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monter au sommet de ces montagnes. D'où il est à croire que la raison qui retient le sang au sommet de la tête de l’homme est la même qui retient l’eau au sommet des montagnes. »
L’explication des deux phénomènes offre des difficultés toutes pareïlles; l’un comme l’autre semble contredire à la tendance qu'ont tous les liquides de s’écouler des lieux élevés vers les lieux bas.
« Il semble à première vue que si quelqu'un cassait le haut de la tête de l’homme, il ne devrait sortir que le sang qui se trouve entre les bords de cette cassure; en effet, toute chose pesante désire les lieux bas, le sang à un poids et il paraît impossible que de lui-même 1l monte comme une chose aérienne et légère. Diras-tu que le poumon se dilate au sein du lac de sang quand ce poumon, dans la respiration, s’emplit d’air, qu’en se dégonflant il chasse de ce lac le sang qui fuit dans les veines et les fait croître et gonfler et que c’est ce gonflement qui oblige le sang à s'échapper par la rupture du sommet de la tête? Cette opinion serait vite réfutée. Les veines en effet suffisent bien par elles-mêmes à fournir une commode retraite au sang qui afflue; celui-c1 n’a pas besoin de déborder par la cassure de la tête comme s’il manquait de place. » (Manuscrit À, Fol 56).
Quelle est donc la cause qui en dépit de la pesanteur, fait affluer le sang à la tête de l’homme? C’est la chaleur. La chaleur mêle à un corps pesant des parties de feu qui sont légères et dont la légèreté porte vers le haut le corps mixte ainsi composé.
« Pourquoi ce sang fuit par le sommet de la tête? Les parties spirituelles ont force de se mouvoir et d'associer à leur course les parties matérielles. Nous voyons le feu, moyennant la chaleur spirituelle, envoyer au-dessus de la cheminée, mêlées aux vapeurs et aux fumées, des matières terrestres et pesantes; ainsi en est-il pour la suie que tu verras se réduire en cendres si tu la brûles. De même, la chaleur, mêlée au sang, désireuse de retourner à son élément, et trouvant à s’évaporer par la rupture de la tête, emporte en sa compagnie le sang auquel elle est infusée et mêlée. Le feu veut se tourner à son élément et emporte avec lui les humeurs réchauffées, comme on le voit en distillant du vif argent dans un alambic. Quand cet argent de si grande pesanteur sera mêlé à la chaleur du feu, tu le verras se soulever, monter en fumée et aller retomber dans un second réceptacle en reprenant sa nature première. »
C’est donc cette légèreté, effet de la chaleur, qui porte le sang jusqu’au sommet de la tête, quand l’homme est en vie. C’est elle aussi qui pousse l’eau jusqu’au sommet des montagnes.
« Explication de la présence de l’eau au sommet des montagnes : Je dis qu’elle est comme le sang, que la chaleur naturelle retient dans les veines au sommet du corps de l’homme. Quand l’homme est mort, le sang refroidi se réfugie dans les parties basses du corps; quand le soleil échauffe la tête de l’homme, le sang y afflue, mêlé d’humeurs, en telle abondance qu’il force les veines et engendre souvent des douleurs de tête. De même il est des veines qui vont se ramifiant dans tout le corps de la Terre, La
“ghaleur de la Terre répandue en tout ce corps continu, maintient l’eau élevée dans ses veines jusqu'aux plus hautes cîmes des montagnes. L'eau que contient un conduit
Le gaie
muré, creusé dans le corps de la montagne, sera comme une chose morte. Elle ne s’élèvera pas du tout parce qu’elle n’est pas échauffée par la chaleur vitale de la première veine. La chaleur de l’élément du feu et le jour, la chaleur du soleil ont la puissance de la réveiller. »