BIENFAISANCE PUBLIQUE
(Page 182.)
• Laekeo, le iO février 1849.
Le roi Léopold à M. de Haussy, minisire de h, justice.
« Mon cher Ministre ,
« Il me parait désirable d'examiner la marche à suivre relativement aux actes de bienfoisance soumis à l'approbation du gouvernement.
« La plupart des pays laissent avec raison une trèsgrande latitude à la bienfaisance, et, chez nous, Tesprit du pays et nos institutions indiquent suffisamment l'opportunité qu'il y a à suivre cette politique.
« En premier lieu, je crois qu'il est désirable de laisser autant que possible décider ces questions par l'autorité provinciale et de ne pas additionner les legs laissés à des localités différentes.
« En second lieu, on ne devrait pas contrarier les volontés des donateurs et bienfaiteurs publics, à moins de raisons importantes.
€ Les deux pays où le régime constitutionnel se trouve le mieux entendu, l'Angleterre et les États-Unis d'Amérique, ne mettent aucune entrave aux donations et actes de bienfaisance des particuliers. Le principe qu'un individu peut accorder ses libéralités et dons au public ou à des particuliers, comme il l'entend, me paraît seul en harmonie avec
la liberté réelle que chacun en ces matières peut réclamer, n est du reste évident, et cela est ainsi déjà envisagé par beaucoup de personnes, que, si l'on continue à contrarier les donateurs, on mettra fin aux actes de bienfaisance, et les communes se trouveront ainsi privées de précieuses ressources, qui étaient le résultat des inspirations les plus nobles.
«c Léopold. 1»