‹ Léopold Robert: sa vie, ses œuvres et sa correspondanceChapitre 14 sur 17 · LE BRIQAKDAGB SN ITALIE. 39S · texte numérisé non relu

LE BRIQAKDAGB SN ITALIE. 39S

dans les cafés de Glvita-Vecchia, des galériens s'attabler au milieu du publie^ et le public n'y prend point garde. Semblablement, dans les états napolitains, Thomme de chiourme est assez bien avec le soldat qui le garde, pour que celuir-ci, quand il teut se rafraîchir au café, donne^ avant d'entrer, son fusil à garder au galérien. Le forçat romain porte un habit blanc ou marron rayé^ suivant qu'il est condamné à temps ou à perpétuité; l'assassin^ quelque nuance d'habit qui le couvre, est sûr d'abondantes aumônes. On voit même circuler, par la ville, de petits garçons vètiis en galériens : ce sont des enfans de condamnés, enfans de troupe d'un nouveau genre, que leurs mères édonomes ont costumés avec les habits de rebut de leur père.

Tout cela, il est vrai, est dû à mille causes éloignées ou prochaines dont, pour être impartial, il faut tenir compte aux peuples. Souvent^ dans les états pontificaux, de même que dans ceux des Deux-Sieiles, on condamnait aux galères pour des délits que notre législation n'eût frappés que de peines correctionnelles. Lors de l'invasion des états romains, sous la première république, les Français trouvèrent, dans les bagnes de Givita-Vecchia , un bon nombre de forçats qui y étaient sans jugement. L'ér Crou ne portait d*àutre mention que ces mots : per ra^ gione da noi conosduta (pour raison à nous connue). C'étaient de malheureux paysans que leurs seigneurs avaient traités comme un bétail, et qui pourrissaient là depuis vingt ou trente années;

En 1824, sous le pape Léon XII, dont la politique extérieure fut si sage, mais l'administration intérieure si peu

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politique, an boacher fat condamné aux galères pour avoir Tendu de la viande un vendredi.

A Naples, un pauvre ébéniste de Sorirente fut, dans ces dernières années , condamné à treize ans de galères , comme ayant frappé un caporal de gendarmes, en défendant contre lui rhonneur de sa propre sœur.

Autre fait : un Français nommé Rastoin, établi à CasteUamare, fut condamné, par une magistrature vénale, à quatorze ans de galères, pour avoir cherché, sans armes, à arracher son fils aux mains de gendarmes qui Tassommaient à coups de crosse de fusil; et sans la puissante intervention de Tambassadeur de France, alors M. le duc de Montebello, qui enleva sa grâce en allant trouver sur-le-champ le roi, le malheureux Rastoin aurait pourri dans les galères de Lipari sous le fouet de Taiarico. 11 ne faut point devancer son siècle.

Les gouvememens de Rome et de Naples avaient arrêté, le 4 juillet 1816, par une convention, les mesures à prendre de concert pour Textirpation du brigandage; mais les articles répressif^ de cette convention ne devaient durer que quatre mois, et la négligence mise de part et d'autre à s'entendre sur la police des frontières avait aidé puissamment à perpétuer les désordres dans Tun comme dans Tautre pays. L'armée napolitaine, révoltée et inal aguerrie, n'avait pu tenir contre les brigands, et Toii sentait que, pour avoir des troupes exercées, il faudrait se résoudre à soudoyer des étrangers, dès que les Autrichiens, qui occupaient alors le pays, l'auraient évacué. On ne le ûi que plus tard. Impuissant donc à obtenir la répression du crime par ses soldats, dont le fer, tehm

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