‹ Léonard de Vinci PhysiologisteChapitre 15 sur 36 · LAON · texte numérisé non relu

LAON

cet endroit qui leur fait place, lequel serait le diaphragme. Mais si ce poumon reste tout plein d’air et que tu ne lui donnes pas d’exhalaison (par la bouche), par en haut, alors le diaphragme reste tendu et dur et il résiste au soulèvement des intestins, pressés par les muscles transversaux, de façon que par nécessité, les intestins débarrassent par le rectum une grande partie de la superfluité qui se renferme en eux.

Les muscles transversaux pressent les intestins mais non pas les longitudinaux, car s’il en était ainsi, l’homme qui se tient penché et qui relâche ces muscles, n'aurait pas la force de faire l'office de presser; mais les transversaux ne se relâchent jamais quand l’homme se penche, mais plutôt ils se tendent. »

Absorption. — Voici à peu près la théorie du Moyen- Age, renouvelée d’Aristote et acceptée par le Vinci: Procédant par analogie (Anat. B. 11), Léonard compare le cœur au noyau germe de la plante et pour faciliter la comparaison, il dessine deux figures fort semblables : l’une est une plante sortant du noyau générateur, avec sa tige qui va se subdivisant en haut et ses racines qui descendent, se ramifiant elles aussi dans le sol pour y puiser la nourriture; l’autre représente un cœur qui donne naissance a une tige veineuse qui se subdivise elle aussi en mille veinules, et aussi à une autre tige veineuse qui, dirigée en bas, va, se ramifiant vers l'intestin pour y prendre la substance alimentaire.

Ainsi donc « toutes les veines naissent du cœur, comme Ts racines et le corps des plantes naïssent du noyau. » (Anat. B. 11).

et

« La substance nutritive des aliments est suçée par la

substance de ces boyaux et transportée dans les veines mésa-

raïques. »

« Dans le mésentère sont plantées les racines de toutes les veines qui s'unissent à la pointe du foie et purgent ce sang dans ce foie; puis le sang entre dans la veine du chyle (veine cave inférieure) et cette veine va au cœur, et elle fait le sang plus noble, lequel pénètre dans les artères devenu sang spirituel, » (Anat, B.3)

« Le foie est le distributeur et le dispensateur de l’aliment vital à l’homme. Le fiel est le domestique ou serviteur du foie, qui balaie et nettoie toutes les immondices et superfluités restées après l’aliment distribué dans les membres par le foie. » Ibid.

Ainsi donc, les veines mésaraïques sont comme Jes

racines qui vont chercher dans les paroïs de l’intestin la substance alimentaire que celles-ci ont absorbé; le foie est l’entrepôt de la matière absorbée et la fait passer dans le sang, lequel par le cœur et les veines, irait la porter jusqu'aux organes, de même que la sève qui passe par la tige de la plante va se distribuer jusqu'aux branches et aux feuilles.

Jusqu'ici, la théorie n’est pas mauvaise; elle est même très acceptable. Maïs voici où elle se complique:

Le rôle des veines mésaraïques serait plus complexe que celui des racines. Non seulement elles emportent la substance nutritive de l’intestin vers le foie, mais encore elles apportent à l’intestin les déchets de la nourriture que l'organisme a déjà reçu par elles.

« La nourriture est attirée de la corruption de l'aliment

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