FORTIFICATIONS D'ANVERS
(Page 189.)
* Le roi Léopold au général Chazal, ministre de la guerre.
f Le 1 s Juillet 1859.
« Mon cher Ministre,
« Lès plans me plaisent au plus haut degré. Ce qui méritera de l'attention sera l'Escaut et sa défense par terre : qu'on ne puisse pas avec tous ces nouveaux moyens se mettre en possession d'un côté de la rivière et nous couper ainsi les communications.
M L'énorme importance de la position de Vérone saute plus que jamais aux yeux. Sans cette position il y aurait les sièges de Mantoue et de Peschiera, mais l'armée autrichienne ne serait plus en Italie ! Avis aux membres de la Chambre ; il n'est pas possible de nier cette vérité.
«( Léopold. »
* Le même au même.
« Laeken, le S septembre 1859.
« Mon cher Ministre,
«( Je vous félicite de tout mon cœur sur le vote de la
Chambre (*). C'était, vu l'extrême confusion et division des votes, fort dangereux.
« Espérons maintenant que le Sénat se conduira bien ('). Relativement au camp, mes enfants s'y rendront donc probablement le 6. Je pense qu'après leur départ il n'y aura pas de mal à le lever. Je crains les maladies.
« Je ne serai pas fâché d'un changement d'air ; j'ai été plus ou moins souffrant depuis une dizaine de jours (').
« Soignez bien votre santé qui est si précieuse pour qui vous porte une affection si vraie.
« Léopold. »
* Le même au même.
■ Marseille, le 2 octobre 1859.
» Mon cher Ministre,
« Votre excellente lettre du 26 m'est parvenue ici à mon arrivée, le 29, et je l'ai lue avec un extrême plaisir.
« Qu'après une expérience de vingt-huit années il soit resté des gens en Belgique qui connaissent mieux les affaires de l'Europe que moi, et qui savent mieux apprécier ce qu'il faut pour l'existence de la Belgique, à laquelle ils avaient déjà mis fin en 1831 , est assez étrange, mais ainsi est faite
(*) Le vote da projet relatif aux fortifications d'Anvers. (') Le Sénat adopta le projet à une grande ms^orité. (') Le roi partit le lendemain pour les Pyrénées. Du 14 au 25 septembre, il séjourna à Biarritz, auprès de Napoléon lU.
APPENDICB. 387
l'humanité! Je n'ai qu'à me louer de mon voyage; les résultats sont extrêmement satisfaisants et je tâcherai de les conserver. J'ai bien pensé à vous à Tarbes, qui m'a beaucoup plu, et dans la partie la plus méridionale de la France : c'est beaucoup plus beau que la route de Toulouse à Bordeaux sur laquelle j'ai eu des illusions désappointées.
« J'espère que tout marchera bien, si l'on pouvait un peu modifier cette stérile lutte des partis. J'espère que ces lignes vous trouveront en bonne santé, que le siiccès doit avoir fortifiée, et je pense à vous avec les sentiments les plus afiectueux.
♦ Le même au même.
(Extrait.)
• Laeken, le 9 noTembre 4860.
M Mon cher Ministre,
« . . . . Veuillez-vous faire faire un rapport sur une autre question.
« Mon constant désir est de voir à Anvers un bassin qui serait port franc. Se trouve-t-il pour cela assez de place ? Il me semble que oui ; le génie militaire pourra sur cela me donner des renseignements. Il est évident qu'il faut tâcher d'attirer à la nouvelle et immense ville des habitants.
« Un port franc y ferait venir des marchands étrangers, qui ne seraient peut-être pas fâchés d'avoir à Anvers un joli pied à terre. Le déplaisir que causerait peut-être la concur-
rence de ces étrangers serait modifiée par la perspective de gain sur les terrains. J'espère que vous êtes bien ; toujours avec une affection immuable (*).
u LÉOPOLD. »