‹ Leonarda; préface de Maurice Bigeon. Une faillite; lettre-préface d'Ernest Tissot. Traduction d'Auguste MonnierChapitre 35 sur 52 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les PRÉciiDENTS. L'AD.MIMSTRATKUR. LES TÉMOLNS.

SANN.ESS.

l'administrateur, derrière Tiœlde. — Pardon, mais les papiers et les livres...

TLELDE, effrayé., via vers la cheminée., oit il reste apfuyé.

.lACORSEN, bas à Tiœlde. — Voleur !

(Ti;el(le va s'asseoir sur uiir chaise, près do la porte, cachant son visage clans ses mains.)

MADAME Ti.ELDE sc lève et bas. — Jacobsen ! Jacobsen !... {Jacobsen s'approche.) Vous savez bien qu'il n'a jamais trompé volontairement personne. Il n'a jamais été ce que vous dites, et ne le sera

jamais.

(Elle s'assied.)

JACOBSEN. — Pour vous, ma bonne dame, vous savez si je vous estime ; mais si lui n'est pas un menteur et un voleur, je n'y connais plus rien.

MADAME TiiELDE,se caclw le visage, et tombe sur

une chaise.)

(Silence.)

(On entend au loin comme un murmure confus de voix. L'administrateur et les témoins arrêtent leurs écritures.)

MADAME tli:lde, cruintive. — Qu'est-ce qu'il y a?

(Sannaess et l'administrateur vont à la deuxième fenêtre, Jacobsen à la première.)

JACOBSEN. — Ce sont les ouvriers du chantier, de la brasserie et de la fabrique. Tout travail est arrêté jusqu'à nouvel ordre; mais c'est jour de paie, et ils n'ont pas reçu leur argent.

(L'administrateur reprend son travail.)

TLELDE, se lève. — C'est vrai, j'avais oublié cela!

JACOBSEN, à Tiœlde. — Oui, va donc leur parler maintenant, et ils te diront qui tu es.

Ti^LDE, bas, lui montrant son sac de voyage. — Voici de quoi les payer. Mais il n'y a que de l'or et des billets ; va à la ville les changer, et paieles.

MADAME TLELDE, bas. — Oh ! Oui, faites cela, Jacobsen.

JACOBSEN, de même. — Si c'est vous qui me le demandez... dans ce cas... Alors... il y a de l'argent là dedans? {Il ouvre le sac.) Tiens, mais

c'est enveloppé. Ah! Il a aussi voulu partir! Et avec l'argent des autres encore 1... Et vous dites que ce n'est pas un voleur?...

MADAME titELde, bas. — Dépèchcz-vous ! Ou sans cela ils vont venir.

JACOBSEN, de même. — J'y cours.

l'administrateur. — Pardon, mais rien ici ne doit être emporté sans être inventorié.

JACOBSEN. — C'est jour de paie aujourd'hui, et c'est l'argent.

madame tlelde. — Jacobsen est caissier: il est responrable.

l'administrateur. — Alors, c'est différent. Jacobsen est un honnête homme.

JACOBSEN, à M^^ Tiselde. — Vous avez entendu ! Lui aussi m'a appelé un honnête homme ! Bientôt il n'y en aura plus un seul qui me le dira. {Il passe devant Tixlde.) Voleur ! Mais je reviendrai, va!

(Il sort.)

l'administrateur, qui a Vair d'avoir fini, s'approche de Tiselde. — Pardon, mais je désirerais avoir les clefs des chambres et des meubles.

madame tixlde. — La gouvernante va vous accompagner. Sannœss, voici la clef de l'armoire, vous y trouverez toutes les clefs.

(Sannaess prend la clef.)

l'administrateur, regarde la chaîne de montre de Tiœlde. — Ce qu'on a sur soi comme objet absolument nécessaire ne nous regarde pas; quant aux bijoux, je...

TLELDE, veut défaire sa chaîne.

l'administrateur. — Non, gardez-la; mais il faut qu'elle soit inscrite à l'inventaire.

TLELDE. — Oh ! Je n'y tiens pas.

l'administrateur . — Gomme vous voudrez . ( Tiœlde donne sa cha ine et sa montre à un témoin . ) Adieu !

(Signe et Hamar ont assisté à la scène derrière ia porte du bureau. L'administrateur et Sannapss veulent sortir par la droite.)

l'administrateur. — La porte est fermée! TLELDE, comme sortant d'un rêve. — Ali ! c'est vrai !

(II va l'ouvrir. — Les autres sortent.)

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