SCENE II
VALBORG, SANN^SS
Valborg va vers la fenêtre de la véranda, s'arrête et regarde. Sa robe est de la même couleur que les rideaux, et elle est un peu cachée par les fleurs et la statue.
Sanntess entre par la gauche, portant une sacoche et une couverture de voyage, qu'il pose sur une chaise, près de la porte; en se retournant, il aperçoit le bouquet à terre.
SANN.ESS. — Lui, là! L'a-t-elle perdu, ou l'a-t-elle jeté?
(Il prend le bouquet, l'embrasse et veut l'emporter.)
VALBORG, se montrant. — Laissez-le là!
SANN.ESS, le laisse tomber. — Vous, ici ! je ne vous avais pas vue, je...
VALBORG. — Mais je ne vois que trop ce que vous voulez, moi! Comment osez-vous me poursuivre ainsi de vos bouquets et de vos mains. {Il les cache derrière /i«'.) Comment avez-vousosé lever les yeux jusqu'à moi, et de la sorte... et me faire ainsi la risée de toute la maison, et de toute la ville?
SANN.KSS. — Moi... Moi... Moi...?
VALBORG. — Et moi donc? Et ma réputation? Et mon nom? Vous comptez tout cela pour rien? Faites-y attention; vous vous ferez chasser d'ici comme un valet, monsieur Sannœss, si vous n'y prenez garde ! Allons, sortez avant qu'on ne rentre.
(Sannaess se retourne, et sort parla gauche, en tenant ses mains devant lui,)