‹ Léopold Ier, roi des Belges: d'après des documents inéditsChapitre 17 sur 49 · ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERT

(Page 88.)

Le roi des Belges à la reine Victoria, (Traduction.)

t Laeken, 8 octobre 1839.

« Ma bien chère Victoria, vos cousins seront eux-mêmes porteurs de cette lettre. Je les recommande à votre bienveillance. Ce sont de bonnes et honnêtes créatures, qui méritent votre sympathie, qui n'ont rien d'affecté, mais sont réellement sensibles et dignes de confiance. Je leur ai dit que votre grand désir est qu'ils soient entièrement à leur aise avec vous.

« Je suis sûr que si vous avez quelque chose à leur

recommander, il seront très-heureux de l'apprendre par

vous....

« Ma chère Victoria,

« Votre oncle très-dévoué, <( Léopol[\. »

ÂPPBNDIOB. 323

La reine Victoria au roi des Belges.

(Traduction.)

• Windsor-Castle, 15 octobre 1839.

« Bien cher oncle, cette lettre, j'en suis sûre, vous fera plaisir, car vous avez toujours montré un vif intérêt à tout ce qui touche mon bonheur. Ma décision est bien prise et je l'ai dit ce matin à Albert. La vive affection qu'il m'a témoignée en l'apprenant m'a donné un grand plaisir. Il me paraît la perfection même, et je pense que je puis compter sur un bien grand bonheur avec lui. Je l'aime plus que je ne puis dire et je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour lui rendre ce sacrifice, car je comprends que c'en est un, pour le lui rendre aussi faible que possible. Il parait avoir un grand tact, chose bien nécessaire dans sa future position. Ces derniers jours se sont passés comme un rêve et j'en suis si agitée que je ne sais comment vous écrire, mais je me sens bien heureuse. Il est indispensable que cette détermination ne soit connue que de vous et de l'oncle Ernest (*) , jusqu'à la réunion du Parlement, car autrement on pourrait me reprocher de n'avoir pas convoqué le Parlement pour la lui faire connaître.

« Lord Melbourne, que j'ai naturellement consulté sur toute cette affaire, approuve entièrement mon choix et exprime une grande satisfaction de cet événement qu'il pense de tous points désirable.

« Lord Melbourne a agi, comme il le fait toujours, envers moi avec la plus grande tendresse et la plus grande affec-

( ») Ernest I", duc régnant de Saxe^obourg-Gotba.

324 APPBNDIGB.

tion. Nous croyons aussi, et Albert est de notre avis, que le mariage doit avoir lieu peu après la réunion du Parlement, vers le commencement de février.

u Je vous prie, très-cher oncle, de faire passer ces deux lettres à ToncFe Ernest, auquel vous recommanderez le silence le plus absolu, et vous lui expliquerez, ainsi qu'au fidèle Stockmar (*), tous ces détails que je n'ai pas le temps de leur donner. Je pense que vous pouvez aussi en parler à Louise (la reine des Belges), mais n'en dites rien à personne de sa famille.

u Je désire garder ici les chers jeunes gens jusqu'à Ja fîîi du mois prochain. Le plaisir sincère d'Ernest me cause une grande joie. Il adore tant son cher Albert.

« A jamais, bien cher oncle,

« Votre nièce dévouée,

(*) Après ravénement du rof Léopold, le baron de Stockmar Tavait remplacé comme conseiller près de la princesse Victoria. Il venait aussi d'accompagner le prince Albert dans son voyage en Italie.

A?PENDICB. 826

xra

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