TYROL ITALIEN
Que votre bouche, contractée par l’effroi, reprenne la douce ligne des expansions gracieuses; appelez le sourire à vos yeux. — L’Enfer est franchi ; c’est une porte du Paradis qui s’ouvre. L’ode grondante et ténébreuse devient l’idylle claire. Souriez, et aspirez le souffle pur qui vient de ce petit paysage. Le voyezvous, ami?
C’est d’abord un fourré d’arbres, avec un petit pan brun de terre, fourni d’herbe, qui s’avance en pointe dans l’eau, au moyen de quelques joncs assez complaisants pour soutenir son enjambée, et va rejoindre deux eu trois petits arbustes poussés en pleine eau, — très-légers. Le fleuve accourt solennel, profond, du bout de 1 horizon , — roulant sa nappe transparente dans un lit immense qui s’arrête tout au loin, à l’horizon, contre des collines accentuées en lumière sur le ciel clair.
C’est l’heure du couchant. Le ciel, plus rouge vers la droite, dit le prochain sommeil du jour; — c’est l’heure des pensées tendres, — des paroles confiantes, — du repos à l’ombre chaude des arbres feuillus. A cette place, — et sur ces bords heureux.
je voudrais lire les grandes Contemplations et le Reisebilder de notre très-cher Heine.
Page de nature rayonnante et heureuse, — indéfinie, dans la gamine idéale des belles visions. — Après cela je vous défie de jeter uncoup-d’œil sur les peintures environnantes ; elles fuient toutes en jetant de grands cris aigres, comme des hiboux surpris par l’aube.