SAINT-JEAN-BAPTISTE
(Musée du Louvre.)
son et à la lumière. Il fonde la géologie, il fait l'anatomic de l'homme, du cheval, il analyse le vol des oiseaux. 11 ne sépare pas Faction de la pensée, il pense pour agir. Ses manuscrits sont re Qi QHs dçj5-jLLes^iB&^ des-^»«telîines qtt'iL^ invente : écluses, canons à culasses mobiles, ponts; machines à laminer, raboter, filer; parachute, niônïgôîtîères, appareil d'aviation, construit sur le principe du plus lourd que l'air, par une application des lois du vol des oiseaux. - Dans le Traité de la peinture il ramone à ses principes théoriques l'art qu'en même temps il renouvelle. Son originalité est le merveilleux équilibre d'une âme qui fait conspirer en une harmonie puissante les facultés que les autres hommes ne se partagent qu'en les opposant. La publication des manuscrits nous permet d'entrer dans l'intimité de son génie. Nous ne connaissons le sculpteur, le musicien, le poète que par la légende. Le peintre nous a laissé de nombreux dessins, de rares peintures qui suffisent à sa gloire. Ce qui en fait le charme exquis, c'est que son âme leur est présente, qu'elles en ont la richesse et la complexité, que le savant et l'artiste s'y pénètrent. Nul n'a mis plus d'intelligence dans le sentiment, plus de curiosité dans la tendresse, plus d'esprit dans des images faites pour la joie des yeux. Nul n'a plus rapproché la rêverie de la pensée. Modelé par leur âme, le visage de ses madones a le charme d'une beauté toute spirituelle. Qu'il s'agisse de Y Adoration des mages^ de la Cène^ de la Bataille d'Anghiain^ c'est en ce merveilleux esprit la même vision d'images nettes, la môme volonté de créer des êtres réels
et vivants, mais avec la conviction que la vie venant de l'âme, que le corps étant son œuvre et son image, l'art consiste à faire apparaître l'âme par le corps. 11 est inquiet de vérité, il emprunte à la nature tous les éléments de son œuvre ; mais il combine ces éléments selon les caprices de sa fantaisie, et il a l'invention hardie. La lucidité de son intelligence ne se distingue pas de ses sensations exquises, de ses émotions subtiles et raffinées. Ses sentiments sans cesse passent par son esprit et ses idées par son cœur. La rêverie des autres hommes est faite de formes vagues, d'images flottantes; sa rêverie est comme une richesse de pensées claires qu'il posséderait toutes à la fois. Le secret de ses œuvres est dans ce subtil mélange d'observation et de fantaisie, d'analyse et d'émotion, de naturel et de spiritualité, dans ce réalisme psychologique d'un homme qui pense que l'esprit est partout présent et doit partout apparaître : la pitlura è cosa mentale.
Si vous voulez savoir tout ce que l'exécution savante de l'impeccable ouvrier cache de verve, d'émotion, regardez ses croquis. La science, dans ce premier jet, ne sert qu'à faire le mouvement juste. Résumé en quelques traits, le corps est une machine agissante, d'un ressort extraordinaire. Les croquis des chevaux et des soldats combattants, pour la Bataille d' Anghiari^ font des hommes et des bêtes des armes vivantes, chargées de passion et de furie. Chaque fois que, dans les manuscrits, d'une indication sommaire, il dessine des liommes on