LA PORTE
Voilà qui est parler... On me gagne toujours par la douceur;— entre, enjôleur...
(Elle s’ouvre; l’àne passe et lui donne un couç de pied, — le pommier pleure des larmes de gomme.)
Cette petite page vous fera songer à Sterne. — Elle est bien peinte.
Sinet. Une lecture ; scène d’atelier. — Une jeune femme, en robe noire, est assise dans un fauteuil à dossier gris. Elle lit. Un jeune homme blond, assis à côté d’elle, sur un sofa rouge , un peu tourné, et de la main cachant sa figure, semble réfléchir. Derrière le fauteuil, on voit un fond de tapisserie, une commode, un pot bleu flamand, une mandoline et la moitié d’un cadre d’or. A terre, des livres sont empilés.
Ce tableau est très-délicat, d’une couleur vive, d’une lumière heureuse. Les personnages ont une pose simple et juste. — Le fond montre des détails du plus piquant effet.
Nous pourrions citer aussi la Lettre , du même peintre, — page claire, élégante et harmonieuse. Il y a un coup de soleil sur un bureau noir pailleté de nacre qui vous charmera.
M. Sinet a beaucoup d’art, — une couleur délicate, un pinceau fin , un peu fin, — vif et gracieux. En accentuant et agrandissant sa manière, il produira les meilleures toiles. Il s’annonce déjà avec un goût sûr, beaucoup d’esprit, — et un attrait de nature tout à fait particulier.
Véron (Alexandre). Ruines de Grêtz. — Le soleil se couche éclatant derrière le château désert. Bon tableau, fort mal placé. Il est d’une jolie couleur.
Colin. La sortie de la messe à Gèdre. — Des Bas-
ques sortent d’une église ; les femmes en cornette rouge, les hommes en berret bleu. Us traversent un pont. Le soleil éclate sur le sol. Des arbres montent jusqu’à la cime du clocher. Derrière, la montagne, le ciel bleu taché d’un nuage blanc.
Cette toile est pleine d’air et de lumière. Nous y trouvons une force un peu lourde qui demande à se délier les bras.