Le Prisonnier. Ouznik
Ouvrez-moi ma cellule, Donnez-moi l'éclat du jour, Une jeune fille à l'œil noir, Un coursier à la noire crinière.
La jeune beauté, Je l'embrasserai tendrement, Puis je sauterai sur le cheval, Comme le vent, je volerai dans la steppe.
Mais la fenêtre de la prison est haute, La porte lourde est fermée à clef ; La fille à l'œil noir est loin Dans son térem somptueux ; Le bon cheval dans la verdure, Sans bride, seul, en liberté Galope joyeux et folâtre, La queue étalée dans le vent.
Je suis seul, sans joie aucune :
Autour de moi, des murailles nues ; La lumière trouble de la lampe Éclaire de ses feux mourants.
On n'entend qu'un bruit : derrière la porte Du même pas cadencé Marche, dans le calme nocturne, La paisible sentinelle.
Cette pièce est un remaniement de la poésie Désir (Jélaniê)y 1836, I, 8, plus conventionnelle de forme. Il est probable que L. s'est inspiré du Prisonnier de Pouchkine (1824) ^ui, d'un ton moins amer, exprime la même nostalgie de vie sans contrainte. Le thème est repris dans Mon Voisin (Sossiéd), 1837, I, 18, la Voi-
= lia
— LE CAUCASE. LA VIE LIBRE
sine (Sossiédka)) 1841, I, 60, et le Chevalier captif (Pliénnyi rytsar'), 1841, I, 59.