ET LE DESSIN DE MUNICH
Quand l'opinion publique a
fait son i siège • à propos d'un point capital de l'histoire de l'art, c'est ve'ritablement entreprendre une tâche ingrate que devouloir lui apporter de nouveaux éléments d'information.
I Aussi inexorable que le bon abbé de Vertot, elle oppose longtemps une fin de nonre ce voir au chercheur désireux d'agiter encore le problème que, résignée ou satispo.TMii 01 Fii.BCEscoSiMil, faîtc, clIe proclame insoluble
j'apr*jr(siamptgrjï*(poiir qu à tout jamais résolu. J'en
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fois de plus l'expérience, lorsque j'ai essayé de trancher, contrairement à la routine, et à l'aide d'un document trouvé en Allemagne, le procès toujours pendant de la statue de Francesco Sforza, modelée par Léonard de Vinci. J'aurais cependant mauvaise grâce à me
plaindre de ma me'saventure. Car je suis le premier à comprendre que la résistance de Topinion publique aux hardiesses de la recherche a son utilité. L'opinion publique, dans sa lenteur à s'émouvoir, est chargée d*un rôle social. Gardienne des vérités relatives précédemment conquises par la science, elle a le devoir de les défendre contre des innovations qui pourraient être dangereuses et qui souvent ne parviennent pas à se justifier. C'est donc, je le réconnais, à l'inventeur de toute doctrine nouvelle, dût-il revenir plus d'une fois à la charge, à faire des preuves tellement évidentes que tout le monde soit désarmé. Pendant deux ans, j'ai gardé le silence, prêtant l'oreille à toutes les obseiVations. Aujourd'hui, après mûre réflexion, je demande la permission de traiter la question une fois encore et d'expliquer pourquoi je persiste dans mes premières conclusions, formulées, en novembre 1877, dans la Gajette des Beaux-Arts * sous ce titre : Un document inédit sur la statue de Francesco Sforza, modelée par Léonard de Vinci. »
Je soutenais dans cet article qu'un dessin, conservé au Cabinet des estampes de Munich et reproduit ci-dessus, nous transmettait une image du fameux colosse de Milan tel que le sculpteur l'avait composé et tel qu'il se trouvait à la veille de son exécution. J'estimais que ce dessin, inspiré par la vue du modèle définitif prêt à être coulé en bronze, avait pu être fait par quelque artiste italien de l'académie de Léonard, en tout cas par un contemporain qui avait admiré Tœuvre. Plusieurs objections ont été présentées; comme elles ne concordent pas entre elles, je les exposerai successivement.