SCÈNE IV
IIERBILLON, MARCOL.
HERBILLON, saluant.
Monsieur... vous ôles...
MARCOL.
La personne qu'hier, vous avez fait prier de passer chez vous.
Ah!... fort bien, monsieur... Vous connaissez déjà sans doute l’affaire pour laquelle j’ai réclamé vos soins... et que j’ai expliquée'...
MARCOL.
Parfaitement... une traite fausse qu'on a présentée à votre caisse.
HERBILLON
C’est cela, une traite de Pondichéry, et dont la signature est si parfaitement imitée, que je n'en aurais jamais soupçonné la coupable origine, .sans l’arrivée fortuite, à Paris, de mon correspondant de Pondichéry... Depuis plus de huit mois, aucune traite n’avait été tirée par sa maison sur la mienne... J’étais résigné à passer celte somme par profits et perles, lorsqu’hier,
(ifi I.ÉONAÏUV
un hommo, le même, sans douie, afîriandé par le succès de sa première fraude, est venu présenter un second mandat portant les mêmes signatures... Par bonheur... l'heure était avancée, le guichet fermé... et mon nouveau caissier, qui n'avait aucune connaissance des précédents, remit à ce matin le paiement de cet effet... Je portai donc ma plainte... et si cet homme revient...
■MAUCOI..
11 n’a pu concevoir aucun soupçon ?...
HEllBILLON.
Aucun... l'heure tardive à laquelle il s'est présenté est la seule cause de la remise.
MARCOt,.
Alors... 'il reviendra... et... ou je me trompe fort, ou votre faussaire... cette fois... se présentera dès l’ouveilure de tos bureaux... Prenez donc place à votre caisse, vaquez à vos occupations, absolument comme si je n'étais pas ici... Quant à moi, je m’installe à ce bureau... je suis voire commis... vous faites vos paiements comme d'habitude, et si riiommeen question se présente, dés qu'il vous aura passé la traite par* le guichet... ne dites que ceci : « Pondichéry... on va vous payer. » Je me lève, et le reste me regarde.
HERBILLüN.
Mais... monsieur, vous êtes seul...
MABCOI..
Non, monsieur... avec moi-., j’ai la loi!...
HERBII.LON, tirant sa montre.
Dix heures passées... on peut venir...
MARCOt-
A VOS affaires, monsieur... et moi... à mon devoir. (Herhillon entre dans la caisse, dont il reernie la porte, et s'ins’alle h un bureau deviint le guichet ; Marcol s’installe au bureau de gauctie, et feint de travailler en compulsant des registres.)
TAHI.KAl IV