ESQUISSE DES MOISSONNEURS
centaines de louis que je n’ai pas ; mais chacun jouit à sa manière : par exemple, je n’aurais pas eu le grandissime bonheur d’avoir vécu ici avec notre si excellente mère... »
Robert était rentré à Rome muni d’une ample provision d’études et d’impressions. Comme il nous l’apprend dans cette dernière lettre, au mois de juillet, son projet était parfaitement arrêté : il avait peint l’esquisse de son tableau et même dessiné sur la grande toile sa composition dont il allait commencer l’ébauche. Il prévoyait que cet ouvrage lui donnerait moins de peine que les précédents, et, préparé comme il l’était, cette confiance n’a rien qui doive nous étonner.
Robert travaille aux Moissonneurs. — Il tente quelques ouvrages en grandeur naturelle, entre autres le Jeune Grec aiguisant son poignard et une Tête de femme. — Il ne peint pas le nu. — Détails sur un tableau d’Aurèle Robert. — Pique-nique chez Robert avec Schnetz, Lemoyne, Horace Vernet, Bonnefonds, Roger, Orsel, Constantin, etc. — Il va passer quelque temps à Frascati et y fait son testament. — Il expose au Capitole son tableau des Moissonneurs avant de l’envoyer à Paris. — Description et jugement. — Enterrement d’un aîné de famille de paysans romains et autres ouvrages exposés au Salon de 1831.
Robert passa toute l’année 1829 dans la fièvre du travail. Il menait concurremment sa grande composition des Moissonneurs et le Jeune Grec aiguisant son poignard, qu’il avait promis à M. de Pourtalès. Il se préoccupait du Carnaval de Venise et aussi probablement des Vendanges , qui devaient compléter cette suite de quatre compositions capitales sur lesquelles il comptait pour établir sur une large base sa réputation de peintre de caractère. Mais ces travaux de l’esprit et de la main ne l’empêchaient pas de s’occuper très-activement des intérêts des siens et de