‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 17 sur 59 · LES BRIGANDS DE SONNINO · texte numérisé non relu

LES BRIGANDS DE SONNINO

taire d’Etat de Pie VIL Gasperone, de Sonnino, portait la terreur jusqu’aux portes de Rome. On résolut d’en finir, et un maréchal des logis français, nommé Dubois, homme d’une rare énergie, fut chargé de faire une guerre à mort à ces bandits. On publia un édit qui promettait une gratification pour l’arrestation ou la tête d’un chef, et garantissait un dégrèvement d’impôt aux communes qui auraient détruit une bande, et qui ordonnait la démolition de Sonnino. On sursit, à ce que je crois, à cette dernière mesure; mais la population presque entière de cette bourgade fut enlevée, et deux ou trois cents personnes, hommes, femmes et enfants, furent amenées à Rome et enfermées au Château-Saint-Ange ou dans la maison de travail des Termini > située en face des Thermes de Dioclétien.

Robert eut alors l’heureuse idée de demander au gouvernement de Rome l’autorisation de travailler au milieu de cette étrange population. Il s’installa aux Termini^ s’y enferma et, sans désemparer pendant plusieurs mois, fit études sur études d’après ces modèles d’un type si original, d’un caractère si pittoresque, si énergique et presque sauvage, et d’une fierté, d’une noblesse qui n’excluaient pas la grâce. Il apprit leur langue, étudia leurs mœurs et s’identifia pour ainsi dire avec eux. Puis il acheta à ces déportés

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