordinaire, passent simplemei ime chaîne d'or sur leur habit noir. Les Camerien S greli accompagnent l'arrivant jusqu'à l'antichanUii secrète, où le Maesiro di Cornera et ses Partecipan se chargent de l'entretenir et où seulement les carc Baux se séparent de leur chapeau, — notable prîv
LÉOK XIII DEVANT SBS CONTEMPORAINS
tion OU que les GouYerneraents, en se renou' ont perdu le fil de leur politique traditionneIl< fait, c'est parti, c'est envolé, la bombe éclate. dans les audiences, bien souvent parle-t-on à tonade, laissant tomber des nnots dont aucun r inentendu et dont plusieurs semblent sans ', C'est un assaut à armes courtoises, où les flem raissent plus mouchetés qu'ils ne le sont en mais où les coups de bouton qui touchent U semblent comme portés dans le vide.
Dans ces audiences, dans ces conversati Pape, aucune digression, nul dilettantisme lorsqu'il s'agît de certains chefs-d'œuvre de Ii rature latine ou des peintres de l'école de P< Léon X.1II a gardé de son long séjour dan ville un si vif souvenir que c'est là la patrie i cœur. Si quelqu'un a exercé sur lui une infl c'a été le comte Connestabile, le grand setgn Pérouse, dans le palais duquel avait Hé accro tableau de Raphaël; homme curieux, intér plein d'idées fausses, un catholique moderr Montalembert, nuancé d'italianisme unitaire, t ralisme parlementaire et d'infaillibilisme rom plus singulier mélange ; avec cela, de la chale certaine éloquence, des aperçus sur le monde la politique, des relations en Europe et une v de journaliste. De Pérouse aussi l'Eminent
l82 LÉON XTII DEVANT SES CONTEMPORAINS
renzi, secrétaire des Mémoriaux, le confident le plus intime du Pape; Monsignor Gabriel Boccali, auditeur du Très Saint, c'est-à-dire chargé non seulement des informations sur les ecclésiastiques destinés à Tépiscopat, mais de la correspondance secrète, dont sa mort récente a laissé la charge à Mgr Marzolmi, aussi de Pérouse, officiellement chapelain secret et maître des cérémonies surnuméraires. De Pérouse, le cardinal Rotelli, ex-nonce à Paris, après avoir eu des missions à Constantinople et ailleurs. Enfin naturalisés Pérugins : le Galimberti, nonce à Vienne, l'agent le plus intrigant de la Tri pie- Alliance, et le cardinal Schiaffino, qui, pendant quatre ans, fut presque officiellement le candidat à la Papauté des concilias^iO' nistes. Malheureusement pour lui il n'était pas immortel. C'était un moine, un bénédictin, né à Gènes, ayant longtemps résidé à Pérouse où il s'était fort lié avec le cardinal Pecci et avec le comte Connestabile. Avec celui-ci, il entreprit ce journal très curieux, mais fort discuté: VAurora, où l'on soutenait une politique de transaction, où le principal rédacteur écrivait cette fameuse phrase qu'on a si fort reprochée : te l'Eglise n'est pas avec les partis vaincus ». Après la mort de VAurora, il passa à la présidence de l' Académie-Noble ecclésiastique, l'école des hautes études politiques et diplomatiques. On dit qu'il y porta Jes mêmes doctrines qu'en son journal. Il fut six mois
lAOH Xm DEVANT SES CONTEMPORAINS l8)
secrétaire d'une congrégation, poste cardiDfalîce où l'on passe d'ordinaire plusieurs années, et fut créé cardinal au Consistoire dn 27 juillet 1885. Il avait dofs cinquante-six ans. Il fut, tout de suite, des congrégations les plus importantes et les plus secrètes, désigné aux regards de la foule, non seulement par sa tète curieuse et caractérisée, mais aussi par soa costume blanc de bénédictin; car appartenant, au clergé régulier, il atait conservé la couleur de son Ordre. On l'appelait «le cardinal blanc d, et ce mot ici avait un double sens. II est mort Tan dernier, et Laurenzi est mort cette anaée; Roteili, après eux. Les Pérugins y ont fort perdu; mais, tant que Léon XIII vivra, leur dernier mot ne sera point dit. Autant que les hommes de Pérouse, ie Pape en prise les tableaux. C'est vrai qu'il y eut là, sauf conteste, une des écoles qui ont le plus influé sur l'art universel, et que cette petite vUle a produit plus de peintres et des plus illustres que Londres, New- York et Vienne réunies. Sur leurs œuvres, le Pape a ses idées, presque ses paradoxes* Il se platt à les mettre en parallèle avec leurs élèves, et on ne saurait dire si le séjour de Raphaël à Pérouse n'est point ce que remarque le plus chez lui l'ancien archevèque-évècpie. Mais si Ton sait que tels sont les goûfe du Pape, c'est presque par ouï-dire, c'est parce qa'on a vu les tableaux qu'il se plaisait à ache-
1^ l1 ji.
LÉON XIU DEVANT SES CONTEMPORAINS l8{
Pape donne $8 bénédiction aux gens de la première antichambre qui se sont prosternés.
— Oh !,,. va bene!... dit-il presque toujoursavec l'air d'un homme qui est content du travail de sa matinée. N'esi-ce pas, monsieur l'Exempt, qu'il (ail beau aujourd'hui? Nous allons prendre un peu d'air...
L'Exempt s'incline. On entend, dans les autres antichambres, des commandements à voix basse :
— Présentât sciabll (Présentez sabre 1) ~ Ginocch terr l (Genou terre !)
Le Pape passe donnant sa bénédiction, il arrive à sa chaise à porteurs, il s'y assied, il bénit une dernière fois les assistants.
~Ai:{ate.' commande le chef des Palafrenien. Et le peiit cortège se met en mouvement.
Deux Suisses, la hallebarde au bras, ouvrent la marche; deux Gardes-Nobles les suivent à peu de distance, et aussitôt après la chaise du Pape portée par six Palafrenien; l'Exempt des Gardes-Nobles et le Parlecipanle qui montera en voiture vis-à-vis du Pape, suivent, et deux Suisses ferment le cortège.
On traverse, d'un pas assez rapide, les secondes Loges et les Chambres de Raphaël, les salles de Constantin, d'Héliodore, de la Signature, del'Incertdiedu Borgo; puis, par lesgaleries des Tapisseries, des Cartes géographiques, des Candélabres, on descend le grand escalier du Musée et on arrive au jardin.
UII DEVANT SES CONTEUPORAIMS
; l'itinéraire change; pour accéder 'an iverse la Bibliothèque Vaticane ou le moRti. C'est eu suivant cet itinéraire lé fit, un jour, l'épreuve de la politesse i passage du cortège, (otu ceux qai ravailler à la Vaticane se lèvent, d'ordîn'est point U un hommage rendu au lins est-ce one marque tonte simple ttrede )a maison. M. Monimseti, qui 'autorisation de consulter des doculà particulièremeDt secrets, ne se leva
en fît l'observation, et il hausss ks ainqueurs ont de ces façons, lu jardin, le Pape monte en voiture dpanie; deux Gardes-Nobles sautent!
escorter ; tout le reste du coct^e reste lie.
du Vatican occupent l'espace qu'une I peut pucourir en une vingtaine de
une suite de pentes douces, de colses bien tenues, d'allées ombragées, ïté par les murs de Renne, de l'autre e de Saint-Pierre. Il y a uae petite sse, de beaux vieux ckénes, des petfts ;$ sortes de débris de colonnes, des
fontaines, de petits, poats. Au pied : plantée d'arbres, s'élève le casino de
LÉON zm DEVANT SBS CONTEMPORAIN
Pie IV, décoré de sculptures, de mosaîcju pnntures: Trianon papal de ce Versailles col cet été, Léon XIII venut s'installer dès le i oiï il avait même fait arraager une petite pour y dire sa messe.
A l'heure de la promenade du Saint-Père, est en état de siège : à tous les coins on n des gendarmes, le revolver à la ceinture ; ils lentles hautes murailles de la ville, que l'oi ûeurs fois tenté d'escalader. La promenade tare dure à peu près une heure : ou est presi jours à la même place, parce que l'espace t grand; maïs le cocher met toute son habileté les détours, de manière que la perspective aLDc yeux du Pape. Du reste, il n'y fait pas attention : son bréviaire l'absorbe, et c'est à . promenade à pied, entre le Partecipanle qui ie parasol et rfsenZe, qu'il demande toutes ses tions. Il s'intéresse fort, en effet, i ses plant 'j»rdimer-chef, il tar Ceiare, l'attend à une plac minée et, avec ce petit bonhomme que le paj avec beaucoup de familiarité, ce sont des dise sans fin sur la végétation des rosiers, des tub on des orchidées, sur les dégâts de la gelée soleil. Après les fleurs, c'est le tour des fruil petite vigne, les rares oliviers et quelques pc qui poussent çà et Ut sont passés en revue. ]
LÉON Xlll DËVAUT SES CONTEMPORAINS
lat^e, il a lu son bréviaire. Tard, très tard dai nuit, à cette fenêtre, au second otage du Vatican lampe brûle que de tout Rome on peut voir, que fenêtres du Quirinal peut regarder le roi d'Iti cette lampe qui brûle, c'est le Pape qui veille.
Voilà la journée d'hiver de Léon XIII : la joi d'été n'en diffère guère, sauf que la promenade ( vers six heures du soir ou à huit heures du mati lieu de midi. Les occupations restent invarta l'existence toujours semblable, la promenade tou pareille.
Une fois pourtant, depuis douze ans, le i^ j 1890, l'itinéraire que suit le Pape pour accédei jardins a été modifié. En France, à la première velle, on n'a pas compris; on a cru à une fant comme si le pape avait des fantaisies; on a d'inadvertance, comme si, après douze ans, le o ignorait le chemin qu'il suit deux fois par jou réalité, c'était un événement assez gros de o quences pour qu'il importât d'en préciser les dét d'en donner une version exacte. D'ailleurs, cet dent n'est point instructif à demi, sur la psycht de Léon XIII.
Ce n'est pas sans dessein que le Pape a tre une cour où les Italiens ont posé une sentine qui, bien que faisant réellement partie de l'enc du Vatican, est en fait occupée par eux. Cette
làon xni oevAMir si
dii Fama, où abou t, ta Yiadeiie Fondas dottae tccës à la Via la Monnaie).
lUliens oot pris poi 9 n'y tranillaient ^i [ne, le jiKir, la porte s. ouverte et que poi ermée, il e<tt fallu e I. Lorsque le Coun ie dut frapper nuit i ilier toornant à travi r cet escalier que pé maires. Touteferé, i lans le saillant du i laire et ils en ont ur
rès court espace sépa 3fËcielle du Vaticaq ■ses, qui donne ré£ ique et qui y fait corj det Fotno, de mena une troisième porte iées et aux >ardias | 'Vatican par la deux!
oisième et, d'une po tcnre cmlestâ.
UOM XIII DBT&NT ses CONTEUPORAIHS
Il ne s'i^issait point pour lui de faire const cette cour dépendait ou noa au Vatican, mais i voqner une interprétation de la Loi des Gar d'établir la. somme des prért^atives et des qu'on consentirait à lui reconnaître. Or, penda les ans affirmaient que le Pape était venu sui toire italien, pendant que d'autres répondaient Pape n'était point sorti du territoire ponttfi ministre, par son oi^ane le plus accrédité, officiellement déclarer qu'il n'y avait point de toire pontifical, que le Pape était un simple usul rfÈDt la jouissance des palais du Vatican, de Jean-de-Latran et de Castel-Gondolfo, ma l'eiterritorialité qui lui était concédée était t( plus analogue à celle que les usages diploma des diverses nations reconnaissent à la demeur ambassadeur ou d'un agent ofûdellement acci Cela revenait à nier l'indépendance nationale du qni devenait ainsi un citoyen peut-être priv nuis à coup sur un citoyen italien. C'était l'afâri delà doctrine exposée par M. Minghetli : le sujet du roi.
Les conséquences qu'on doit tirer de cette ' ration au sujet de la liberté du Souverain Pom aussi, et surtout, au sujet de la liberiédes Cor< futurs sont si graves que le mieux est d'atten< événements; mais n'est-ce pas bien là tout le i
\NT SES CONTEMPORAIHS
I et toute sa façon d'agir ? Ce ■ement pesé toute la portée et seul, sans demander nul conseil, rs de roue et le problème est :, le ministre italien se précipite :tle promenade d'un vieillard sur nts entre lesquels l'herbe pousse, >t une action que te moins posm argument philosophique tant qui est indispensable pour effecn, suffit à prouver au monde et li-mème que la Loi des Garanties anisme, que, même si la papauté ;, l'Italie en donnerait une interque nulle entente n'est possible, des tentatives qui ne peuvent )u afTaiblir la papauté aux yeux es et que le Sacré Collège, lorséventualité que Léon XIII conînse sans cesse, et qu'il attend lourvoir à la vacance du Siège de considérer d'abord si l'indépen- ;st assurée, et devra ensuite, par er un pontificat tel que les intéliverselie ne se trouvent point itique de la Triple Alliance.
Je m'arrête. D'autres, mieux instruits ps ments contemporains dont, en chroniqueur et hautement appréciés, ils écrivent au j l'histoire, vous feront lire aux pages suiv livre les jugements divers qu'ils ont po[ grand Pape. A ces critiques diverses et même opposées, — mais d'autant plus pour la haute personnalité de Léon XI en auront plus impartialement apprécié grandeur, — je n'ajouterais la mienne que pauvre témoignage de mon inutile ad de ma dangereuse inexpérience. Tel qi qu'épouvante la seule pensée du fardeau soulever et qu'il laisse à terre, je marc cadre où je n'ai festonné que les dates d'' vie, parmi les roses du martyre et les la victoire ; et, entre les baguettes historiée
194 I-^OK XI" DEVANT SES Cl
trait si magnifique à peindre, j toute grande.
Pour cliercher une excuse fa tèle du chevalet où une pareille ébauchée; et, afin de laisser ente mon impuissance, je regarde l'hi papes et je compare Léon XIII
A leur hauteur, il aura sa mes
Dans la glorieuse série des t trois papes qui composent l'incot successeursde Pierre et dont U rompue dix-huit cents ans do; autant de lustre qu'au plus grani trois de comparables l'un à l'aul de l'heure où ils apparurent auca et par la puissance de leur g retourna, à leur gré la face mën
Le premier, à cheval, une croi Rome à l'heure où le cinquième tié de son stade. Des prêtres désarmés que lui^nème, l'accon tre d'une nuée de chariots qm p de lilles entières, et d'une av indomptés dont les hommes mîparaissent plus sauvages encor< Avec leurs poings, ils menaçaier iiÈme;etleDrs pieux sanglaïUs,
PIPIIPI
LfiCM XIU DIVAHT SIS COHTBHrOlUUMS
vené déjà que trop la tetre, la labouraient de □ truenx sUla^s où allait s'engloutir la plus 1 d^lisation de l'kistoire. Ce pape fait signe qu'il parler, et une force étrange clone au ïol cette ai cbe qui se tait. Dans les tenues que Grégok Grand Uù prêtera cent ans plus tard, Léon s'ad i Attila; il dit que Rome est vide, et que ces hi ne porteront plus l'incendie qu'au désert ; qi ressemUeà un vieil aigle bout chauve, et qu' tFouveroat dépouillée de son peuple et de hommes puissants au moyen desquels elle s' fait autrefois sur sa proie (i). Et il finît son mai seailart d'un lanaentable genre, ajoutant Boéftfise de tout son cœur ce siècle comme un I beau désormûs éteint, et qu'il est prêt k ensevel supcènies désirs dans la mort de ce monde Blême (z). Quelle force a parlé par la bouche ' Pape;, doutées Barbares sont vaincus? Quellelui a éclaté sur cette tiare, dont les armes de ces queues sont éblouies ? L'esprit s'est révélé
(1) ■ Calvicium tfgo snum sicut aquiU dilatât, quii mas perdîdit qux populum amisil. Alarum qiioque [ cecideiunt, cum quibus valarc ad prxdam cousues quia onne* poternes e'jus citîncit sunt, per quoi i rapiebat. {Honùl. in Ejeeh., a. i3, p. toi i.)
(3) « Depricamus ergo ex tolo anima hoc pries sa» vtl exiinctioni finiamus mundide$ïd«rîasal[eincumi fine. {HomiLin E^teh., n. 34.)
toir s di .'El
:ule Ire qu'i
spi e II tnd,
LÉON Xltl DEVANT SES CONTEMPORAINS I97
toujours inenlamé dans son intégrale puissance, va mourir exilé à Salerne, ayant donné l'exemple de la plus grande puissance qu'au nom de Dieu, homme puisse produire aux yeux du monde et consigner dans les registres de l'histoire. Et celle-ci, de Grégoire IX. a Tait son deuxiënie Grand pape.
Et le troisième, de quelle force révélatrice dont l'univers n'aura pas eu encore le spectacle, sortirat'il ? Les Barbares sont morts ou civilisés, et plaise à Dieu que saint Léon le Grand n'ait plus à revenir de l'autre monde pour leur barrer encore la route avec un livre. Les Monarchies autocrates, mortes aussi ou déjà moribondes, depuis que les Alexandre III et les Innocent lll des ligues Lombardes et des Croisades européennesse chargèrent d'affranchir les Communes, au nom même du Christ et de son Évangile. Quant à la politique colossale d'un seul pape et d'un seul empereur pour tout le monde, elle ne serait désormais qu'un beau rêve dont s'illusionnerait vainement un autre gémul Grégoire. Mais de l'affranchissement évangélique de quelques Communes à l'émancipation chrétienne de toute la Société; de la Féodalité morte à la démocratie naissante, quelledistance àfranchir et combien de temps à attendre?
Cependant écoutez ce bruit d'argent que, par milliards, des Juifs entassent et emportent dans les impénétrables cavernes connues d'Israël seulement. Ecou-
DBTANT SES C0NTBI1P0RA.I5S
confondues de foules qui jamms, ce matin, n'ont eu faim de pliiiûr snsoiie, sans que leurs bourses toutpuissent leur acheter l'un ou l'autre, ce murmure de foules, de peuples, ntinents entiers, qui s'appellent de jx, se concertent d'opinions à opide système i système, se groupent, nternationalisent, se socialisent et, mme à la fols, ne demamient plus ■i Gouvernants aux abois qui, o'adont on l'achète, perdent la tète et pour la réflexion. Mais le ventre, tteodent-ils ; et l'ouvrier, le pins lesogneux, ne trouvera-t-il pas tuile sa misère, dans ces maisons qu'il le, pour les reconstruire et vivre 'a plus qu'à traiter comme pierre en ilogramme de mélinite par dessous?
', la maison au maçon, l'expIoLteiir i lement dans tous tes yeux, la folie rvelles, le délire final dans tous les :onfondus en une comroune misère, , l'ignoble, la hideuse Sociale, une et se glissant comme le |ûre des pour le plus inavouable des crimes ; nom de l'hoimanité, piibUe-t-elIe,
OBTANT SES COMTEHPORAUr
la moLtié de l'Europe poui inir l'autre moitié t leure, sous le ciel le plus b ! même Europe a'atleint I our le mieux frapper ; c'est L nuit que ne connut pas R emeat plus généreux de Tt tilaqui n'osa pas Caire le pas :
u'ils «usent l'uneirautre p:
: pu les maudire ; c'est a le étoile jette soudain dans , que toutes les nations en pi es. A la lueur discrète c s semblent se distinguer daa et se diriger presque sur U archent. A sa lumière, ils c s, les ramassent, les canall:
dans rbarmonie de Leur coi ine puissance, humajiitaire d te, qui commeace à parler il n'était question que d'ao lée à la révolte par la patic oirs là où on ne jurait que ifin un peu d'esprit de conc des pauvres et des riches qu )urs toute société humaine, nent l'Évangile corrigera I
■ '-vam TM*wçîR»?'^'"-
Le pieux moine qui écririt cet à plusieurs siècles en arrière que leur donnerait une réalité si él et à son étoile prophétiques, l'âge si providentiellement et si glorîei
Lumen in cœlo/... fnœlernum}
Paris, le i*' avril 1891.
a: Jm
LÉON XIU
DEVANT SES COHTEUPORJ
LEO XIII FONT. MAX. AN. MDCCCXCIl