SCÈNE PREMIÈRE
TI^LDE (seul). Puis Madame TI^LDE
Ti^LDE, seul, assis près de la porte. H reste là longtemps, immobile, puis il se lève tout d'un coup en sursaut. — ... Par où commencer?... Après ma femme, ce sera mes enfants, puis mes ouvriers... et puis les autres... tous! Oh ! si je pouvais partir, disparaître! Mais la justice?... Oh! si je pouvais avoir de l'air seulement !
(Il va à la fenêtre, à droite.)
! Quelle belle journée!... Mais, pour moi?... {H owvre la fenêtre.) Mon cheval ! {Il se détourne.) Non, je n'ai pas la force de le regarder!... Mais pourquoi est-il sellé?... Ah 1 oui, j'oubliais ! Aus-
sitôt mon entretien avec Bérent, je devais allermais maintenant, tout est fini ! ^
(Il se promène, songeur, puis, tout a coup. Oui ... avec le cheval, je puis atteindre le por avant que le bateau ne parte pour l'étranger^(/^ regarde sa montre.) H est encore temps 1... Om mais derrière moi!... Tiens! qui est-ce qui vient.
MADAME Ti^LD., entrant.- Tu m'as fait appeler ? |
TI.ELDE. -Oui, tu étais chez toi? I
MADAME Ti^LDE. - Je me reposais. ^
TLELDE.- Ah!... tu dormais; et je t'aurai éveil- ^
lée .. ^
MADAME TLELDE. - Nou, je ne dormais pas, je... |
(Elle est arrivée sur le devant de la scène.) |
TiELDE.- Tu ne dormais pas?... Est-ce que tu |
aurais... ?(ip«H.) Je n'ose lui demander... |^
nn'p«;t-pp aue tu voulais? ,i
MADAME TliELDE. — «JU eSl Ce que
™E.-Jevoudrais,je...qae...(/^.o^...'.^| regarde le revolver.) Tu t'étonnes que... ,, aie , sorti mon revolver, n'est-ce pas?... C'est que je... ,.
c'est qu'il faut que je parte, et... \^
MADAME T^LDE, sappuyant au bureau. -^^
dois partir?...
t,.™e. - oui.. Jl.Bérenl son d'ici... lu U^
peul-élre entendu ? (Elle ne répond pas.) Ques
lions d'affaires ! Il faut que je parte de suite à l'étranger.
MADAME Ti.KLDE, faiblement . — A l'étranger?...
TLELDE. — Oh ! seulement pour quelques jours!.., aussi, rien que mon sac de voyage, avec de quoi changer, et deux chemises. Mais il faut que je les aie de suite.
MADAME Ti.ELDE. — Je ne crois pas que ton sac ait encore été défait aujourd'hui.
Ti.ELDE. — Tant mieux !... Veux-tu aller me le chercher?
MADAME TLELDE. — Tu pars?... Maintenant?... Tout de suite ?
TLELDE. — Oui, par le premier bateau pour l'étranger.
MADAME tij:lde. — Tu n'as pas de temps à perdre.
TLELDE. — Tu n'as pas l'air bien ?
MADAME TLELDE. — Non... cc n'est rien.
TLELDE. — Toujours ta sciatique, sans doute?
MADAME TLELDE. — Oui... Ce n'cst rien! Je vais te chercher ton sac.
TLELDE, l'accompagne jusqu'à Vescalier. — Tu n'es pas bien... mais, va, patience, ça ira mieux.
. MADAME TLELDE. — Si toi, Seulement, lu allais mieux !...
Ti^LDE. — Bah ! chacun a ses ennuis ! Que veuxtu y faire?
MADAME Ti^LDE. — Si nous étions deux pour les supporter?
Ti^LDE. — Les miens, tu ne les comprendrais pas; quant aux tiens, je n'ai même pas pu...
MADAME TLELDE. — Oh !... non... laisse. ..
(Elle monte l'escalier.)
Ti^LDE. — Veux-tu que je t'aide?
MADAME TLELDE. — Non, merci.
jj Ti^LDE. — Soupçonne-t-elle quelque chose?... li
Elle est toujours ainsi. Elle m'ôte tout courage, ji
Mais il n'y a pas d'autres moyens, allons ! Voyons ; . ',\
d'abord, de l'argent ? Je trouverai bien encore \*
quelques louis là dedans ! (Il va à son bureau et \\
ouvre le tiroir, compte quelques pièces, lève la :\
tète, et aperçoit sa femme qui s'est assise sur la i>j
dernière marche de l'escalier.) Tu es encore là,
chère amie? Tu t'es assise ?
MADAME Ti^LDE. — Je ne sais pas, je n'étais pas bien, mais... ça va mieux, j'y vais!
(Elle se relève et entre dans la chambre.)
TiiELDE. — Pauvre femme ! Elle est usée ! {Il se remet à compter.) Non... 5, 6, 7, 8, 10... Ce n'est pas assez. Il me faut plus que cela. (Il cherche.)
rat- FAILLITE 2JJ,
Bah ! si je n'ai pas assez, j'ai ma montre et ma chame... 18,20,24...II„Ve„apl„s... Ohtily « encore du papier ! J'aurais dû y penser d'abord. (prend les papier, et les met sur te tn,reau.) Ohlcestaen devenir fou !... Est-ce quelle ne revjent pas?... C'était tout prêt. Comme elle va souffnr quand elle saura!... Moins, pourtant, si je su,s parti ! Les gens seront plus indulgents pour ellee pour les enfant,,... oui... mes enfants!... ; ;,'' ^""^ 'i"" i« P'rte, que je m'en aille, il le ■ tau ... Moi, là-bas ou ici, qu'importe ! Mais eux.. Oh ! la voilà ! (Ifaut.) Veux-tu que je t'aide à descendre ?
MADAME TLELDE. - Non, merci. Veux-tu prendre ton sac?
TLELDE, pr«o( lesae. M"' TMde descend lente-
««.(.- Tiens! Mais... il me parait plus lourd que ce matin !
MADAME TLELDE. — Vraiment ?
TLELDE. - Je n'ai que quelques papiers à v «mettre (// va vers le Mcreau, met Vargenl dans sa poche et les papiers dans la valise.) Mais ma chère, il y a de l'argent dans la valise !
MADAME TLELDE. -Oui... un peu. G'estceque " m as donné de temps en temps ; j'ai pensé que lu pourrais en avoir besoin...
TLELDE. - Mais il y a beaucoup d'argent.
MADAME TLELDE, sowrmn^.- Sais-tu seulement ce que tu m'as donné?
TLELDE, àparl. - Elle sait tout!... Oh !... Anna (Il lui tend les bras.)
MADAME Ti.ELDE. — Henning !
(Ils se tiennent embrassés et pleurent. — Silence.)
MADAME TiiELDE. -^ Dois-je euvover chercher les enfants?
TI.ELDE.- Non,... ne leur dis rien... plus tard! j (Ils s'embrassent de nouveau.) r
Ti.ELDE, prenant le sac. - Mets-toi à la fenêtre || pour que je puisse te voir en montant à cheval. U {Il ferme le sac, va pour sortir et s'arrête.) Anna ! |<
MADAME TLELDE. — Henuing?
TLELDE. —Dis-moi que tu me pardonnes?...
MADAME TIJÎLDE. — Tout, tOut !
TLELDE, va pour sortir, et rencontre le garçon de ^
courses du bureau, qui entre avec une lettre.) - n
DeBérent?... |;
(Il ouvre la lettre, la lit, revient sur le devant de la L