‹ Léonard de Vinci PhysiologisteChapitre 9 sur 36 · RESPIRATION · texte numérisé non relu

RESPIRATION

Respirer c'est vivre. De toutes les fonctions de la vie, la respiration est à la fois l’une des plus anciennement étudiées et l’une des plus récemment expliquées.

Aristote, Erasistrate, la supposaient destinée à refroidir le sang et pensaient que l'air inspiré par les poumons passait au cœur, pour aller de là, par les artères, dans tout l’organisme.

Ces idées étaient acceptées par la Scholastique. Elles le furent aussi par Léonard de Vinci et bien longtemps encore après lui par les Universités.

La fonction chimique de la respiration, soupconnée par Van Helmont vers 1600, ne fut réellement connue

> que du jour ou Lavoisier la compara à une combustion. Si Léonard, le premier, soupçonna la nature de la

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+ combustion lorsqu'il dit « que l'ait nourrit la flamme qui le consume », il ne songea jamais à l'appliquer à la respiration. Mais s'il n'a rien connu de ces pphénomènes chimiques, en revanche il fit une remarquable étude anatomo-physiologique du mécanisme ‘le Ia respiration, que nul n'avait tentée avant lui avec autant de SUCEÈS.

Pour Léonard, comme pour nous, Fair est alternativement attiré dans les poumons, puis chassé à l’extérieur par un mouvement de dilatatiou et de resser- “aiment de la cage thoracique, comparihle au mouvement d'un souffiet.

Le tissu pulmonaire peut suivre facilement ce mouvement parce qu’il est composé d’une substance élastique et dilatable (Anat. B. Fol. 37.)

Inspiration. — Pour Léonard, la dilatation de la cage thoracique se fait surtout dans le diamètre antéro-postérieur et transversal et il le démontre dans de nombreux croquis que l’on trouve aussi bien dans les manuscrits de Windsor que dans le Codex Atlanticus de Milan. Il attache peu d'importance à l'augmentation du diamère vertical et cela parce qu'il jugeait moins important le rôle du diaphragme que nous ne le faisons aujourd'hui. (Fol io |

Etudions avec lui quels sont les « muscles dilatateurs et tirants ».

Les plus importants selon lui sont les DANCIES HR costaux qu "il appelle les mésoplèvres. |

« Les mésoplèvres sont les muscles menus interposés

Sos Eu entre les côtes, dédiés à la dilatation et à l’attraction de ces côtes et ces deux mouvements contraires sont ordonnés pour recueillir et respirer l'air dans le poumon. Et la dilatation de ces côtes naît dans les muscles extrinsèques des côtes qui sont obliaues de haut en bas et d’arrière en avant, avec l’aide des trois muscles 0, p, c (scalènes et petits dentelés), lesquels, en tirant avec une grande puissance les côtes en haut, élargissent leur capacité, mais les côtes ayant à retourner en bas, ne pourraient descendre par elles-mêmes, l'homme restant couché, si ce n'étaient des muscles intrinèques qui ont l’obliquité contraire aux muscles extrinsèques, obliquité qui s'étend d'avant en arrière et de bas en haut.

De la puissance des mésoplèvres

L'office des mésoplèvres extérieures est de soulever et de dilater les côtes et elles ont une puissance admirable avec leur situation, car elles sont établies avec leurs dernières extrémités supérieures, sur l'épine même d’où naissent les côtes déliées et leur obliquité descend vers le nombril ».

On sait toutes les controverses auxquelles à donné lieu l'interprétation de l’action physiologique des muscles intercostaux. La grande intelligence de Léonard avait résolu cette question solutionnée d'hier : les intercostaux externes (mésoplèvres extrinsèques) sont des muscles inspirateurs, les autres (extrinsèques ou externes) étant des expirateurs.

Comme nous, Léonard sait qu'il faut joindre à l’action des intercostaux celle ( des muscles où tendons nés des dernières spondyles du cou, lesquels servent à la respiration quand l’homme est debout et il servent À cette respiration concuremment avec les muscles qui

PU) SE naissent sur les derniers spondyles de l’épine dorsale et avec l'opération de ces muscles qui sont attachés à la pointe de l'omoplate. » (Anat. A. F. 13).

Et en même temps, il montre que d’autres muscles concourent à la respiration lorsqu'une de leur insertion est fixée (le grand pectoral).

I1 connaît parfaitement le rôle du diaphragme sans admette son rôle primordial, car il croit que la respiration normale est le type costo-supérieur. Si dans certaines conditions les côtes ne peuvent se soulever,

« La nature y supplée par les muscles du diaphragme qui abaissent ce diaphragme dans sa partie médiate concave; son élévation naît des vents comprimés, inclus dans lintestin... et si les épaules soulevées tiennent les côtes hautes au moyen des muscles b (pectoraux), alors le diaphragme, simplement en se mouvant au moyen de ses muscles, fait l'office d'ouvrir et de fermer le poumon ; et les intestins comprimés avec le vent condensé qui se produit en eux, (du dessèchement des excréments, repoussent le diaphragme en haut, lequel diaphragme comprime le poumon et chasse l’air ». (Fol. 16).

Voilà la cage thoracique dilatée, Comment l’air vat-il rentrer? Il nous le dit lui-même:

« Et parce qu'il ne peut y avoir de vide dans la nature, le poumon qui en dedans touche les côtes, doit suivre leur dilatation et ainsi le poumon, en s’ouvrant comme un soufflet de forge, attire l’air qui remplit l’espace ménagé pour le recevoir, » (Fol. 15).

es DT Et ailleurs :

« Tous ces muscles sont pour soulever les côtes, et le soulèvement des côtes c’est la dilatation de la poitrine et la dilatation de la poitrine c’est la dilatation du poumon et la dilatation du poumon, c’est l'aspiration de l’air par la bouche, »

L’expiration. .. Pour Léonard, l'expiration se fait par un double mécanisme :

Ce sont d’abord les mésoplèvres intrinsèques qui se contractent, nous venons de le voir, pour resserrer les côtes entr'’elles et, par elles, la cage thoracique ; ensuite c'est la poussée des intestins qui refoule en haut le diaphragme, lequel comprime le poumon.

Et l’expiration forcée est due « aux muscles transversaux de l’abdomen qui, en tirant, ressèrrent et soulèvent les intestins et poussent en haut le diaphgrame et chassent le vent du poumon; ensuite en relâchant ces muscles, les boyaux s’abaissent et tirent le diaphragme à leur suite et le poumon s'ouvre. » (Fol. 15).

On le voit, les travaux modernes sur la respiration n’ont fait que compléter l’étude du Vinci sur le mécanisme de la respiration.

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