‹ L’Epave du CynthiaChapitre 47 sur 108 · COUPS I>E CANON · texte numérisé non relu

COUPS I>E CANON

ment pas manqué, si elle n'avait été renforcée en vue de ces pressions terribles.

Erik, résolu à ne pas du moins succomber sans lutte, ava il dès le premier moment employé son équipage à f'Uiblir autour du navire un revêtement vertical de lourdes poutres, destinées à atténuer autant que possible les pressions en les répartissant sur une plus large surface. Mais ces étais, s'ils eurent pour effet immédiat de protéger la coque, ne tardèrent pas à amener un résultat imprévu et qui menaçait dV'tre fatal.

Le navire, au lieu de subir un écrasement, se trouva soulevé hors de l'eau à chaque mouvement de la banquise, pour retomber sur les glaces avec la force d'un marteau-pilon. D'un moment à l'autre, dans une de ces chutes effroyables, il pouvait être fracassé, couler bas, disparaître. Or. pour parer à ce danger, il n'y avait qu'une ressource, c'était de renforcer encore, de renforcer sans relâche la barrière de « drift-ice » et de neige qui protégeait tant bien que mal la coque, de manière qu'elle fit partie d'une masse à peu près homogène et put en suivre les va-et-vient.

Tout le monde s'y employait avec ardeur. Ce fut un spectacle émouvant de voir cette poignée d'hommes faire appel à leurs muscles de pygmées pour résister aux puissances de la nature, essayer, avec des ancres, des cables, des planches, de repoudre à la hâte les déchirures faites à la glace, combler ces couturés avec de la neige, jusqu'à ce

l'épave du cynthia.

qu'un seul mouvement respiratoire de l'Océa polaire vînt faire éclater tout ce rapiécetage. Après quatre ou cinq heures d'un travail surhumain, on était à bout de forces, et pourtant le danger ne faisait que croître, caria tempête allait en grandissant.

Erik tint conseil avec ses officiers et se décida h mettre en sûreté sur la banquise un dépôt de vivres et de munitions, pour le cas où V Alaska ne pourrait pas résister à ces épouvantables secousses. Dès le premier moment, d'ailleurs, chaque homme avait reçu des provisions personnelles pour huit jours avec des instructions précises, en cas de désastre, et Tordre de garder, même au travail, le fusil en bandoulière. L'opération du transbordement d une vingtaine de tonneaux ne fut rien moins que facile; mais enfin on en vint à bout, et l'amas de vivres fut logé à deux cents mètres environ du navire, sous une bâche goudronnée que la neige eut bientôt couverte d'un épais manteau blanc.

Cette précaution prise, tout le monde se trouva plus rassuré sur les suites immédiates d'un naufrage possible, et l'équipage s'attabla pour réparer ses forces devant un souper supplémentaire, arrosé de thé au rhum.

Tout à coup, au milieu même de ce souper, une secousse plus violente encore que les précédentes agita la banquise. Une pression formidable rompit le lit do glaces et de neige sur lequel reposait

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