‹ Leonarda; préface de Maurice Bigeon. Une faillite; lettre-préface d'Ernest Tissot. Traduction d'Auguste MonnierChapitre 6 sur 52 · MADAME FALK. — A VOUS · texte numérisé non relu

MADAME FALK. — A VOUS

HAGBART. — Oui, madame, à quoi servirait de le nier? Oui, elle m'a parlé, et cela plusieurs fois. MADAME FALK. — Et votre visite ici. . . ? HAGBART. — Je VOUS demande pardon, mais...

MADAME FALK. — Je VOUS prierai d'être clair et bref : le fait, rien de plus.

HAGBART. — Mais il faut pourtant que je vous explique...

MADAME FALK. — Je n'ai besoin d'aucune explication de votre part, monsieur! je ne veux pas que vous puissiez répéter que moi aussi, je vous ai parlé.

HAGBART. — Soit ! piiis(]ue vous le vt)ulez.

madame ! Je... je suis amoureux fou de votre nièce.

MADAME FALK. — Vous? Amoureux d'Agat?

{Riant.)... Ha! ha! Pour une punition, c'en est une dure!

HAGBART. — Je l'avoue et...

MADAME FALK. — Ha! ha! ha! Ainsi vous voilà amoureux de ma nièce, ha! ha! ha!... Et quoi de plus? Avez-vous dit à Agat que vous l'aimiez?

HAGBART. — Oui, madame.

MADAME FALK. — Et... elle VOUS a répondu?... (Silence ; puis, moqueuse.) Tiens, vous vous taisez!... est-ce donc si dur à avouer?

nAGBART. — Je suis charmé de vous voir en si belle humeur, madame.

MADAME FALK. — Ha! ha! ha! Ma foi cela est trop drôle!... Mais enfin, qu'est-ce qu'elle vous a répondu? Car je la connais, elle n'est pas restée là à...

HAGBART, d'un air indifférent. — Oh! Certes non. Et... nous avons fait route ensemble sur le même bateau, et...

MADAME FALK. — Ensemble?... Agat et vous? Mais alors, c'est une poursuite en règle que vous organisez!

HAGBART. — Mais VOUS ne pouvez pas comprendre si je ne vous explique pas...

MADAME FALK. — Ma niècc me donnera elle-même cette explication, monsieur, puisque... elle va être ici tout à l'heure? sans doute...

HAGBART. — Oh! sûrement!

MADAME FALK. — Quant à continuer votre comédie ici, chez moi, jamais! Il vous plaît de poursuivre ma nièce de votre amour comme vous m'avez poursuivie de votre mépris... Comme bon vous semble! Mais ici, chez moi, encore une fois, jamais!

nAGBART. — Mais, madame, je vous en supplie...

MADAME FALK. — Ah ! prenez garde ! je commence à perdre patience, uu pour mieux dire il y a longtemps que je l'ai perdue ; car enfin qu'est-ce que vous venez faire ici ?

HAOBART. — Mon Dieu, madame, je vous ai dit que... ou bien tenez, non... puisque vous le voulez, j'irai droit au but. Madame, je suis venu ici pour vous demander la main de votre nièce.

MADAME FALK, qui vietit (l'enlever ses gants, s'avance vers lui lentement et avec une colère contenue. — Si j'étais un homme, pour que vous soyez sûr cette fois que la réponse n'est pas « équivoque », je vous souffletterais comme un valet.

iiAGBART, très doucement. — Mais vous êtes j

une femme et vous ne ferez pas cela. i

HANS, entrant. — Madame! M"'' Agat qui est ,

là... ■

AGAT, du dehors. — Tante, tante! ^

MADAME FALK. — A2;at ! ^

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