‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 23 sur 59 · SUJETS GRACIEUX · texte numérisé non relu

SUJETS GRACIEUX

temps, qui l’éloignerait de moi qui l’influence trop, lui ferait du bien. »

Les affections de famille jouaient un si grand rôle dans la vie de Robert, qu’on ne songe pas à s’étonner de l’heureuse influence qu’eut sur son humeur et même sur son talent la présence de son frère à Rome. Il puisa dans sa société un redoublement d’activité.

De 1822 à 1827, époque à laquelle il exposa, à Paris, le second de ses grands tableaux ; le Retour de la fête de la 3Iadone de l'Arc > il multiplia ces petites toiles, que les amateurs s’arrachaient et dont le prix augmentait tous les jours. Sans renoncer tout à fait, comme on l’a prétendu sans raison, aux sujets de brigands qui avaient d’abord attiré sur lui l’attention, il s’appliqua plus fréquemment à traiter des motifs gracieux, qui éloignaient de son esprit les idées moroses, vers lesquelles il n’était que trop porté. Un connaisseur lui ayant demandé un jour la cause de ce changement dans la direction de son talent : « Je suis forcé, répondit-il, de chercher des sujets moins sombres, car je ne puis peindre sans m’identifier avec mon sujet, et quand j’ai achevé un de ces malheureux brigands, je me sens tellement épuisé et mélancolique, que, si je continuais longtemps, je finirais par perdre la tête ou du moins par tomber

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