APERÇU TECHNIQUE
Notre rôle de cicérone est achevé. On ne nous en voudra peut-être pas si, nous autorisant d'une pratique de plus de vingt ans dans Fart de l'émail peint, nous effleurons, en terminant, la question de métier.
La manière dont se fait un émail est à peu près inconnue des amateurs, même de ceux qui apprécient le plus ce genre d'objets d'art. Nous allons tâcher de leur fournir, aussi succinctement que possible, quelques nolions techniques élémentaires qui permettront de se faire une idée des procédés tout spéciaux de la peinture en émail, et des difficultés qu'offre la réussite de ces travaux délicats, soumis obligatoirement à des chances redoutables de destruction, pendant chaque passage au feu.
Chimiquement parlant, l'émail est un verre, composé d'acide silicique, de borate de soude, de minium et de nitre, dans des proportions variables. La combinaison de ces diverses substances forme ce que l'on appelle le fondant, verre incolore, qui est la base de tous les autres émaux. 11 dissout, en effet, à une température suffisante, les oxydes métalliques de cobalt, de fer, de cuivre, de manganèse, etc , qui lui communiquent ces belles colorations translucides.
Ceci posé, mettons-nous à l'œuvre sans plus tarder.
Nous nous sommes procuré déjà de bon cuivre rouge, pur, dit cuivre rosette, en feuilles finement laminées. Nous commençons par y découper la plaque, dans la forme et dans les