‹ Léonard de Vinci PhysiologisteChapitre 10 sur 36 · LA CIRCULATION · texte numérisé non relu

LA CIRCULATION

La curiosité scientifique de Léonard de Vinci fut éminemment attirée par l’étude du cœur et de la circulation : la multiplicité de ses dessins sur le cœur, dans les manuscrits de Windsor et de Milan le prouve assez.

Mais l’étude du mécanisme du cœur est chose très complexe et elle ne commença réellement qu'au XIX® siècle ; celle de la circulation est plus ancienne. Michel Servet, en 1553, entrevit le premier le cycle de la petite circulation, et l'honneur de la découverte du cycle de la grande circulation revient à Harvey en 1628.

I1 nous faut le dire tout de suite, quoi qu'on ait pu imaginer un moment, Léonard ne fit ici aucune découverte qui le mette au-dessus de son époque sous ce

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rapport-là, et'sur la circulation, il ne fit guère qu’adopter et développer les idées du Moyen-Age, lesquelles n’étaient que celles d’Aristote plus ou moins modifiées par Galien.

Le Cœur. — On trouve un grand nombre de dessins anatomiques du cœur dans les manuscrits de Windsor: ceux qui ont trait aux valvules sigmoïdes sont d’une exactitude remarquable, telle qu’à les voir ainsi, l’anatomiste anglais Knox, qui les avait examinées, déclara que le peintre florentin en devait certainement connaître le mécanisme. Je ne veux pas contester cette opinion, qui est fort légitime, mais je regrette que Léonard, s’il connaissait réellement ce mécanisme, ne nous lait pas dit dans ses manuscrits et se soit contenté de nous le faire penser. Maïs s’il croyait avec Aristote que le cœur droit contient de l’air ou plutôt de l’esprit, il est fort possible que même avec cette opinion erronée il ait pu comprendre le mécanisme des valvules semi-lunaires.

En effet, pour notre savant, la lecture de ses notes relatives au cœur semble bien confirmer qu’il accepta les idées d’Aristote: L’air passe des poumons au cœur par les vaisseaux qui réunissent ces deux organes, Du cœur, l’air pénètre dans les artères qui en naissent et par elles va porter l’esprit dans les différents organes.

Voici comment il imagine la contraction cardiaque :

Le cœur n’est qu’un organe musculaire chargé de servir le sang et l’esprit à tout l’organisme. (€ C’est un

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muscle principal de force et il est beaucoup plus puissant que les autres muscles, »

Le cœur se contracte comme les autres muscles en se raccourcissant :

« Cœur raccourci: j'ai décrit la situation des muscles qui descendent de la base à la pointe du cœur et la situation des muscles qui naissent à la pointe du cœur et vont au sommet. »

Cette contraction chasse le sang hors du ventricule et ce sont les oreillettes qui le reçoivent:

« Les oreilles du cœur sont les avant-ports de ce cœur qui reçoivent le sang quand il s'échappe de son ventricule, du commencement à la fin de son resserrement, parce que si un tel sang ne s’'échappait en partie de la quantité, le cœur: ne pourrait se serrer. »

Léonard n’a done pas connu le mécanisme des valvules tricuspides et mitrales. Je crois même qu’il les a prises pour des muscles chargés de raccourcir le cœur : (Anat. A. Fol. 12). Dans son schema il désigne par N une valvule du cœur attachée à la pointe par de nombreux cordages et il ajoute au-dessous :

« N, muscle dur qui se retire (se contracte) et 1l est la première cause du mouvement du cœur et en se retirant il grossit, »

Que se passe-t-il dans le cœur gauche pour le Vinci? I1 est difficile de sen faire une idée nette, même en

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