DESSINS D’AURÈLE ROBERT
de Léopold. Ces dessins, exécutés au quart ou au cinquième des originaux, sous les yeux de Léopold, avec ses conseils et souvent, suivant toute probabilité, avec son concours, sont d’une absolue fidélité et traités avec le sérieux et la conscience que M. Aurèle Robert met dans tout ce qu’il fait. On comprend même en les examinant la crainte amicale qu’exprimait Léopold de voir son frère se laisser par trop influencer par son exemple et perdre dans ce commerce continuel avec ses œuvres une partie de son originalité. C’est en parcourant cette belle suite qu’on pourra se rendre compte de toutes ces qualités plus sérieuses qu’éclatantes qui ont mérité à Robert le rang élevé qu’il occupe au milieu des artistes de notre siècle. Pendant sa courte carrière, Léopold Robert n’a pas exécuté moins de cent soixante à cent soixantedix tableaux. Il en a répété plusieurs et, pour n’en citer qu’un exemple, on connaît, d’après M. Feuillet de Conches, quatorze répétitions avec des variantes plus ou moins importantes de la Femme du brigand veillant sur le sommeil de son mari. Tous ces ouvrages n’ont sans doute pas la même importance ni le même mérite, mais dans tous on retrouve, avec ce sentiment du caractère par lequel Robert se rapproche des peintres de haut style, cette pureté de dessin, cette correction soutenue, cette exactitude dans les détails,