LUE
grossiers, de mauvaises mœurs et de peu de discours méritent un si bel instrument ni tant de variété du mécanisme que les hommes spéculatifs et de grand dis-. cours, mais seulement un sac, où la nourriture se reçoive et d’où elle sorte, car vraiment on ne peut les juger autrement qu'un conduit de nourriture, car il ne me semble pas qu'ils participent en rien de l’espèce humaine, autrement que par la voix et la figure, et tout le reste est bien moins que la bête. »'
Rien n’est plus intéressant que cette étude par un génie supérieur de la physiologie humaine dont il a essayé de pénétrer tous les secrets: et je pourrais dire que c'est surtout dans ses études des réalités scientifiques, en apparence les-plus banales, qu'on sent le mieux son ardente curiosité, son désir impérieux de savoir en même temps que son amour pour la Beauté.
J'ai pensé que pour étudier clairement l’œuvre physiologique du Vinci, la meilleure manière était de suivre un ordre logique: l’ordre qu'ont suivi les auteurs qui ont écrit les traités de physiologie: respiration, circulation, digestion, nutrition, etc..
Ses idées et ses expériences sur la physiologie, Léonard les « semées partout au hasard dans ses manuscrits qui, par bien des côtés, rappellent ceux de Pascal. Il avait coutume de porter constamment sur lui des carnets dans lequels il dessinait ou écrivait: il y jetait de son écriture mystérieuse, sans ordre et au caprice de sa pensée, ses observations, ses croquis, ses réflexions; et c'est dans le « sublime et effrayant
Poe
pêle-mêle » de ces feuillets, véritable encyclopédie humaine, où ü traitait de toutes les sciences et qui forment actuellement ses 40 manuscrits connus, qu’il faut rechercher une à une ses notes de physiologie pour tâcher d’en avoir une idée d'ensemble.