‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 20 sur 59 · SUCCÈS DES «BRIGANDS » DE ROBERT · texte numérisé non relu

SUCCÈS DES «BRIGANDS » DE ROBERT

prônaient à l’envi le jeune artiste neufchâtelois. M. A. Snell, consul de la confédération suisse à Rome, lui avait amené la duchesse de Devonshire. Un autre de ses amis lui avait procuré la connaissance d’un riche amateur, le colonel de La Marre. Robert était devenu tout à coup le peintre à la mode, • et depuis lors, comme le fait observer M. Feuillet de Couches, son nom courut de bouche en bouche, les générations successives de voyageurs qui passent l’hiver à Rome se le léguèrent, et la réserve du peintre le servit auprès d’eux autant que son talent.

« Mon cher monsieur Robert, lui disait-on, un petit brigand, s’il vous plaît », et dans ce genre de tableaux, composés de deux ou trois personnages et qui ne renferment qu'une idée , suivant sa propre expression, il eut jusqu’à la fin de sa carrière des demandes d’ouvrages infiniment plus nombreuses qu’il n’en pouvait exécuter. Avec sa lucidité et sa modestie ordinaires, Robert se rendait parfaitement compte de cette situation, et le 3 octobre 1822, il écrivait à son ami Brandt : « J’ai été bien favorisé, je l’avoue. J’ai voulu choisir un genre qu’on ne connût pas encore et ce genre a plu. C’est toujours un avantage d’être le premier. Lorsque j’arrivai, je fus frappé de ces figures italiennes, de leurs mœurs et de leurs usages remarquables, de leurs vêtements pittoresques

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