COROT
Après Shakspeare, l’humain, c’est à Dante, le satirique des âmes, que M. Corot va demander l’inspiration intime de sa pensée; ce n’est pas aux personnages créés par le poète qu’il s’adressera; leur rôle lui semble insignifiant, — c’est à leur propre pensée, et pour faire comprendre le trouble puissant de leur esprit. Il évoquera de préférence la fatale nature qui les entourait, il montrera l’homme perdu dans ce monde grandiose, s’en inspirant ou s’en troublant, conduit par la prière, la vengeance, ou l’amour, rampant à terre comme les millions d’êtres produits, — • mais pouvant s’élever au ciel par la force de son âme, et dompter ce géant puissant couché à ses pieds, — la terre, — par la force de son bras.
Ce n’est pas l’homme seul agissant une action, — mais l’homme combiné avec la nature dans le sentiment visible de cette action.