‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 49 sur 59 · CRITIQ-UE DES «PÊCHEURS · texte numérisé non relu

CRITIQ-UE DES «PÊCHEURS

On le voit, le Départ des pêcheurs de F Adriatique pour la pêche de long cours est de tous les ouvrages de Robertcelui dont l’enfantement lui coûta le plus de labeurs et de chagrin, et en suivant les transformations que l’artiste fit subir à son projet, on a pu se rendre compte des efforts surhumains qu’il dut faire pour mener à fin ce grand travail. La scène du carnaval de Venise qui en forme le point de départ n’a laissé que peu de traces ; mais on connaît au moins par la gravure publiée par M. Delécluze l’esquisse des Pêcheurs que Robert envoya à M. Marcotte, et il est impossible de n’être pas frappé de l’intelligence avec laquelle le peintre transforma sa première pensée, et de la sûreté de goût dont il fit preuve en développant les éléments utiles qu’elle renfermait. Cette esquisse, en effet, présente des défauts capitaux : l’intention de l’auteur n’est pas clairement exprimée, car on ne sait s’il s’agit d’une arrivée ou d’un départ, et la plupart des figures étant disposées au même plan sur un terrain uni, les têtes se trouvent à la même hauteur et forment une ligne droite de l’effet le plus monotone et le plus malheureux. Dans le tableau définitif, Robert a conservé à gauche la belle jeune femme debout qui tient son enfant dans ses bras, ainsi que la vieille assise tout au coin de la toile. Mais il a fait disparaître les deux figures en

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