SÉPULTURE DE ROBERT
ver, je m’efforçai de le rassurer. Il m’assura alors avoir entendu dire qu’il existait des maladies venant tout à coup, et qu’il était certain d’en avoir une de cette sorte. Nous courons à la maison ; on fait appeler un médecin qui, après avoir visité et questionné mon frère, déclara qu’il n’y avait pas apparence de maladie. Léopold fut le premier à rire de sa terreur panique ; il se remit et bientôt les distractions que nous trouvâmes dans cette maison lui rendirent de la gaieté et son énergie. Nulle part ailleurs il ne se serait trouvé mieux qu’ici, entouré comme il l’était d’amis, de son frère, de trois dames remplies d’obligeance pour lui, et qui prévenaient tous ses désirs. Que lui manquait-il? Y a-t-il de la faute de quelqu’un? »
Le corps de Robert, accompagné de son frère, de ses amis, de quelques artistes italiens et étrangers, fut transporté à l’île de Saint-Christophe, située dans les lagunes, non loin de Murano, et où se trouve le cimetière de Venise. Il fut inhumé dans un petit enclos réservé à la sépulture des chrétiens qui ne professent pas le culte catholique1. Sa tombe, ombragée d’un grand cyprès, tapissée de lierre et d’églantiers, porte sur une table de marbre blanc
\. Les juifs ont un cimetière particulier au Lido.
480 M. PATURLE ACHÈTE « LES PÊCHEüRS ».
en lettres de bronze incrustées l’inscription suivante :