‹ Léopold Robert d'après sa correspondance inéditeChapitre 58 sur 59 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

tôt, augmenta l’intérêt qu’excitait si légitimement ce bel ouvrage. On revit les Pêcheurs à l’exposition de 1836, en compagnie de la Mère heureuse et de l’esquisse du Repos en Egypte . Les romanciers s’emparèrent de la vie de l’artiste, la brodèrent à l’envi, et pendant quelques années la réputation de Robert ne fit que grandir. Peu à peu tout ce bruit se calma, et aujourd’hui c’est à peine si l’on rend justice au peintre neuchâteîois. Cependant Robert mérite et gardera une place des plus honorables dans l’école française du xixe siècle. Il est vrai qu’il n’a pas atteint les plus hauts sommets de l’art; mais il n’y visait pas, et on peut dire que dans la sphère restreinte où le retenaient ses aptitudes et son goût, il a été complet et que, chose rare, il a touché le but qu’il poursuivait. Venu à une époque de transition, il a apporté dans l’exécution de sujets de genre le savoir qu’il avait acquis dans l’atelier de David et les habitudes sérieuses qu’il y avait contractées; d’une autre part, influencé par les idées modernes, il a cherché et trouvé dans l’étude directe et sincère de la nature la noblesse et la beauté. Il a été l’interprète intelligent et véridique de l’Italie contemporaine, et quoique beaucoup affectent de le tenir pour un peintre de costumes, il a saisi les traits fondamentaux des populations qu’il représentait, avec une

Page 1