VIDAL
Comme un poète grec rêveur , épris du beau , M, Vidal traverse sa vie d’art, le sourire aux lèvres. C’est toujours ce doux sentiment, cette grâce mélodieuse , ce mystère voluptueux, pur, — inquiétant et passionné de l’attitude. 11 est le peintre des chimères. Et que d’illusions il fait flotter devant nos yeux! l’une sourit, — l’autre rêve, les bras immobiles,— l’autre s’étire paresseusement sur le gazon, — l’autre prie; — celle-ci effeuille des fleurs avec dé-
LES 14 STATIONS DU SALON, dain; — celle-là les ramasse avec mélancolie; — celle ci baise des lèvres invisibles dans l’ardente volupté de son désir; — celle-là fuit à la poursuite de son idéal; — toujours belles, gracieuses, — avec des poses, des nonchalances, des langueurs de prunelle ineffables. O syrènes! ô sylphes, ondines, péris, — ô femmes ! — car vous n’êtes que femmes, mais votre beauté céleste enivre, — malheur à qui vous regarde... vos prunelles sont des poisons subtils...
Voyez, ami, si vous l’osez, la Muse de la candeur et la prière.