‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 42 sur 59 · ROBERT A VENISE · texte numérisé non relu

ROBERT A VENISE

cette voie douloureuse qui devait si rapidement le

conduire au désespoir et à la mort. « A partir de ce moment, m’écrit M. Aurèle Robert, dans notre rencontre à Paris en 1831, dans sa correspondance, et plus tard à Venise quand j’allai l’y rejoindre, je fus témoin (et unique témoin) jusqu’à sa mort d’une lutte que je puis dire héroïque. Une préoccupation constante, un voile sombre de jour en jour plus épais se répandirent sur cette existence que tant de bons éléments auraient pu rendre si heureuse. » Les traces de ses souffrances se montrent , en effet, dans toutes les lettres que Robert écrivit depuis cette époque, et nous n’aurons pas besoin de souligner les cris de détresse que, malgré son courage, sa réserve, sa froideur apparente, le malheureux laisse échapper de son âme oppressée.

Robert, arrivé à Venise en février 1832, se mit aussitôt à son tableau du Carnaval, qui devait symboliser l’hiver et le nord de l’Italie. Les premières impressions ne furent pas favorables. Il ne trouvait pas à Venise même les ressources sur lesquelles il comptait. Il avait probablement fait son tableau de tête avant d’avoir suffisamment étudié le pays, et la réalité ne répondait pas à son attente. « Les fonds de tableaux ne manquent pas, disait-il ; ce qui manque, ce sont les costumes : ils n’ont rien de beau, ni de

Page 1