scène et la relit tout haut.) j
« En sortant de chez vous, j'ai vu un cheval |^ sellé. Pour éviter tout malentendu, je me permets ||
de vous prévenir que la police surveille voire maison.
« Votre dévoué,
« BÉREM. »
MADAME TLELDE, &' appiiij aiit ciu bureau. —Tu ne peux pas partir?
TLELDE. — Non !
(Silence. Il dépose le sac et s'essuie le front.)
MADAME TLELDE. — Henning! Prions ensemble.
TLELDE. — Que veux-tu dire?
MADAME TLELDE. — Oui, prions Dieu qu'il nous
aide!
(Elle éclate en sanglots. Ti;ûlde se tait.)
MADAME TLELDE. — Vieus, Henning! {EUp tombe à genoux.) Tu vois bien que toute ta science n'y peut rien.
TLELDE. — Mais je sais que cela non plus ne sert de rien.
MADAME TLELDE. — Oh! cssave ! Une fois! une seule ! {Tiœlde hésite.) Tu n'as jamais voulu ! Tu ne nous as jamais parlé! Tu n'as jamais prié; jamais tu net'es confié à personne !
TLELDE. — Tais-toi!
MADAME TLELDE. — Mais ce que tu cactiais le jour, tu le disais la nuit ! Nous autres hommes, il faut que nous parlions, vois-tu ! Mais je ne dor-
mais pas, el j'ai entendu tes cris. Maintenant, tu sais pourquoi je n'en puis plus ; pourquoi je n'ai plus de sommeil la nuit, plus de repos le jour. J'ai encore plus souffert que toi, va ! {Tiœlde sanglote, la tête dans ses mains. Elle se lève et va vers lui.) Tu as voulu fuir!... Quand les hommes nous abandonnent, nous n'avons plus que Lui, vois-tu!... Crois-tu que je vivrais, moi, sans cela?
TLELDE. — Je l'ai imploré, moi aussi... mais toujours en vain.
MADAME Ti/ELDE. — Henuing ! Henning !
Ti^LDE. — Pourquoi n'a-t-il pas béni mon travail et mes luttes? Pourquoi?... Peux-tu me le dire? Maintenant, c'est trop tard.
MADAME TIŒLDE. — Oh ! nous n'en sommes pas au bout !
TiiELDE, se lève. — Oui, le plus dur est encore à faire !
MADAME Ti^LDK. — Parce que le mal est en nous, Hennins.
(Silence.)