OPINION DE GÉRARD SUR ROBERT
tableaux et en lui donnant les conseils les plus éclairés.
Robert qui, en 1824, avait fait pour Gérard des Chevriers clés Apennins pansant une chèvre ^ venait de lui envoyer, en 1826, un second tableau : Une mère pleurant sur le corps de sa jeune fille exposée . Gérard en accusant réception à Robert de cet ouvrage en fait cette appréciation délicate et pleine de justesse : « Le choix du sujet, dit-il, m’avait causé quelque inquiétude qui s’est bientôt dissipée à la vue du tableau. Votre composition est simple, noble et touchante. J’ai revu avec plaisir ces costumes, qui heureusement pour moi n’ont point changé. . Cette scène m’a paru d’autant plus vraie qu’elle m’a rappelé en partie celle dont j’ai été témoin dans ma jeunesse : une fille de campagne, qui servait chez ma mère, mourut; ses parents vinrent pleurer sur son corps et lui rendre les derniers devoirs. Vous savez, monsieur, tout le cas que je fais de votre beau talent et avec quel plaisir j’ai vu vos succès si justement mérités. Si je me permets quelques observations, comme vous avez bien voulu m’y autoriser, je vous prie de les regarder comme une preuve de la haute estime que j’ai pour votre mérite.
« D’après ce dernier ouvrage, je crains (franchement) que vous n’adoptiez une manière un peu rude,