‹ Leonarda; préface de Maurice Bigeon. Une faillite; lettre-préface d'Ernest Tissot. Traduction d'Auguste MonnierChapitre 31 sur 52 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TI^LDE (seul). Puis Madame TI^LDE

Ti^LDE, seul, assis près de la porte. H reste là longtemps, immobile, puis il se lève tout d'un coup en sursaut. — ... Par où commencer?... Après ma femme, ce sera mes enfants, puis mes ouvriers... et puis les autres... tous! Oh ! si je pouvais partir, disparaître! Mais la justice?... Oh! si je pouvais avoir de l'air seulement !

(Il va à la fenêtre, à droite.)

! Quelle belle journée!... Mais, pour moi?... {H owvre la fenêtre.) Mon cheval ! {Il se détourne.) Non, je n'ai pas la force de le regarder!... Mais pourquoi est-il sellé?... Ah 1 oui, j'oubliais ! Aus-

sitôt mon entretien avec Bérent, je devais allermais maintenant, tout est fini ! ^

(Il se promène, songeur, puis, tout a coup. Oui ... avec le cheval, je puis atteindre le por avant que le bateau ne parte pour l'étranger^(/^ regarde sa montre.) H est encore temps 1... Om mais derrière moi!... Tiens! qui est-ce qui vient.

MADAME Ti^LD., entrant.- Tu m'as fait appeler ? |

TI.ELDE. -Oui, tu étais chez toi? I

MADAME Ti^LDE. - Je me reposais. ^

TLELDE.- Ah!... tu dormais; et je t'aurai éveil- ^

lée .. ^

MADAME TLELDE. - Nou, je ne dormais pas, je... |

(Elle est arrivée sur le devant de la scène.) |

TiELDE.- Tu ne dormais pas?... Est-ce que tu |

aurais... ?(ip«H.) Je n'ose lui demander... |^

nn'p«;t-pp aue tu voulais? ,i

MADAME TliELDE. — «JU eSl Ce que

™E.-Jevoudrais,je...qae...(/^.o^...'.^| regarde le revolver.) Tu t'étonnes que... ,, aie , sorti mon revolver, n'est-ce pas?... C'est que je... ,.

c'est qu'il faut que je parte, et... \^

MADAME T^LDE, sappuyant au bureau. -^^

dois partir?...

t,.™e. - oui.. Jl.Bérenl son d'ici... lu U^

peul-élre entendu ? (Elle ne répond pas.) Ques

lions d'affaires ! Il faut que je parte de suite à l'étranger.

MADAME Ti.KLDE, faiblement . — A l'étranger?...

TLELDE. — Oh ! seulement pour quelques jours!.., aussi, rien que mon sac de voyage, avec de quoi changer, et deux chemises. Mais il faut que je les aie de suite.

MADAME Ti.ELDE. — Je ne crois pas que ton sac ait encore été défait aujourd'hui.

Ti.ELDE. — Tant mieux !... Veux-tu aller me le chercher?

MADAME TLELDE. — Tu pars?... Maintenant?... Tout de suite ?

TLELDE. — Oui, par le premier bateau pour l'étranger.

MADAME tij:lde. — Tu n'as pas de temps à perdre.

TLELDE. — Tu n'as pas l'air bien ?

MADAME TLELDE. — Non... cc n'est rien.

TLELDE. — Toujours ta sciatique, sans doute?

MADAME TLELDE. — Oui... Ce n'cst rien! Je vais te chercher ton sac.

TLELDE, l'accompagne jusqu'à Vescalier. — Tu n'es pas bien... mais, va, patience, ça ira mieux.

. MADAME TLELDE. — Si toi, Seulement, lu allais mieux !...

Ti^LDE. — Bah ! chacun a ses ennuis ! Que veuxtu y faire?

MADAME Ti^LDE. — Si nous étions deux pour les supporter?

Ti^LDE. — Les miens, tu ne les comprendrais pas; quant aux tiens, je n'ai même pas pu...

MADAME TLELDE. — Oh !... non... laisse. ..

(Elle monte l'escalier.)

Ti^LDE. — Veux-tu que je t'aide?

MADAME TLELDE. — Non, merci.

jj Ti^LDE. — Soupçonne-t-elle quelque chose?... li

Elle est toujours ainsi. Elle m'ôte tout courage, ji

Mais il n'y a pas d'autres moyens, allons ! Voyons ; . ',\

d'abord, de l'argent ? Je trouverai bien encore \*

quelques louis là dedans ! (Il va à son bureau et \\

ouvre le tiroir, compte quelques pièces, lève la :\

tète, et aperçoit sa femme qui s'est assise sur la i>j

dernière marche de l'escalier.) Tu es encore là,

chère amie? Tu t'es assise ?

MADAME Ti^LDE. — Je ne sais pas, je n'étais pas bien, mais... ça va mieux, j'y vais!

(Elle se relève et entre dans la chambre.)

TiiELDE. — Pauvre femme ! Elle est usée ! {Il se remet à compter.) Non... 5, 6, 7, 8, 10... Ce n'est pas assez. Il me faut plus que cela. (Il cherche.)

rat- FAILLITE 2JJ,

Bah ! si je n'ai pas assez, j'ai ma montre et ma chame... 18,20,24...II„Ve„apl„s... Ohtily « encore du papier ! J'aurais dû y penser d'abord. (prend les papier, et les met sur te tn,reau.) Ohlcestaen devenir fou !... Est-ce quelle ne revjent pas?... C'était tout prêt. Comme elle va souffnr quand elle saura!... Moins, pourtant, si je su,s parti ! Les gens seront plus indulgents pour ellee pour les enfant,,... oui... mes enfants!... ; ;,'' ^""^ 'i"" i« P'rte, que je m'en aille, il le ■ tau ... Moi, là-bas ou ici, qu'importe ! Mais eux.. Oh ! la voilà ! (Ifaut.) Veux-tu que je t'aide à descendre ?

MADAME TLELDE. - Non, merci. Veux-tu prendre ton sac?

TLELDE, pr«o( lesae. M"' TMde descend lente-

««.(.- Tiens! Mais... il me parait plus lourd que ce matin !

MADAME TLELDE. — Vraiment ?

TLELDE. - Je n'ai que quelques papiers à v «mettre (// va vers le Mcreau, met Vargenl dans sa poche et les papiers dans la valise.) Mais ma chère, il y a de l'argent dans la valise !

MADAME TLELDE. -Oui... un peu. G'estceque " m as donné de temps en temps ; j'ai pensé que lu pourrais en avoir besoin...

TLELDE. - Mais il y a beaucoup d'argent.

MADAME TLELDE, sowrmn^.- Sais-tu seulement ce que tu m'as donné?

TLELDE, àparl. - Elle sait tout!... Oh !... Anna (Il lui tend les bras.)

MADAME Ti.ELDE. — Henning !

(Ils se tiennent embrassés et pleurent. — Silence.)

MADAME TiiELDE. -^ Dois-je euvover chercher les enfants?

TI.ELDE.- Non,... ne leur dis rien... plus tard! j (Ils s'embrassent de nouveau.) r

Ti.ELDE, prenant le sac. - Mets-toi à la fenêtre || pour que je puisse te voir en montant à cheval. U {Il ferme le sac, va pour sortir et s'arrête.) Anna ! |<

MADAME TLELDE. — Henuing?

TLELDE. —Dis-moi que tu me pardonnes?...

MADAME TIJÎLDE. — Tout, tOut !

TLELDE, va pour sortir, et rencontre le garçon de ^

courses du bureau, qui entre avec une lettre.) - n

DeBérent?... |;

(Il ouvre la lettre, la lit, revient sur le devant de la L

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