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DIGESTION & ABSORPTION

Pas plus dans l'étude des phénomènes de la digestion et de l'absorption que dans celle de la circulation, Léonard n'apporte aucune théorie nouvelle, aucune expérience originale qui, à ce point de vue, le mette sensiblement au-dessus de la science du XV® siècle. Mais sil ne nous à pas laissé de théorie chimique sur ladigestion, il a fait en revanche de fort justes remarques sur certains de ses phénomènes mécaniques.

Mastication. — Léonard explique excellemment que la fonction des dents est en rapport avec leur forme et que la puissance de chacune d’elles est en raison inverse de sa distance avec les articulations temporo-maxillaires.

Derrière le physiologiste il y a toujours l'ingénieur qui a écrit un traité de mécanique, et celui-ci est heureux de noter ici une application de plus du principe du levier, ce qui est parfaitement juste et peut-être un peu trop perdu de vue aujourd’hui dans l’étude de la mastication.

« Les dents, ajoute-t-il, ont leur pointe d'autant plus obtuse qu’elles sont mues par une plus grande puissance, cette puissance étant d'autant plus grande qu’elles sont plus rapprochées du centre du mouvement. »

Déglutition (Anat. A. Fol. 3.) — Le Vinci en étudie le temps pharyngien qui est le plus complexe. Plusieurs fois il revient à l'étude du pharynx qu'il considère comme un carrefour où se trouvent les voies aériennes et

digestives et où concourent plusieurs sens. Dans deux

ou trois figures, il nous montre comment, après avoir fait élever le voile du palais, € une bouchée finit de fermer la languette (épiglotte) sur l’ouverture par où . l'air entre dans les poumons », et pourquoi on ne peut avaler et respirer ou émettre un son en même temps

Le temps œsophagien de la déglutition se ferait surtout sous l’influence de la pesanteur et aussi peut-être de lä contration de ce conduit musculeux.

« Le nerf vague, commande au muscle portier de l'estomac » et les aliments, en le franchissant sans le concours de la volonté, pénètrent dans l’estomac.

Digestion stomacale et intestinale. — Léonard a souvent dessiné l'estomac dans ses croquis anatomi-

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ques, mais dans ses notes il parle bien peu de son rôle. Il ne le considère probablement que comme une large poche destinée à recevoir la masse alimentaire, puis à la diriger, par ses contractions automatiques, vers l’intestin.

Remarquons en passant que Léonard attribue à la rate le rôle de nourrir l'estomac.

€ On ne peut enlever la rate car ses veines nourrissent l’estomac. » (Anat. B. 13).

Nous allons voir qu'il accepte une opinion erronée d’Aristote au sujet de l'absorption; il ne connut pas le rôle chimique de l'intestin et en général des glandes du tube digestif. Ici, comme dans beaucoup d’autres cas,

Cest le côté mécanique qu’il étudie — et d’ailleurs presque toujours avec la même justesse — dans les phénomènes physiologiques. :

Chez l'homme et chez les animaux, la longueur de l'intestin a été prévue par la Nature, de telle façon que la substance nutritive des aliments ait largement le temps de passer dans le sang (Anat. A.)

« Les mouvements vermiculaires » des anses sont automatiques et ont tendance à en chasser le contenu vers le bas. AE

Détail amusant: Pour notre savant, la valvule iléocœcale «du colon est une partie du eul de sac apte à se restreindre et à se dilater, afin que le vent excessif ne rompe ce cul de sac. »

Défécation. — C'est un phénomène mécanique. Ne

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