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Berceuse cosaque

Kazatchia kolybeVnaia piésnia. 1840. I, 31.

Dors, mon joli petit enfant, Baiouchki baiou (1).

La lune claire, calme, regarde Ton petit berceau.

Je vais te raconter des contes, Chanter des chansons ; Mais dors bien vite et clos tes yeux, Baiouchki baiou.

Sur les rochers court le Térek, L'eau trouble jaillit ;

(1) Dans les berceuses populaires, ce refrain revient sans cesse, avec ses variantes : baiou, baiou, bai, bai, ou liouliou, liouli. Ce sont autant de syllabes enfantines, sans signification précise, servant à endormir les nourrissons. (Voir P. V. Chein, la Grande-Russie dans ses chansons, t. I, fasc. 1). L. a certainement, pour cette poésie, puisé aux sources populaires.

LE CAUCASE. LA VIE LIBRE

Le méchant Tchétchène rôde sur le bord,

Aiguise son poignard ;

Mais ton père est un vieux guerrier

Trempé aux combats :

Dors, mon mignon, sois bien tranquille,

Baiouchki baiou.

Tu connaîtras, quand il sera temps.

La vie en campagne ; Hardi, tu chausseras rétrier, Prendras le fusil.

Je te broderai toute en Ta selle de bataille...

Dors, mon petit enfant chéri, Baiouchki baiou.

Tu seras un vrai bo&atyr, Un cosaque dans l'âme.

J'irai pour te faire la conduite.

Tu me feras des signes Combien d'ameres larmes en «;aehette Je verserai cette nuit-là î...

Dors, mon ange, doueement, tranquillement. Baiouchki baiou.

Je me consumerai d'ennui.

Inconsolable j'attendrai ; Tout le jour je dirai mes prières, La nuit je tirerai les sorts ; Je me dirai que tu es triste En pays étranger...

Dors, tandis que tu ignores la peine, Baiouchki baiou.

Je te donnerai pour ta route Une image sainte :

Quand tu prieras le bon Dieu, Mets-la devant toi ;

Et partant pour le combat mortel, Souviens-toi de ta mère...

Dors, mon joli petit enfant, Baiouchki baiou.

Les critiques russes ont signalé les rapports, assez étroits en effet, de cette pièce avec une berceuse de Walter Scott : le Chant de la nourrice d'un jeune chef écossais. V. trad. Defauconpret. Paris, Gosselin, 1839, tome 30, p. 386, 387. Quoi qu'il en soit, la Berceuse cosaque est de beaucoup la plus populaire des poésies de L. Elle figure dans toutes les anthologies et a été très souvent traduite en plusieurs langues. Elle a été mise en musique, en particulier, par Grétchaninov. La parodie de Nékrassov : Dors, polisson, pendant que tu ne fais pas de mal... a été fameuse en son temps.

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