SCENE III
Les Précédents. VALBORG. SIGNE
SIGNE, qui a quitté son tablier de cuisine. — Oh! quel bonheur, père, quel bonheur!.,. Maman, Valborg vient de me dire la bonne nouvelle!... Eh bien! Sanneess? Tout est fini?... Enfin!... Mais, quoi!... Vous n'avez pas l'air content?...
VALBORG. — Mais qu'est-ce qu'il y a?
MADAME TiJîLDE. — C'est Sannfess qui veut nous
quitter, mes enfants!
(Silence.)
SIGNE, se retournant. — Mais, Sanna^ss!...
Ti^LDE. — Mais pourquoi ne nous as-tu pas touché un mot de cela,... depuis le temps?... Ou bien... Favais-tu dit à quelqu'un de nous, déjà?
MADAME TiiELDE, fait un Signe de tête.
SIGNE, de même. — Non.
SANN.ESS. — Mon Dieu, parce que... parce que... parce que je voulais partir aussitôt après vous lavoir dit! Autrement, c'aurait été trop dur, j^ voyez-vousj m
TLELDE. — Mais enfin,... il faut que tu aies une raison,... une raison sérieuse? Car, c'est bien une nécessité, n'est-ce pas, ce départ?... Une nécessité... indispensable?...
SANNJîss, se tait.
MADAME TLELDE. — Et VOUS ne pouvez pas nous la dire?
SANN.ESs, honteux. — Non.
(Silence.)
MADAME TLELDE. — C'est encore plus dur pour nous, Sannœss. Comment? Vous, qui saviez tout chez nous, vous, à qui nous n'avons jamais rien caché, vous avez pu nous garder ce secret?
SANN.ESS. — Ne me reprochez rien, madame!
Croyez que si je pouvais rester, je le ferais, et
que, si je pouvais vous dire pourquoi je pars, je
vous le dirais.
(Silence.)
SIGNE, bas à sa mère. — Peut-être veut-il se marier?
MADAME TLELDE, de même. — Qu'est-ce qui l'en empêche? Parce qu'il est chez nous? La belle I raison ! Celle que Sannœss choisira nous sera chère, quelle qu'elle soit.
TLELDE*, mettant sa main sur Vépaule de Sanmess. — Si tu n'oses pas nous le dire à tous, dis-le
au moins à l'un de nous. Est-ce quelque chose en quoi nous puissions t'aider ?
SANN^ss. — Non.
TLELDE. — Mais qu'est-ce que tu en sais toimême? Souvent on ne se doute pas combien un conseil parfois peut aider.
SANN.ESS. — Malheureusement, pas dans ce cas.
TLELDE. — Mais alors, Sannœss... c'est donc bien sérieux ?...
SANNiESS. — Je vous en prie !...
TLELDE. — Tu nous as gâté toute notre journée, tiens. . . Il me semble que je vais te regretter comme je n'ai encore regretté personne, jusqu'ici.
MADAME tiyElde. — Mais comment allons-nous faire ici sans vous ?
ti^lde. — Allons, Sannaess, viens, veux-tu?... rentrons un peu !
MADAME TLELDE. — Gomme ça va être triste maintenant !
(Ils rentrent tous deux : Sanntess va pour les suivre.) (Signe va pour chercher Valborg et la regarde : elle
pousse un cri étouffé. Valborg lui prend le bras et lui
fait signe de sortir.)
SIGNE, comme comprenant tout à coup. — {A part.) Dieu ! Suis-je bête? Où avais-je la tète?
(Elle sort en les regardant.)