‹ Léon XIII devant ses contemporainsChapitre 25 sur 34 · ALFIERI DI SOSTEGNO · texte numérisé non relu

ALFIERI DI SOSTEGNO

Rome^ 1 5 mars 1892.

Monsieur,

Vous m'avez fait l'honneur de m'itiviter à étudier^ à mon tour et en quelques pages, lé rôle ^ politique de Léon XIII en Italie et à Tétranger^ et vous avez l'intention de publier les « consultations » que vous avez rencueillies à ce sujét^ à la suite de votre livre, actuellement sous presse: Léon XIII devant ses Contemporains.

Je regrette de ne point me juger apte à la collaboration à laquelle vous voulez bien me convier.

Il n'y a pas à mon sens de thème plus impor« tant et plus intéressant ; mais, par là même, il exige une intensité et une étendue d'examen^ et

une compétence de jugement, que f hésiterais beaucoup à m'attribuer. Dans ma croyance de Catholique, je m'incline avec admiration et confiance devant Tœuvre apostolique, qui éclaire des lumièresde la foi chrétienne et féconde par Tesprit de charité la plus pure les germes que la science économique dépose dans le sol des sociétés modernes.

Italien et libéral, disciple convaincu de l'école de Cavour, je ne saurais admettre aucune discussion sur l'intégrité territoriale et sur la souveraineté nationale de mon pays. Mais je n'estime pas qu'il m'appartienne de discuter la pensée et l'action de ceux qui, — peut-être plus encore par la très haute position où la Providence les a appelés, que parleurs sentiments personnels, — se placent dans un ordre d'idées très différent, pour ne pas dire opposé.

Quand le glorieux pontificat de Léon XIII ne demeurerait signalé dans l'histoire du catholicisme que par la proclamation récente de l'obéissance due par les catholiques aux justes lois de leur pays, — quelle que soit la forme des gouvernements, — il aurait déjà acquis un titre des plus valables à Tadmiration de la postérité et à la bénédiction des peuples.

Fata viam invenient. L'Italie n'a qu'à at-

tendre. Me réservant de répondre plus à loisir sur l'autre sujet de votre lettre, je vous prie, en attendant, d'agréer Thommage de mes sentiments les plus distingués et les plus dévoués.

PAR

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