‹ Léonard de VinciChapitre 3 sur 13 · LEONARD SE REND A MILAN · texte numérisé non relu

LEONARD SE REND A MILAN

Léonard de Vinci n'était pas riche, et cependant il menait une existence de grand seigneur; il eut toujours des domestiques, des chevaux et une ménagerie d'animaux de toute espèce, qui faisaient ses délices et auxquels il donnait les soins les plus minutieux. Ce n'était pas par un caprice coûteux qu'il entretenait ces divers animaux, mais c'était afin d'avoir toujours sous la main des sujets propres à lui servir pour ses études d'histoire naturelle et d'anatomie comparée, auxquelles il consacrait une partie de son temps.

Il n'avait reçu que fort peu de biens de sa famille; mais le produit de ses travaux suffisait largement à ses dépenses, quoiqu'il fût généreux et grand dans sa manière de vivre. Nous

devons faire ressortir ici une des circonstances les plus honorables de sa vie; c'est que, entouré de toutes les séductions auxquelles pouvaient l'exposer, dans une ville où les mœurs étaient fort relâchées, sa jeunesse, sa beauté, sa grâce, ses talents, Léonard de Vinci résista à tous les entraînements du monde et des passions, ou plutôt il n'eut qu'une passion, l'amour de l'étude et des arts. « A mesure, dit Félibien dans son langage naïf, qu'il s'instruisait dans les sciences et dans les arts pour devenir grand artiste, il formait ses mœurs et faisait provision de vertus pour devenir un fort honnête homme. Aussi avait-il une manière de traiter avec le monde si douce et si agréable, qu'il charmait tous ceux qui conversaient avec lui'. »

« Tous les cœurs étaient à lui, dit Vasari, tant il avait de prestige et de charme dans la conversation. Dieu avait vraiment doué cet homme sublime d'un tact exquis pour concevoir, et d'une terrible puissance pour démontrer. Intelligence, mémoire, dessin, parole, tout concourait au triomphe de ses idées, qu'il imposait en résolvant et en détruisant les objections les plus fortes. Ainsi, il composait une quantité de modèles et de dessins pour prouver qu'ici l'on pou-

* Félibien, Entreliens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes, tome I""'", p. 218.

vait aplanir une montagne ou la percer, afin d'unir deux plaines; que là, au moyen de vis, leviers, cabestans, on pouvait soulever ou tirer des poids énormes; qu'ailleurs, à l'aide de pompes, on pouvait curer un port et faire monter les eaux. Enfin sa tête était en travail continuel, et de tous ces projets il est résulté un grand nombre de dessins qui sont épars, çà et là, entre les mains des artistes. Parmi ces dessins de machines se trouvait ce fameux plan au moyen duquel, un jour, il démontra à plusieurs citoyens de mérite, qui gouvernaient alors Florence, qu'il soulèverait l'église San-Giovanni et l'exhausserait sur des degrés sans la détruire. Il s'appuyait sur de si bonnes raisons, qu'il fallait finir par se laisser convaincre; on ne reconnaissait l'impossibilité d'une semblable entreprise que quand il n'était plus présenta »

Il proposa encore, avec tout aussi peu de succès, le plan d'un canal de navigation entre Pise et Florence, au moyen des eaux de l'Arno. Ce projet, dont l'utilité était incontestable pour une ville commerçante comme Florence, ne fut pas mieux accueilli de ses compatriotes que celui de l'exhaussement de l'église San-Giovanni. Cependant il était peut-être plus praticable, et, de fait, ce grand travail a été exécuté, environ

' Vasari, Vie des peintres , sculpteurs, etc.. l. IV, p. 3 et 4.

deux cents ans plus tard, par Vicenzo Viviani, dernier élève de Galilée et le plus célèbre ingénieur de son temps, qui fit usage des plans primitifs de Léonard. Du reste, celui-ci, comme nous le verrons plus loin, acheva plusieurs grands travaux en ce genre, d'autant plus extraordinaires que cette science était peu connue avant les écrits et les leçons d'un autre élève de Galilée, Ben Gastelli, bénédictin, qui les publia en 1638, sous Urbain VIII.

Un fait assez remarquable, et que l'histoire ne nous a point expliqué, c'est que Léonard de Vinci ne trouva point dans sa ville natale cet encouragement qui soutient et anime les savants et les artistes; cependant à cette époque Florence était une moderne Athènes, et Laurent de Médicis déployait en faveur des sciences et des arts cette royale protection qui lui a valu le surnom de Magnifique. Cependant, tandis que les marchands florentins vendaient au poids de l'or, à Milan, les peintures de Léonard, elles ne trouvaient pas autant d'amateurs à Florence; son beau projet du canal de Pise, ainsi que d'autres projets d'une grande importance, n'était point accueilli par ses concitoyens , bien qu'ils fissent exécuter dans leur ville les travaux les plus hardis.

Quelque chose donc lui manquait en Toscane,

et il résolut d'aller à Milan, où son nom était déjà connu , chercher un encouragement que négligeait de lui donner sa patrie. Puis il y avait alors à Milan un prince qui s'annonçait comme protecteur des sciences et des arts, et Léonard pensa sans doute qu'il trouverait, sous les auspices de ce prince, plus de facilité pour donner l'essor aux conceptions de son génie.

C'était le fameux Ludovic Sforza, surnommé le Maure à cause de son teint basané, qui, depuis 1480, gouvernait le Milanais, non encore comme souverain, mais comme tuteur de son neveu Jean-Galéas Sforza, le duc légitime.

Rappelons en quelques mots l'histoire de cette célèbre maison Sforza, qui régna sur le duché de Milan au xve et au xvje siècle, et joua un si grand rôle en Italie.

Elle tire son origine de Giacomuzzo (Jacques) Attendolo, dit Sforza ou Sforce, à cause de sa grande vigueur. Il était fils d'un paysan cultivateur de Gottignola, bourgade de la Romagne. Il suivit d'abord la profession de son père; mais un jour qu'il travaillait aux champs, des soldats passèrent près de lui , précédés d'une musique guerrière. L'idée lui vint d'abord de les suivre; puis il hésita, en pensant à sa famille, qu'il allait abandonner; enfin il eut recours à une sorte de consultation du sort pour fixer sa destinée. Je

vais, se dit-il en lui-même, lancer ma cognée contre ce chêne; si elle entre assez pour y rester attachée, je me ferai soldat; si elle retombe, je resterai paysan. La cognée demeura enfoncée dans l'arbre, et Giacomuzzo suivit les soldats. Ces soldats faisaient partie de ces bandes mercenaires , conduites par un chef ou conducteur, nommé pour cela condottiere , que les différents États de l'Italie prenaient à leurs gages pendant les xiiie et xive siècles. Giacomuzzo Sforza ne tarda pas à devenir condottiere ou capitaine d'un petit corps de partisans, qui combattit pour les Florentins, puis pour divers Étals italiens. Sforza s'attacha au roi de Naples, qui finit par le nommer grand connétable, reçut de Jeanne II plusieurs grands fiefs, et se noya au passage de la Pescara, en marchant contre le célèbre condottiere Braccio, son rival.

François -Alexandre, fils de Jacques Sforza, avait suivi son père dans toutes ses campagnes et appris sous lui l'art militaire. Il fut reconnu comme chef de son armée après sa mort, car la bande de Sforza était devenue une véritable armée; il combattit Carmagnole en Lombardie (1426), enleva la marche d'Ancône au pape Eugène IV (1434), et s'en fit un État indépendant; devint le gendre de Philippe-Marie Visconti, duc de Milan, après la mort duquel il

parvint à être reconnu duc de Milan (1450), malgré l'opposition des habitants; exerça une médiation éclairée entre diverses puissances belligérantes de l'Italie, eut la plus grande part à l'union des petits États de ce pays, qui eut lieu à Lodi (1454), et prit ainsi pour lui le rôle d'arbitre de l'Italie, que jusqu'alors avaient rempli les rois de Naples. Gomme il redoutait les prétentions du duc d'Orléans^, qui, au nom de Valentine de Visconti, sa mère, réclamait l'héritage du Milanais, il s'opposa en toute occasion aux entreprises des Français sur l'Italie, et donna des secours à Ferdinand, roi de Naples, pour repousser son compétiteur de la maison d'Anjou. Louis XI, qui n'aimait pas le duc d'Orléans,

* Le duc Charles d'Orléans était lils du duc Louis d'Orléans, deuxième fils de Charles V, qui joua un rôle important pendant la démence de son frère Charles VI, et fut assassiné, près de la rue Barbette, par ordre de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne. Il avait épousé Valenline de Milan, qui lui avait apporté en dot le comté d'Asti et ses droits sur le Milanais. Le duc Charles, fils de Louis d'Orléans et de Valentine, prit les armes pour venger la mort de son père, et s'associa dans ce but avec son beau - père , Bernard d'Armagnac ; de là la guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons. Charles d'Orléans fut fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, et retenu captif en Angleterre pendant vingt -cinq ans. Rendu à la liberté, il songea vainement, comme nous venons de le voir, à faire valoir ses droits sur le duché de Milan ; mais comme nous le verrons bientôt , son fils , devenu roi de France sous le nom de Louis XII , obtint plus de succès dans cette entreprise.

aida Sforza à soumettre les Génois, et lui fit la cession de Savone, qui était occupée par les armées françaises. Sforza, par reconnaissance, envoya à Louis XI un corps de troupes auxiliaires, commandé par Galéas -Marie, son fils aîné. François Sforza mourut en 1466, laissant cinq fils de sa femme Blanche Visconti.

François Sforza s'était trouvé à vingt- deux batailles, et n'avait jamais été vaincu; depuis longtemps aucun prince d'Italie n'avait uni autant de prudence à autant de valeur. Il n'avait pas été indifférent au mouvement littéraire et artistique qui se manifestait dans ce siècle en Italie, et il s'était montré protecteur des lettres et des arts. Les savants grecs, réfugiés en Italie après la prise de Gonstantinople, trouvèrent un asile à sa cour, et reçurent de lui des pensions. Jean Simonetta, son ministre favori, était un littérateur distingué. Mais, à côté de qualités réelles et brillantes, François Sforza avait tous les vices de son siècle. Se jouant de ses serments, il offensait sans scrupule les mœurs et la décence; ses succès en politique ne furent obtenus qu'à l'aide d'un tissu de perfidies que ses flatteurs qualifiaient d'adresse et d'habileté.

Galéas-Marie, fils aîné de François, était à la cour de Louis XI lorsqu'il apprit la mort de son père. Il se hâta de revenir à Milan, où il prit

possession, sans obstacle, de l'autorité souveraine. Peu de temps après, grâce à l'influence de Louis XI, qui l'aimait beaucoup, il épousa Bonne de Savoie, sa belle- sœur; car la reine de France, Charlotte de Savoie, était la propre sœur de Bonne. C'était, comme on le voit, de belles et nobles alliances pour le petit-fils de Jacques Attendolo, le paysan de Cottignola. Mais Galéas- Marie avait tous les défauts de son père, sans avoir aucune de ses qualités. En prenant en main le pouvoir, il commença par exiler ses quatre frères : non qu'un sentiment quelconque de haine divisât la famille ; mais entre ces princes défiants et ambitieux aucun lien de parenté n'arrêtait la passion de commander, ou ne servait de garantie contre le crime. Galéas- Marie gouverna bientôt en tyran; sa cruauté, son avarice, son libertinage, le rendirent odieux à ses peuples. Enfin ses propres courtisans, las de supporter un joug si odieux, conspirèrent contre lui et l'immolèrent au milieu de ses gardes (20 décembre 1476).

Galéas-Marie laissait un fils âge de huit ans, nommé Jean -Galéas-Marie. Il succéda sans difficulté à son père, sous la tutelle de Bonne de Savoie, sa mère, ayant pour principal ministre le sage François Simonetta, ancien secrétaire du duc François. Los (juatre oncles du

jeune duc, qui avaient été exilés pendant le règne de leur frère, revinrent à Milan après sa mort et demandèrent à partager la régence, intriguant en même temps pour se rendre maîtres de l'État. Mais Simonetta les prévint : Philippe- Marie, le frère puîné, fut relégué à Bari, dont il était duc; Ludovic, dit le More, à Pise, et Ascagne, le plus jeune, à Pérouse; un quatrième frère, nommé Octavien Sforza, prit la fuite et se noya en passant l'Adda. Philippe-Marie mourut quelque temps après dans les montagnes de Gênes. Alors Ludovic s'empara de Tortone par surprise; puis, à l'aide de ses partisans, qui étaient nombreux, il se rendit maître du château de Milan. La duchesse, Bonne de Savoie, se vit obligée de se réconcilier avec lui ; mais à peine lui eut- elle donné quelque part dans le gouvernement, qu'il s'empara de tout, fît saisir le ministre Simonetta ; et , après un simulacre de procédure, lui fit trancher la tête le 30 octobre 1480. Alors il déclara à Bonne de Savoie que son fils, Jean -Galéa s -Marie, quoique âgé seulement de douze ans, avait pris les rênes du gouvernement, en sorte qu'elle pouvait se retirer.

Bonne sortit, en effet, de Milan le 2 novembre 1480, et alla s'établir à Abbiate-Grasso.

A compter de ce moment, Ludovic Sforza gou-

verna seul et sans contrôle, sous le nom de son neveu Jean- Galéas- Marie. Il s'efforça de faire oublier, par l'intégrité de son administration et par plusieurs entreprises utiles, les moyens plus qu'irréguliers dont il s'était servi pour s'emparer de l'autorité. Il y parvint facilement ; car il possédait une partie des brillantes qualités qui avaient distingué son père; et s'il avait quelquesuns de ses défauts, il réussit assez bien à les dissimuler. D'ailleurs rien n'annonçait, dans ces commencements, qu'il eût l'intention de conserver le pouvoir au delà de l'époque où son pupille aurait atteint l'âge de gouverner par lui-même. Tous les actes de Ludovic étaient faits au nom de Jean-Galéas-Marie, comme régent du duché et tuteur de son neveu.

Ce fut vers cette époque que Ludovic, voulant imiter son père François, et encourager comme lui les lettres , les sciences et les beauxarts, invita les savants et les artistes à venir dans la capitale de la Lombardie, où il se proposait de fonder une académie à l'instar de celle que Laurent de Médicis avait établie à Florence, et ce fut alors aussi que Léonard de Vinci, répondant à cet appel, se rondit pour la première fois à Milan.

Ludovic le connaissait de réputation, mais ne l'avait jamais vu. Lorsqu'il parut pour la

première fois en présence du régent, celui-ci fut frappé de sa bonne mine, de la distinction de ses manières, et surtout de la beauté juvénile de sa figure, qui le faisait paraître beaucoup plus jeune qu'il ne l'était en effet.

« Signor de Vinci, lui dit-il en souriant gracieusement, je suis heureux de vous voir et de connaître par moi-même un artiste aussi distingué, dont j'ai si souvent entendu faire l'éloge; seulement, tout en vous félicitant, permettezmoi de vous témoigner la surprise que j'éprouve en vous voyant si jeune et déjà si glorieusement renommé.

— La surprise de Votre Altesse, répondit Léonard, vient de ce qu'elle me croit beaucoup plus jeune que je ne le suis en effet; je suis pourtant à peu près de son âge, car je viens d'accomplir ma trentième année, et Votre Altesse n'a pas, si je ne me trompe, atteint encore sa trente et unième.

— Gomment! vous avez trente ans, et l'on vous en donnerait à peine vingt -quatre ou vingtcinq ! tandis que moi, quand j'aperçois ma figure dans une glace, il me semble que j'ai quarante ans. Allons, ajouta-t-il en souriant, cela prouve que le métier d'homme d'État vieillit plus vite que celui d'artiste. Mais, voyons, reprit-il après une légère pause, nous savons que

VOUS possédez une foule de talents variés que nous serons heureux d'utiliser si vous vous décidez à vous fixer à Milan ; car vous n'êtes pas seulement peintre et sculpteur, mais vous vous entendez aussi , à ce que l'on nous a rapporté, à l'architecture, ainsi qu'à la mécanique et à la conduite des eaux, et, sous ces divers rapports, nous aurons peut-être un plus pressant besoin de vos services que de votre talent comme artiste, sans cependant vous néghger sous ce dernier point de vue, Dieu m'en garde! car je compte sur vous pour une œuvre capitale, qui sera un éclatant témoignage de ma tendresse filiale, en même temps qu'elle illustrera le règne de mon neveu et de ma régence, et qu'elle contribuera à la gloire de l'artiste qui aura exécuté ce monument.

— Je suis à la disposition de Votre Altesse ; je puis lui affirmer que j'emploierai tous mes efforts et tout mon zèle à la satisfaire, et, avec l'aide de Dieu, j'espère y parvenir. Veut-elle maintenant me faire connaître quelle est la nature des travaux dont elle se propose de me confier l'exécution ?

— Aujourd'hui je n'en ai pas le temps ; mais venez demain matin, n'importe à quelle heure, je donnerai des ordres pour que vous soyez introduit aussitôt (juc vous vous présenterez.

Nous causerons amplement de ces affaires, et quand vous m'aurez communiqué vos idées, j'espère que nous finirons par nous entendre. Ah! j'oubliais de vous adresser encore une question : savez-vous préparer un moule pour couler en bronze une statue ou tout autre objet?

— Je connais tout ce qui constitue l'art du sculpteur et du modeleur sur métaux ; je sais aussi fondre des canons, bombardes et pièces de menue artillerie de mon invention, et qui pourraient être fort utiles à Votre Altesse en cas de guerre \

' , — Oh ! pour le moment il ne s'agit pas de me fabriquer des instruments de guerre, car Dieu merci nous sommes en paix avec tout le monde; c'est une statue que je désire faire élever à la

* Ces paroles que nous mettons dans la bouche de Léonard de Vinci ne sont pas , comme on pourrait le supposer, de notre invention ; nous les retrouvons dans une lettre qu'il écrivit à Ludovic Sforza pour lui offrir ses services; on y lit le passage suivant: « Je puis, en temps de guerre, employer des K machines nouvelles, telles que ponts, canons, bombardes, « pièces de menue artillerie, toutes de mon invention, et fai- (c sant le plus grand ravage ; attaquer places fortes et les » défendre par moyens non encore pratiqués ; en temps de " paix, je suis capable, en peinture, sculpture, architecture, '< mécanique et conduite d'eau, de tout ce qu'on peut attendre " d'une créature mortelle. » — Il n'y avait, dans cette énumération de ce qu'il se croyait capable de faire, ni forfanterie ni jactance; c'était simplement l'expression naïve de la conscience qu'il avait de ses facultés. {Commentaires de MM. Leclanché et Jeanron sur Vasari. )

mémoire de mon père; mais nous reparlerons de cela demain. Aujourd'hui nous n'avons pas à nous occuper d'affaires sérieuses ; ce soir je donne une fête au duc de Galabre et à sa fille Isabelle, la fiancée du duc mon neveu; vous me ferez plaisir si vous voulez bien assister à cette fête. Gomme on y fera de la musique, et que je sais qu'à tous vos autres talents vous joignez celui d'être excellent musicien, je serais enchanté si vous vouliez bien nous faire entendre sur la lyre quelques morceaux de votre composition. »

Léonard remercia le régent de l'honneur qu'il lui faisait, et promit de répondre à sa gracieuse invitation.

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