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copistes d'un mauvais maitre , renonçant ainsi au débuta toute initiative individuelle... Ali! ils savent Lien ce qu’ils font ; — ils savent admirablement où vont leurs pas, vers quels horizons menteurs; — mais la route est fleurie et douce à leurs jambes mal assurées, — le printemps de la louange leur sourit tout du long... Un jour vient où la nature se venge d’avoir été si longtemps méconnue et dédaignée : sa lumière fait rentrer dans l’ombre... les ombres.
* sic *
Timbal. Portrait île M . Ch. Lève que. — Encore des grisailles, — au diable!
Grenet. La Gorge- aux-Loups. — Une grande ardeur de brosse. Nature un peu plate; de belles études d’arbres. Le rayon de soleil sur l’herbe, les arbres et les chiens, réjouit.
Jàcquand (Glaudius). Guillaume /er, dit le Taciturne , slulhouder des Pays-Bas , vendant ses bijoux. — Suit une longue légende.
Un vieux bahut plein d’orfèvreries précieuses. Je vois là quelques eaux-fortes de Rembrandt qu'il s’est appropriées parle pinceau. Tous. ces types de juifs ine sont familiers depuis longtemps... La petite fdle joignant les mains n’est autre que celle de la Ronde de nuit.
En vérité, monsieur, c'est trop fle sans-façon.
loi
Quelques mauvaises réminiscences du maître hollandais dans une atmosphère d’amadou. Si on mettait le feu à l’un de ces bonhommes, ils éclateraient tous à la fois.
M, Jacquand n’est pas un peinlre, c’est un potier.
Cabanel. Portrait de A/“,c... — Un bon dessin; la peinture est flasque, les chairs n’adhèrent pas aux os. La tapisserie de fond n’a pas d’air. Le corsage manque de fermeté. Le cou, la poitrine s’effacent. La joue gauche, dans l’ombre, se dérobe à la droite par défaut d harmonie dans l’opposition de la lumière.— Un certain sentiment de grandeur.
Mottez. Zeuxis. — Zeuxis! quel doux nom! Je l’aurais aimé seulement pour cette grâce d’appellation. Son visage devait être pâle,, sa voix tendre, pleine de sonorité. Je vois ses yeux profonds et rêveurs. Je ne sais pourquoi j’oserais affirmer qu’il devait être à la fois gai, railleur et mélancolique. Je ne parle pas de son âme vouée au beau, sympathique à toute noblesse, à toute grandeur.
Oh! oui, je t’ai connu, Zeuxis! je t’ai admiré !
Noble artiste au nom plus doux que le miel de ton pays, il me semble qu’un lien fraternel nous unissait; que nous avons échangé autrefois des paroles affectueuses; ton atelier m’est bie'n présent à l’esprit : il
était isolé au milieu d’un grand jardin, près de la rivière ; on y montait par cinq marches de marbre blanc ; contre la façade une vigne étendait ses rameaux. Des lauriers roses lleurissaient tout autour, dans de grands vases noirs, entre les colonnes d’ordre ionique, qui soutenaient la voûte de ce temple sacré de l’art. Un petit joueur de flûte, aveugle, en tunique violette, se tenait toujours à la porte et répondait aux gens qui venaient pour te voir pendant ton absence : « Zeuxis n’est pas là, le bon Zeuxis ; si vous voulez l’attendre, je vous jouerai de la flûte. C’est lui qui l’ordonne. »
N’est-ce pas cela?
De loin, on entendait ton rire clair, ta parole charmante ; tu étais affable et bon ; ton abord reposait les yeux, ~ et le soir en buvant le vin de Samos , sous le grand olivier de notre ami Horeb, le tavernier égyptien, après avoir parlé avec enthousiasme de ton art divin, nous aimions à t’entendre chanter les belles strophes de Pindare sur l’amour. — Chacun reprenait en chœur, et j’accompagnais sur le luth d’ivoire.
Quand la lune descendait derrière la colline, nous nous retirions; les yeux fixés sur le ciel pur, tu rêvais. Mais que j’aimais ton sourire amoureux lorsque;, arrivés à ta porte, le petit aveugle te disait : «C’est vous, bon Zeuxis? Nissida vient d’entrer. Elle vous attend près de la fontaine. »
N’est-ce pas cela?...
Ta superbe Junon Luciniennc te causa bien des soumis. — Que de fois je t’ai vu frapper ton front
sombre, et te désespérer, et pleurer de douleur. Ton idéal ne pouvait se réaliser, — et la nature commune te faisait pitié, mise en présence de l’image céleste que tu portais dans ton sein de flamme. Mais un jour, les plus belles vierges d’Agrigente briguèrent l’honneur de poser devant toi , toutes nues. Les trésors variés de leur beauté devaient servir à créer un admirable type. Ta joie était grande. «Viens, me dis-tu : je te cacherai, et ta vie comptera une heure de merveilleux enchantement. » J’étais derrière un rideau. Elles se mirent en cercle, et toutes à la fois laissèrent tomber leurs tuniques odorantes. Tu étais au milieu d’elles, — et je te vis étendre les bras, éperdu, extasié, les yeux palpitants d’un trouble immense, devant ces apparitions célestes.
N’est-ce pas cela?... ou suis-je abusé par un rêve?... Mais pourquoi ton nom prononcé par le peintre m’a-t-il fait tressaillir jusqu’au plus profond de mon âmel...
Pourtant, son tableau ne me rappelait pas ce monde évanoui où tu rayonnais*
Biaise Gondolin m’a dit à l'oreille : Vous savez que cette peinture... Ah! diable! — Non : pas le diable...
Debras. Portrait de M. L. D . — Jeune homme
blond , très-drapé ! Bon dessin , assez bonne peinture.
Roger (Ernest). Matinée de printemps. — Grand paysage, sobre d’effet, vigoureux. De bons terrains, un ciel diffus, — une lumière hardie.