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l’âme que la mimique; les jeux de physionomie sont le reflet de la pensée intérieure. Aussi Léonard a-til poussé très loin l’étude du mécanisme de l'expression du visage.
Plusieurs fois, dans son traité de peinture, il recommande d’observer les gens qui se croient à l’abri de regard et il signale en particulier l'intérêt, pour le peintre, de la mimique expressive des muets : lui-même, raconte Vasari, aimait se rendre au marché de Florence pour y observer la physionomie des paysans.
Souvent il insiste pour que ses élèves recherchent bien ces muscles de l’expression, comme il l’a fait avant eux, dans ses dissections. Les manuscrits de Windsor comprennent de splendides planches sur les muscles de la face, si bien dessinées et si exactes qu’on les pren- drait volontiers pour des figures d’un moderne traité d'anatomie, I1 y montre les muscles de la colère, de la douleur, de l’étonnement, du rire, du dédain, etc.
I1 connaît parfaitement la musculature des lèvres et il explique que l’abondance des muscles de la lèvre est en raison de la diversité de sa fonction; à chaque . mouvement correspond un muscle spécial : l'orbiculaire des lèvres, l’abaisseur de la lèvre inférieure, l’élévateur de l’angle supérieur (zygomatique), le buecinateur, etc. ont chacun une action spéciale. Il arrive même parfois au Vinci de donner aux muscles de la face, au lieu de leur nom anatomique, le nom de l’expression qu’ils “onnent par leur contraction. ( N c’est le muscle de la colère, P c’est le muscle de la douleur, G et C les muscles pour mordre, ete. » (Anat. W. D.) |
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« Jusque dans ses caricatures, Léonard s’est occupé de physiologie. I1 semble avoir prévu les expériences de Duchesne de Boulogne. Plusieurs siècles avant lui il a compris que si un même sentiment provoque toujours la même expression du visage par la contraction d’un ou plusieurs muscles, bien déterminés, réciproquement fa contraction de ces mêmes muscles doit donner tout de suite à l’observateur l'impression du sentiment qui leur correspond. Et tandis que Duchenne est arrivé à connaître les muscles de l'expression à l’aide de la pile électrique, Léonard y est parvenu par la caricature, en exagérant tel trait, en forçant telle grimace, en grossissant telle déformation musculaire du visage, (H. Verdier, in Œsculape.) Fc
Mécanique animale. — Les différentes pièces du squelette sont mues par la contraction des muscles et le Vinci nous montre comment les os représentent des leviers appartenant aux trois catégories définies en mécanique.
« Fais en sorte que le livre des éléments de mécanique précède la démonstration du mouvement et de la force de ‘’homme ,et au moyen de ces éléments, tu pourras prouver toutes tes propositions. » « Après la démonstration de toutes les parties des membres de l’homme on représentera comment ces membres agissent pour se lever étant couché, aller, courir, sauter, sous différents aspects, soulever et porter de grands poids, jeter des objets loin de soi et nager, et ainsi dans chaque action, de montrer quels membres et quels muscles causent les dites opérations. » (Apat. IL).
Il nous démontre pourquoi, chez le singe, la flexion de l’avant-bras sur le bras est plus puissante que chez l’homme. C’est parce que dans ce mouvement de levier