‹ Leonarda; préface de Maurice Bigeon. Une faillite; lettre-préface d'Ernest Tissot. Traduction d'Auguste MonnierChapitre 7 sur 52 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

AGAT, Madame FALK, HAGBART

AGAT, vite. — Tante! oh! tante! Crois-tu?... Ce vilain Hans! Je lui faisais signe, je voulais te surprendre... Tante! oh! tante!

(Elle se jette dans ses bras.)

MADAME FALK. — Ohl Agat ! Si tu savais comme tu m'as fait de la peine!

AGAT. — Fait de la peine...? Moi...? Oh!

MADAME FALK. — Ah! je le savais bien!... {Elle l embrasse.) Oh! pardonne-moi! Mais, vois-tu, j'ai eu un moment de doute horrible, je croyais... mais non, maintenant, je vois que je m'étais trompée... je l'avais vu dès que tu es entrée... Allons ! ne pensons plus à cela... Et... tu vas bien ? Viens là... Comme te voilà grandie!... Et belle fille, maintenant.

AGAT. — Oh! tante!

MADAME FALK. — Quoi?

AGAT. — Tu sais tout?

MADAMK FALK. — Cette poursuito insolente qu'il j s'est permise...? Oui, mais... i

(Ha^bart pendant ce temps a disparu.)

AGAT. — Chut!... {Elle se retourne.) Non ; il est ij

% parti... Et... tuas été méchante avec lui? à

MADAME FALK. — Pas autant qu'il l'aurait mé- J

rite. \

AGAT. — Oh ! d'ailleurs, je l'avais prévenu. j

MADAME FALK. — Prévenu de quoi? 5

AGAT. — Mais... de ton caractère... que tu étais ^

vive... emportée...? Voyons, as-tu vraiment été si

méchante?

mAdame FALK. — Vas-tu avoir pitié de lui maintenant?

AGAT. — Pitié? de... Mais, ah çà... Il ne t'a donc rien dit?...

MADAME FALK. — Quoi?...

AGAT. — Mais... qu'il... que je... que nous... non, mais, tante, qu'est-ce que tu as à me regarder comme cela?... Mais tu ne sais donc rien?

MADAME FALK. — Rien...! rien...

AGAT. — Mais, miséricorde, moi qui croyais qu'il... Mais tante...?

MADAME FALK. — J'cspèrc bien au moins que tu n'as pas?...

AGAT. — Mais si, mais si, mais c'est c'est justement cela que...

MADAME FALK. — Toi?... Avcc lui?... Malgré tout ce qui aeulieu, tuas osé?... Oh! va-t'en, va-t'en...

AGAT, tombe à genoux. — Oh! tante, écoutemoi, tante ! je t'en supplie, ma petite tante chérie!...

MADAME FALK. — Retoume près de lui!... Laissemoi!

AGAT, — Mais, l'as-tu entendu?,.. L'as-tu vu seulement? sais-tu comme il est beau, comme il est bon... comme...

MADAME FALK. — Non, mais ne faudrait-il pas maintenant que je le trouve adorable, n'est-ce pas? Ah! tiens, tiens, tais-toi!,.. Pour moi, il est l'homme qui a osé un jour faire de moi la risée de toute la ville, me traiter publiquement de femme « équivoque ». Et quand cet homme a l'audace de se présenter chez moi comme le fiancé de ma fille, on s'étonne tout naturellement que je sorte de mon caractère, et que je trouve cela par trop violent? Ah! ingrate enfant!

AGAT, suppliante. — Oh! tante!...

MADAME FALK, — Oui, ingrate enfant, pour qui j'ai sacrifié huit années de. ma vie dans ce désert perdu, me privant de tout. Et à peine m'as-tu quittée, que c'est pour courir dans les bras de celui

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qui m'a jeté à la face son mépris et ses mensonges 1...

Et on voudrait que je trouve cela tout naturel?... Je devrais le trouver gentil, aimable... Et c'est toi... toi! ah!... tiens, va-t'en, je ne veux plus te voir.

KG kl, pleurant. — Eh! crois-tu que tout cela, je ne me le sois pas dit, répété moi-même vingt fois? Mais pourquoi ne t'ai-je pas écrit depuis si longtemps, si ce n'est pour cela!

Oh! si tu savais comme j'ai combattu, moi aussi? Si tu savais ce que j'ai souffert?

MADAME FALK. — Ah! tiens, tais-toi! Si tu avais eu le moindre sentiment de ta dignité, et si tu avais eu pour moi un tant soit peu d'affection, est-ce que tu ne serais pas venu te réfugier ici, près de moi?

AGAT. — Oh ! tante! tante!

MADAME FALK. — Nou, quand je pense que c'est toi qui agis ainsi... !

AGAT. — Oh! tante!... Mais c'était justement parce qu'il regrettait ce qu'il avait fait, qu'il...

MADAME FALK. — Regretter? lui? Ah! tu fais bien de le dire!... Il est entré ici, tout joyeux, le sourire aux lèvres...

AGAT. — C'est qu'il avait peur, tante!

LEONARDA 2b

MADAME FALK. ^ PeuF?... Depuis quand as-tu vu les gens sourire de peur, toi?...

AGAT. — Je ne dis pas les autres, mais lui, oui ! Ainsi, avec moi, quand il a commencé, ça a été la même chose : il avait l'air si drôle; il m'a dit que c'était la peur.

MADAME FALK. — Mais s'il avait eu le moindre repentir, est-ce qu'il ne se serait pas excusé tout d'abord?

AGAT. — N'est-ce pas ce qu'il a fait?

MADAME FALK. — Lui,..? Il m'a fait des phrases, et voilà tout.

AGAT, — Oh! Mais c'est que tu lui as fait peur, alors!... il est si timide, si tu savais,., il est étudiant en théologie...

MADAME FALK, — Il ne lui manquait plus que ça !

AGAT. — Mais tu le savais bien, voyons,., il est le neveu de l'archevêque; et c'est bien pour cela qu'il était si fanatique dans ce temps-là. Mais il a bon cœur, tu sais; quand il a eu vu ce qu'il avait fait, eh bien ! il a voulu réparer,.. Oh! tante!

MADAME FALK, — Allons ! Lève-toi ! Ça a l'air si sot de se mettre à genoux ainsi; où as-tu appris cela?

AGAT, se lève. — Je ne sais pas, moi ; mais pourquoi me regardes-tu ainsi ? Tu me désespères. {Elle pleure.)

LEOiSARDA

MADAME FALK. - Je n'y peux rien... et puis...

n'est-ce pas toi, vilaine enfant, qui m'as effrayée?

AG^T. — Oli! mais, tante, ce n'est pas du tout ce

que tu crois.

Il ne nous en veut plus maintenant, au contraire!... Situ l'avais entendu parler lui-même de la façon dont il a agi envers toi... et cela devant tout le monde. D'abord, il l'a conté à d'autres, qui me l'ont redit, et lui-même me Va avoué tout franchement.

MADAME FALK. — Mais pourquoi ne m'as-tu pas

écrit tout cela ?

AGAT. — Mais parce que tu n'es pas comme les autres, toi, tante chérie. Si je t'avais seulement écrit qu'il était là-bas, tu m'aurais tout de suite fait revenir ici.

MADAME FALK. - Oui, mais tout Cela ne m'explique pas comment il se fait que tu as...

AGAT. — Ecoute-moi, voyons!... {Câline.) Tu sais bien que lorsque j'entends quelqu'un dire du bien de toi, cela me le rend sympathique tout de suite. Bon ! Alors, pense donc lorsque je l'ai entendu lui qui avait été si insolent envers toi, faire publiquement ton éloge... oh! j'étais si contente, si heureuse...! Ça a été le commencement...

MADAME FALK. — Et puis...?

^GAT, -Comment, tu veux que je le raconte

cela ?... Oh ! mais ce serait des jours et des jours qu'il me faudrait !... J'étais toute nerveuse, ennuyée, agacée, sans savoir pourquoi.

MADAME FALK. — Maispourquoi n'es-tu pas partie lorsque tu as vu que... ?

AGAT. — Mais c'est ce que j'ai fait; et c'est pourtant cela qui, a tout perdu.

MADAME FALK. — Gomment cela?... Allons, voyons, sois sage, ne t'énerve pas ainsi, et contemoi ça, là, tout tranquillement. [Elles s'assoient.)

AGAT. — Oh! que tu es bonne de bien vouloir m'écouter, si tu savais ce que... (Elle se met à pleurer.)

MADAME FALK. — Allons ! allons... du calme... Voyons, raconte-moi ça.

AGAT. — Oui... Donc, je te dirai que pendant toute la semaine j'ai eu une fièvre... Je croyais que

vraiment j'allais tomber malade tout le monde

me demandait ce que j'avais. Au fond, je t'avouerai que je ne le savais pas trop moi-même... Oh! j'en aurais tant, tant à te dire sur tout cela ; mais tu ne me comprendrais pas.

MADAME FALK. — Pourquoi pas ?

AGAT. — Mais non, c'est impossible. D'ailleurs je ne pourrais pas moi-même te le dire; ils sont si

tristes tous mes souvenirs de ce temps-là, et je suis si iieureuse maintenant !...

MADAME FALK. — Soït, mais comment t'a-t-il dit?...

AGAT. — OJi ! Il m'a parlé... tout franchement.

MADAME FALK. — Il t'a demandé ta main ?

AGAï. — Oui. Oh ! tiens, je sens que je rougis encore rien que d'y repenser.

MADAME FALK. — Tu es restée toute soUe, je suis sûre?

AGAT. — Oh ! si tu m'avais vue !

MADAME FALK. — Mals qu'est-cc que tu as fait ?

AGAT. — Oh! ça a été plus fort que moi, j'ai poussé un grand cri et je me suis enfuie; je suis rentrée, j'ai fait mes malles et j'ai pris le bateau.

MADAME FALK. — Et tout Cela comme ça... tout de suite?...

AGAT. — Oui, nous étions dehors dans la rue.

MADAME FALK. — Mais, Agat, mon enfant, à quoi penses-tu ?

AGAT. — Que veux-tu? je m'y attendais si peu ; je crois que jamais de ma vie je n'ai rougi de la sorte... Et puis après, j'étais honteuse; pendant toute la traversée je n'ai fait que pleurer.

MADAME FALK. — Mais lui ?... Il est venu par le même bateau que toi?

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AGAT. — Lui ! pen=e donc ! il avait pris par la campagne, en travers, et avait rejoint le bateau de Tautre côté; je ne l'ai su que lorsque je l'ai vu là. Il me semblait que tout tournait autour de moi, et que le bateau allait s'enfoncer. Je voulais courir, m'enfuir et je ne pouvais pas... Oh ! tante, si tu savais !... il était là et me regardait... oh ! si étrangement !... il m'a pris les deux mains... et s'est mis à me parler... oh! ce qu'il m'a dit, je n'en sais rien, mais cela chantait tout autour de moi... et ses yeux ! Oh I tante, tu ne les as pas vus, toi, tu ne peux pas savoir...

MADAME FALK. — NoU, je...

AGAT. — Il y a en lui un je ne sais quoi d'étrange, de captivant, qui vous prend tout entière. Et lorsqu'il est là, près de moi, et qu'il me dit... oh ! pas comme je te le dis là, en ce moment, va, moi je ne sais pas. Mais quand il vous dit, lui, je t'aime !... Je ne sais quel frémissement passe en moi... oh! tante ! tante ! oh ! tiens, embrasse-moi, dis, veux-tu?... [Elles s'embrassent : pause.) Oh ! merci !... Sais-tu ce qu'il m'a dit aujourd'hui ?

MADAME FALK. — Non.

AGAT. — Que celle qui avait élevé une pareille enfant... c'est moi, tu sais, dont il parlait, tu comprends ; et je pensais, moi, à tous mes défauts... d'ailleurs, il les connaîtra bien assez lût. et...

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MADAME FALK. — Oui, mais lu disaïs qu'il L'avait dit que... celle qui avait élevé une enfant comme toi...

AGAT. — . . . il ne devait pas y en avoir deux pareilles !

MADAME FALK, souriaiit. — Hien que cela ! Eh bien, tu n'as pas dû menlir sur mon compte ! non !

AGAT. — Au contraire! C'était juste au moment où il voulait venir ici le premier... avant moi; c'était à lui, disait-il, de recevoir le premier choc. Au nom du ciel, lui dis-je, n'y va pas, tu ne la connais pas, elle te briserait.

MADAME FALK. — Mais, Agat...

AGAT. — Et c'est alors qu'il m'a répondu : « Non, une femme qui a... > Mais, je vois maintenant que tu l'as mal reçu, le pauvre garçon. \

MADAME FALK. — Quc veux-tu ? J'avais eu des ennuis toute la matinée, et cela encore... je n'ai pas pu.

AGAT. — Oh ! mais, maintenant, tu n'auras plus d'ennuis, vois-tu, plus jamais. Tu vas venir vivre avec nous; le monde est bon, quoi qu'on en dise, et toi qui es si bonne...

MADAME FALK. — Oh ! moi... bounc?...

AGAT. — Toi? mais, tu es la meilleure et la plus

incompréhensible des femmes, tanle chérie!... Mais quoi, qu'est-ce que tu as?

MADAME FALK. — Je suis malheureusc, Agat.

AGAï. — Pourquoi? est-ce à cause de moi ?

MADAMK FALK. — De toi?... Oh !... Mais, tu es le rayon de soleil de ma vie, loi; c'est toi qui éclaires, qui réchauffes, qui consoles... et c'est pour cela justement...

AGAT. — Pour cela?... Je ne te comprends pas, alors !

MADAME FALK. — Mon Dieu, parce que moi je suis vieille, méchante et ombrageuse, parce que je suis une sauvage, emportée comme toujours.

Voyons? De qui veux-tu que j'ai l'air à ses yeux?... Aux tiens même?... Réponds-moi. Voyons, est-ce que ce n'est pas vrai?... Est-ce que je ne suis pas une méchante?

AGAT. — Tais-toi! tu es la meilleure tante qui soit au monde : et ce que tu nommes vieillesse, faiblesse, méchanceté, je le nommerai, moi...

MADAME FALK. — Non, non, non... pas de compliments, je ne le mérite pas... seulement, pense que c'est pour toi qu'à présent je travaille, pense que tout ce que j'ai sera à toi un jour, aie pitié de moi et dis-moi la vérité, mais là, lu sais, la

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vérité toute vraie... Voyons, est-ce que je ne suis pas... comment appellerais-tu cela, toi?... AGAT. — Adorable !

MADAME FALK. — Tais-toi!... Oh! non, va, je le sens bien, depuis huit ans que je vis ici, enfermée... j'ai eu beau faire, lire des livres, suivre le mouvement de mon mieux, tout cela ne m'a pas apporté la lumière que je cherche : un rien, un signe de cette foule que j'ignore, et voilà que je | tremble... je ne sais plus où je suis... Regarde, } rien que ta robe, ton chapeau à la mode, toutes | ces couleurs voyantes, toute cette toilette, éveil- | lent en moi je ne sais quelles impressions mortes I que je ne comprends plus : et des milliers de pen- | sées me viennent que jamais auparavant je n'avais | eues. Lorsque tu es là, je sens autour de moi -i comme une éternelle jeunesse, comme un divin j sourire qui m'entoure et qui vient me rappeler ,1 le passé... Tout est si vieux, ici... si triste, si ^^ incompréhensible... moi! oh! oui, moi, sur- | tout!... I

AGAT. — Mais tu es folle!... Et c'est lui qui | tantôt avait raison lorsqu'il me disait que tu...

MADAME FALK. — Te disait... quoi?... Puisqu'il ne me connaît pas?

AGAT. — Justement! Il me disait qu'il mourait d'envie de te connnUre, parce que rien qu'à me

voir, il lui semblait que tu devais être... oh!... et dire que ce devait être lui qui...

MADAME FALK. — Ne me parle plus de cela, je t'en prie... rien que d'y penser!... Et pourtant?... oui; dire que ce devait être lui, lui que nous avons...

AGAT. — ... haï de toute notre âme?... Oui. Ne trouves-tu pas que c'est curieux ?

MADAME FALK. — Et la première fois que tu me quittes!...

AGAT. — Oui... n'est-ce pas?

MADAME FALK. — Et me revenir ainsi, avec l'oubli, l'amour I...

AGAT. — Mais n'est-ce pas ton ouvrage, tout cela? N'est-ce pas toi qui m'as élevée, qui as fait de moi ce que je suis?... Et tu te plains? Tu dis que tu deviens triste et maussade? Oh ! la vilaine! la vilaine!

MADAME FALK, (loucemeut. — Nou, je ne me plains pas, puisque je te vois, puisque je t'entends, puisque je t'ai là! Et ce bonheur-là, vois-tu, je ne le payerai jamais trop cher! J'ai été égoïste, voilà tout... Cet amour c'est le printemps qui vient à toi... tandis que pour mo*i... oh!

AGAT. — Pour toi?... Mais qu'est-ce que tu as encore?...

MADAME FALK. — Moi?... je pense que ma mission est remplie, maintenant... voilà tout.

AGAT. — Ta mission?... Et toi qui?... Oh! tiens, tu me gâtes toute ma joie avec tes vilaines idées tristes.

MADAME FALK. — Moi? te gâter ta joie?... Ohl Agat! Mais non, tiens... vois, je... je suis gaie, heureuse, oh! oui, bien heureuse... Mais, que veux-tu? j'ai toujours mes idées...

AGAT. — Oh! oui, tes idées folles, insensées!... '

MADAME FALK. — Allons, va, et... {Avec peine.) ramène-le!

AGAT. — Oh! si tu savais comme cela sonne bien : o; Ramène-le ! » {Elle va pour sortir et s arrête.) Oh! merci, tante chérie! oh! merci, merci, merci, merci, merci... {Elle se jette dans les bras de sa tante : iW™® Falk se laisse tomber dans un fauteuil près de la table, la tête dans ses mains. Agat sort. On l'entend ensuite de dehors.)

AGAT. — Viens! viens!

UAGBART, de dehors. — Vrai?

AGAT. — Mais oui, viens donc! vite! vite!

HAGBART {dc même). — Non, mais est-ce bien vrai?

AGAT. — Tu vas le voir, si tu ne me crois pas.

MADAME FALK. Se lève, essuj/e ses yeux, et va à la rencontre d'A'jat et de Ihigbart qui entrent.

AGAT. — Tante, c'est lui.

HAGBART. — Madame!...

MADAME FALK, lui tendant la main. — Pardonnez-moi !

UAGBART. — Vous pardonner?... Mais c'est à vous de me pardonner, madame, et si tout à l'heure je n'ai pas eu le temps de vous le dire...

AGAT. — Allons, allons, c'est bien, nous parlerons de tout cela un autre jour. Laisse tante te regarder !

MADAME FALK. — Ah! VOUS pouvcz être sûrs l'un de l'autre, du moins, vous!

AGAT. — Oh! pour cela, sois tranquille !

MADAME FALK. — Oui, aimez-vous bien! Apportez la vie, la gaieté, la jeunesse dans ces vieux murs tristes, où je languis seule...

AGAT. — Mais, tante., voyons!

MADAME FALK. — Vous êtes-vous déjà enibrassés, seulement?

AGAT, se recule, timide.

MADAME FALK. — Hé bien ! . . . Allons, cmbrasscz-

vous!

(Ils s'eiTibrassent.)

AGAT, court embrasser sa tante . — Mais voyons... qu'est-ce que tu as?... tu pleures?...

MADAME FALK. - Ne t'occupe plus de moi, mon enfant chérie... [A Hagbart.) Avez-vous annoncé cela à votre oncle, Hagbart?

HAGBART. — Pas encore, madame!

MADAME FALK. - Pas encore?... Oh! alors, le plus dur reste encore à faire; et j'ai bien peur...

HAGBART. — Nou, ne craignez rien : au point où |

nous en sommes maintenant, qui voulez-vous qm |

m'arrête ? '^

^Q^T. Tu l'entends, tante?...

{La toile tombe.)

DEUXIEME ACTE

DEUXIÈME ACTE

Chez l'évêque. Au fond, une porte conduisant à une autre porte ; deux fenêtres à gauche. En avant de la première fenêtre, un grand fauteuil ; derrière, un bureau avec une chaise.

A droite, près de la porte, un canapé et des chaises. Deux chaises au fond.

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