LES VENDANGES
lusions : le bonheur que j’aimerais à donner ne peut être comme je le voudrais, car celui que je puis éprouver dans toutes les positions de la vie doit toujours être si mêlé, que je n’ai pas le courage de changer celle où je me trouve présentement. »
Cette lettre est navrante, et lorsqueRobert l’écrivit, la maladie morale qui le rongeait avait déjà fait d’irrémédiables ravages. A Florence, il n’en était pas là, tant s’en faut, mais il souffrait d’une inquiétude vague causée par l’ambiguïté de sa position. Il paraît cependant avoir eu un moment l’intention de se fixer pour un temps assez prolongé dans cette ville, et d’y exécuter son tableau des Vendanges > dont il voulait placer la scène dans les environs pittoresques de San Geminano. Il fit même deux petits croquis pour cette composition que possède son frère. Mais on ne peut distinguer dans ces légères indications que le motif central représentant un char de vendanges qui rappelle assez celui des Moissonneurs > avec cette différence qu’il est vu par derrière. Les épisodes qui devaient compléter et animer cette scène manquent absolument, de sorte que ces petits dessins ne peuvent donner aucune idée du projet de l’artiste, et je ne les mentionne que pour établir, à l’encontre de l’opinion contraire, très-généralement admise, que Robert s’est occupé de son troisième grand ouvrage. On sait aussi que