‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 41 sur 59 · ROBERT PART POUR VENISE · texte numérisé non relu

ROBERT PART POUR VENISE

pendant son second séjour à Florence, Robert exécuta deux petits tableaux dont l’un représentait Deux jeunes fi lles des environs de Berne caressant un chevreau . C’est, je crois, le seul tableau suisse que Robert ait jamais fait.

Au mois de février 1832, Robert ayant renoncé à l’idée d’exécuter pour le moment son tableau des Vendanges, quitta Florence pour se rendre à Venise en compagnie du jeune fils de M. Roulet de Mézerac et de M. Joyant, peintre français. Au moment de partir, il écrivait à M. Marcotte : « Mon troisième tableau des Saisons serait bien en train maintenant ; mais en y pensant bien, j’aime mieux quitter Florence; il y a une épine qui m’y pique, peut-être à distance la sentirai-je moins . »

Robert à Venise. — Il entreprend son tableau du Carnaval. — Il visite les îles à la recherche de types et de costumes. — Il modifie la composition de son tableau et y introduit quelques figures non travesties. — Il renonce au sujet du Carnaval et arrête le plan des Pécheurs de l’Adriatique. — Il en fait une esquisse et se remet au travail avec une ardeur fiévreuse. — Robert malade de corps et d’esprit. — Il fait une chute dans son atelier. — Description détaillée que Robert fait à ses sœurs de son projet définitif. — Il engage son frère Aurèle à venir le rejoindre à Venise.

Les Moissonneurs sont un fruit de pleine maturité et marquent le point culminant du talent de Robert. Pendant les deux ou trois années qu’il consacra à ce travail, ses facultés pittoresques étaient arrivées à leur complet épanouissement; son esprit, exalté par une passion naissante, possédait l’énergie, la virilité qui permettent d’accomplir de grandes choses, de sorte qu’il exécuta cette page capitale dans cet instant unique et si court que tous ne savent pas saisir, mais où l’homme aimé des dieux fait son chef-d’œuvre. En quittant Florence, Robert faisait le premier pas sur

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