‹ Leonard Limosin, peintre de portraitsChapitre 67 sur 331 · DIANE DE POITIERS · texte numérisé non relu

DIANE DE POITIERS

li n'est pas sans intérêt, croyons-nous, de rapprocher la reproduction de ce tableau de Jean Cousin, de l'émail de Léonard Limosin, possédé par le Louvre et représentant Venus et l'Amour (n° D, 328), reproduit dans VHistoire des arts industriels au moyen âge et à l'époque de la Renaissance, de M. Jules Labarle, en tête du chapitre 111, émaux peints, et dans la collection des photographies de M. Giraudon.

Evidemment Léonard n'a pas copié servilement Jean Cousin, mais nous savons quelle liberté il gardait toujours dans ses copies ou interprétations. Etant admis qu'il a été peu créateur, nous supposerions assez volontiers qu'il a connu le tableau de Jean Cousin et s'en est inspiré dans son émail. Il a dû exister des relations constantes et peut-être très étroites entre les deux artistes; ils étaient, sans doute, logés au Louvre. Leur talent à tous deux est bien français et Léonard traduisait au moins sûrement Etienne de Laulne, qui gravait lui-même d'après Jean Cousin,

Quelques preuves sur 5e\n Coissm, peùiti'e, sculpteur, géomètre et graveur, par J. LOBET. Paris, Renouard, 1881, in-S".

D. — P. 47. — Le dessin de Limosin se ressent beaucoup de l'influence de l'école de Fontainebleau, surtout dans l'émail où Diane de Poitiers est représentée sous les traits de Vénus. Diane est appuyée sur un jeune amour qui la tient embrassée, elle est couchée entièrement nue sur une draperie bleue rehaussée d'or, qui est étendue sur l'herbe.

Histoire du portrait en France, par Marquet de Vasselot. Paris, 1880, in-8°. Chapitre m, Du portrait dans Vémaillerie.

E. — P. 253. — III. Vénus et l'Amour, par Léonard Limousin. (Émaux. Musée du Louvre, n° 242.)

Cette plaque est un des plus parfaits ouvrages du célèbre émailliste. On y voit représentée une jeune femme nue, étendue sur le gazon et enlacée dans les bras d'un amour ; elle n'a d'aulres vêtements qu'une résille d'or qui retient ses cheveux ; c'est la même figure avec la même résille que la Vénus de l'assemblée des Dieux.

S'il n'y a pas là une ressemblance absolue avec les autres portraits que l'on connaît de Diane, il faut tenir compte des difficultés qu'un pareil travail présente toujours sous ce rapport. Si l'on trouve, enfin, que la figure est trop jeune pour être celle de la duchesse, qui avait alors cinquante-cinq ans, car l'émail est daté de 1555, il ne faut pas oublier cette réputation d'éternelle jeunesse que Diane avait acquise à la cour, et surtout dans l'esprit du roi ; et l'arliste se serait bien gardé de rien faire contre cette illusion.

Léonard fabriquait, à cette même époque, le plat destiné au

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