‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 26 sur 59 · LA MANIÈRE DE ROBERT · texte numérisé non relu

LA MANIÈRE DE ROBERT

cette constante vérité, aussi bien dans les figures que dans les accessoires et dans les fonds, qui sont le fait d’un artiste dont la conscience scrupuleuse n’est jamais endormie et dont le savoir n’est jamais en défaut. Mais à côté de ces rares qualités, on remarquera aussi dans ces précieux ouvrages, exécutés avec tant de soin, avec un désir si marqué de bien faire, avec un labeur si fécond en heureux résultats, les défauts inhérents à la manière du peintre habile : une couleur sans charme, quoiqu’elle soit souvent éclatante et relevée; l’extrême sécheresse de la facture, en un mot l’absence de cet agrément qui, en attirant les yeux, force l’esprit à discerner les beautés d’un ordre supérieur. Ce n’est certes pas au nom de cette partie de l’école moderne qui met dans l’exécution toute la valeur d’une œuvre d’art, que je parle. Mais les contemporains de Robert eux-mêmes s’étaient aperçus des côtés faibles ou au moins contestables de ce beau talent que j’ai eu déjà l’occasion de signaler à propos de Y Improvisateur napolitain, et il m’a paru intéressant et curieux de recueillir le jugement de l’un des hommes les plus compétents de l’époque, de l’un des admirateurs les plus sincères de Robert, du peintre Gérard, qui avait montré au jeune artiste neuchâtelois, dès ses débuts, un très-vif intérêt, et qui ne cessa de l’encourager en lui demandant des

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